Un nouveau-né hippopotame, issu de la colonie issue du zoo privé de Pablo Escobar en Colombie, est décédé mercredi 5 août 2026 à peine quelques heures après avoir été secouru en état de malnutrition sévère. L’animal, âgé d’environ quinze jours, a été découvert sans sa mère par des pêcheurs sur les rives d’un fleuve dans le département d’Antioquia, au nord-ouest du pays, selon Le Figaro.

Ce qu'il faut retenir

  • Un bébé hippopotame de 15 jours, descendant de la colonie introduite par Pablo Escobar, est mort mercredi 5 août 2026 après avoir été secouru en état de malnutrition sévère.
  • L’animal a été retrouvé caché dans des buissons près d’un fleuve en zone rurale du département d’Antioquia (Colombie), sans sa mère.
  • Environ 200 hippopotames vivent aujourd’hui à l’état sauvage en Colombie, issus de l’introduction initiale de quatre spécimens dans les années 1980.
  • Le gouvernement colombien a approuvé en 2026 un plan visant à abattre près de 80 animaux pour tenter de contrôler la prolifération de cette espèce invasive.
  • Les hippopotames, considérés comme invasifs, perturbent l’écosystème local et ont déjà attaqué des pêcheurs.

Une découverte dans une zone rurale d’Antioquia

Le nouveau-né a été repéré par des pêcheurs alors qu’il se trouvait caché parmi des buissons, dans une zone rurale du département d’Antioquia. L’animal, séparé de sa mère, présentait des signes évidents de détresse. Il a ensuite été transféré vers un sanctuaire situé à l’Hacienda Napoles, l’ancienne propriété de Pablo Escobar, aujourd’hui transformée en parc à thème.

Ce domaine, acquis par le baron de la drogue dans les années 1980, abritait à l’origine quatre hippopotames importés pour son zoo privé. Après la mort d’Escobar, abattu par les forces de l’ordre en 1993, les animaux se sont échappés et se sont installés le long des berges du fleuve Magdalena, le plus long cours d’eau de Colombie.

Un état de santé déjà très dégradé au moment du sauvetage

Malgré les efforts immédiats pour le sauver, l’état du jeune hippopotame s’est rapidement détérioré. « Il est arrivé avec des signes de déshydratation chronique, de malnutrition et un tableau gastro-intestinal aigu qui a compliqué l’ensemble de son état clinique », a expliqué un vétérinaire de l’autorité environnementale régionale dans une vidéo diffusée par Le Figaro.

« Malheureusement, malgré toutes les tentatives pour le sauver, l’animal est décédé », a-t-il ajouté, confirmant l’échec des soins prodigués. Le décès survient moins de vingt-quatre heures après sa découverte, soulignant la fragilité extrême des nouveau-nés de cette espèce dans un environnement naturel hostile.

Une colonie invasive devenue incontrôlable

La présence de ces hippopotames en Colombie illustre les conséquences imprévues de l’introduction d’espèces exotiques. Aujourd’hui, quelque 200 individus évoluent à l’état sauvage le long du Magdalena, formant la plus grande colonie d’hippopotames hors d’Afrique. Leur prolifération, non maîtrisée, a profondément perturbé l’écosystème local et entraîné des conflits avec les populations riveraines.

Les autorités colombiennes ont reconnu l’impossibilité de contrôler cette expansion par les méthodes traditionnelles, telles que la stérilisation. Face à l’augmentation continue du nombre d’individus — estimés à plus de 150 naissances depuis 2020 —, le gouvernement a adopté en début d’année un plan controversé : l’abattage de près de 80 hippopotames d’ici 2027.

Un héritage controversé de Pablo Escobar

L’histoire de cette colonie remonte à l’acquisition par Escobar de quatre hippopotames pour son domaine de l’Hacienda Napoles. Ces animaux, initialement destinés à agrémenter un zoo privé, ont profité de l’effondrement des infrastructures après la chute du cartel de Medellín pour s’échapper. Leur capacité d’adaptation exceptionnelle, couplée à l’absence de prédateurs naturels en Colombie, a permis une multiplication rapide des individus.

Bientôt, les riverains du Magdalena ont dû composer avec des animaux pesant parfois plus d’une tonne, capables de charges agressives et de destructions de cultures. Plusieurs pêcheurs ont déjà été blessés lors d’affrontements, forçant les autorités à envisager des mesures radicales pour limiter les risques.

Des solutions en débat

Le plan d’abattage, bien que nécessaire selon les experts, suscite une vive polémique. Les défenseurs des animaux y voient une mesure cruelle, alors que les autorités insistent sur l’urgence écologique. « Il n’y a pas de solution simple », a reconnu un responsable du ministère de l’Environnement, cité par Le Figaro. « Les tentatives de stérilisation ont montré leurs limites, et la situation devient ingérable pour les écosystèmes locaux. »

D’autres pistes, comme la réintroduction des animaux dans des réserves africaines, se heurtent à des obstacles logistiques et financiers. Pour l’heure, la Colombie reste face à un dilemme : comment concilier préservation de la biodiversité locale et gestion d’une espèce devenue invasive par la faute de l’homme.

Et maintenant ?

Les autorités colombiennes prévoient de lancer d’ici la fin de l’année les premières opérations d’abattage ciblé, conformément au plan validé en début d’année. Les premières estimations suggèrent que près de 20 animaux pourraient être euthanasiés dès 2026, sous supervision vétérinaire, afin d’évaluer l’impact sur la dynamique de la colonie. Parallèlement, des discussions sont en cours avec des organisations internationales pour explorer des solutions de translocation, bien que leur faisabilité reste incertaine.

Côté scientifique, un suivi renforcé des populations est prévu pour mieux comprendre les interactions de ces hippopotames avec leur nouvel environnement. Quant à l’Hacienda Napoles, le sanctuaire devrait accueillir d’ici quelques semaines un nouveau-né orphelin, sauvé dans des circonstances similaires à celles du petit hippopotame décédé ce mercredi.

Une question reste en suspens : dans un pays où les conflits entre humains et faune sauvage se multiplient, comment trouver un équilibre durable entre gestion des espèces invasives et respect du vivant ?

Le gouvernement colombien justifie ce plan par l’expansion incontrôlable de la colonie, estimée à près de 200 individus aujourd’hui. Considérés comme une espèce invasive, ces animaux perturbent gravement l’écosystème du fleuve Magdalena et représentent un danger pour les populations locales, avec plusieurs attaques recensées contre des pêcheurs ces dernières années.

Les autorités ont exploré la stérilisation des animaux, mais cette méthode s’est révélée inefficace à grande échelle en raison du coût et de la difficulté à capturer les individus. D’autres pistes, comme la réintroduction en Afrique, se heurtent à des obstacles logistiques. Aucune solution alternative n’a encore été validée à ce jour.