Un an après son investiture à la chancellerie allemande, Friedrich Merz, chef de l’Union chrétienne-démocrate (CDU), voit sa popularité s’effriter tandis que sa coalition gouvernementale, déjà fragile, accumule les tensions internes. Selon Le Figaro, l’exécutif, initialement composé de trois puis de deux partis, offre désormais le spectacle d’une gestion chaotique, marquée par des désaccords persistants et des résultats électoraux décevants.

Ce qu'il faut retenir

  • Friedrich Merz, chancelier allemand depuis mai 2025, fait face à une chute de popularité après seulement un an au pouvoir.
  • La coalition gouvernementale, composée de la CDU et du Parti social-démocrate (SPD), est minée par des tensions internes et des désaccords profonds.
  • Les sociaux-démocrates, partenaires de Merz, subissent deux défaites électorales régionales récentes et affichent un score historiquement bas de 13 % dans les intentions de vote.
  • Les négociations entre partenaires de la coalition ont dégénéré en altercation publique en avril 2026, illustrant l’ampleur des dissensions.
  • L’économie allemande, en difficulté, et les promesses électorales non tenues aggravent la défiance envers le gouvernement.

Une coalition gouvernementale au bord de l’implosion

Friedrich Merz a pris les rênes de l’Allemagne le 8 mai 2025, à la tête d’une coalition inédite associant la CDU, son parti, et les sociaux-démocrates du SPD. Pourtant, ce gouvernement, déjà marqué par des divergences structurelles, peine à trouver une cohérence. Les tensions entre partenaires se sont cristallisées lors d’un sommet de négociation en avril 2026, où Merz et Lars Klingbeil, vice-chancelier SPD, se sont affrontés publiquement à propos d’une proposition de taxe sur les hauts revenus. « Ces échanges, bien que rares à un tel niveau, révèlent l’étendue des désaccords », explique un observateur politique allemand cité par Le Figaro.

Les deux partis de la coalition sont affaiblis. Le SPD, qui avait espéré tirer profit de l’alliance avec la CDU, subit une série de revers électoraux dans les Länder. Aux dernières élections régionales, il a enregistré des scores historiquement bas, plongeant à 13 % dans les intentions de vote selon les derniers sondages. Cette situation pousse les deux camps à se retrancher derrière leurs « lignes rouges », notamment sur des sujets clés comme l’énergie, l’économie ou l’immigration.

Une économie en berne et des promesses électorales en suspens

La CDU de Friedrich Merz avait bâti sa campagne sur une promesse centrale : diviser par deux le score du SPD. Un an plus tard, l’objectif semble hors de portée. Pire, la situation économique du pays se dégrade, alimentant un climat de mécontentement. Entre ralentissement industriel, inflation persistante et tensions sociales, les défis s’accumulent pour le chancelier. Les promesses de relance et de réformes, avancées lors de son accession au pouvoir, peinent à se concrétiser, alimentant la défiance des électeurs.

Les experts soulignent que l’Allemagne, première économie européenne, traverse une période de fragilité sans précédent depuis des décennies. Les répercussions de la guerre en Ukraine, les coûts énergétiques élevés et les incertitudes géopolitiques pèsent sur la croissance. Dans ce contexte, la capacité de Merz à fédérer une majorité stable et à restaurer la confiance dans les institutions est plus que jamais remise en question. « On est loin du fleuve tranquille promis par la coalition », résume un analyste politique sous couvert d’anonymat.

Les voisins européens s’inquiètent

La situation en Allemagne ne laisse pas indifférente l’Europe. Plusieurs partenaires, notamment la France et les pays du Benelux, suivent avec attention l’évolution de ce gouvernement perçu comme instable. « Un chancelier en difficulté à Berlin peut avoir des répercussions sur toute l’UE », explique une source diplomatique européenne. La chancelière allemande avait pourtant insisté, lors de son discours d’investiture, sur la nécessité de renforcer la coopération européenne face aux défis globaux.

Pourtant, les divisions internes du gouvernement Merz risquent de compliquer les prises de position communes sur des dossiers urgents, comme la transition énergétique ou la gestion des flux migratoires. Les partenaires européens attendent désormais des signaux forts, voire un changement de cap, pour éviter que l’Allemagne ne devienne un facteur de blocage dans les institutions bruxelloises.

Et maintenant ?

Friedrich Merz pourrait tenter de resserrer les rangs avec son partenaire social-démocrate, mais les chances d’un apaisement durable semblent minces, au vu des tensions actuelles. Une réunion des chefs de parti est prévue début juin 2026 pour tenter de désamorcer la crise. Par ailleurs, des élections anticipées dans certains Länder, prévues d’ici la fin de l’année, pourraient encore fragiliser la position de la coalition. Reste à voir si Merz parviendra à inverser la tendance, ou si l’Allemagne devra se préparer à une nouvelle configuration politique.

L’une des questions centrales portera sur la capacité de la CDU à maintenir sa domination face à une opposition en embuscade, tandis que le SPD, en pleine déroute, pourrait chercher à se repositionner. Dans tous les cas, l’année à venir s’annonce décisive pour l’avenir politique de Friedrich Merz et, plus largement, pour la stabilité de l’Allemagne.

Les tensions portent principalement sur la fiscalité, avec un différend récent autour d’une taxe sur les hauts revenus, mais aussi sur les politiques énergétique et migratoire. Les deux partis défendent des lignes rouges difficilement conciliables, ce qui complique toute négociation.

Un effondrement de la coalition pourrait entraîner des élections anticipées, avec un risque accru pour la CDU de perdre le pouvoir. Cela pourrait aussi fragiliser la position de l’Allemagne au sein de l’Union européenne, notamment sur les dossiers économiques et énergétiques.