Un professeur de l’université de Franche-Comté, Florent Montaclair, a été exclu de son établissement après avoir créé de toutes pièces une récompense internationale en philologie, qu’il s’est lui-même décernée. Selon Euronews FR, cette affaire, révélée ces dernières semaines, fait actuellement l’objet d’une enquête du parquet de Montbéliard pour faux, usage de faux, escroquerie et usurpation de titre. Les investigations portent également sur la validité de son prétendu doctorat obtenu dans une université américaine, dont l’existence est remise en cause.

Ce qu’il faut retenir

  • Florent Montaclair, 56 ans, enseignant-chercheur en sciences du langage à l’université de Franche-Comté depuis plus de vingt ans, a été exclu de son poste après avoir créé un « Nobel de philologie » fictif.
  • Une enquête pour faux, usage de faux, escroquerie et usurpation de titre est en cours au parquet de Montbéliard (Doubs), tandis que son prétendu doctorat américain est vérifié.
  • L’organisation qu’il a fondée, présentée comme une distinction internationale, n’avait ni structure légale, ni jury réel, ni fonds — ce qui a été révélé lors de vérifications menées par des collègues et des journalistes.
  • Cette « récompense » figurait dans son CV et ses présentations professionnelles, servant de levier pour renforcer sa crédibilité dans le milieu académique.
  • L’université de Franche-Comté a confirmé son exclusion, et un processus disciplinaire est en cours pour une éventuelle radiation de son titre de professeur.

Une mystification académique révélée par la vérification en ligne

Florent Montaclair, 56 ans, est accusé d’avoir mis en place une organisation entièrement fictive, baptisée pour évoquer une reconnaissance scientifique internationale. D’après Euronews FR, cette structure aurait annoncé des « résultats » incluant son propre nom parmi les lauréats. Une fois cette récompense auto-attribuée, elle a été intégrée à son parcours professionnel, notamment dans son CV et ses communications, afin de renforcer son image de chercheur de haut niveau.

C’est en voulant vérifier l’origine de ce prix mystérieux, inconnu des cercles spécialisés comme ceux de la Sorbonne ou d’Oxford, que des collègues de l’université Marie & Louis Pasteur de Franche-Comté et des journalistes ont découvert l’absence de toute légitimité. Aucun jury réel, aucune structure légale, aucun fonds associé : le « Nobel de philologie » n’était qu’une illusion, un outil de légitimation personnelle.

Une chute accélérée par l’ère numérique

À l’heure où les informations se vérifient en quelques clics, les mensonges académiques se démasquent rapidement. Les premières alertes sont venues de ses pairs, qui n’avaient jamais entendu parler de cette distinction dans leur domaine. Une vérification plus poussée a révélé que l’organisation n’existait pas, que les fondations citées n’étaient que des coquilles vides, et que les annonces de « résultats » relevaient d’une mise en scène numérique.

C’est une pratique dangereuse, car elle porte atteinte à la crédibilité de l’institution universitaire, a souligné une source proche de l’enquête. Le parquet de Montbéliard a ouvert une information judiciaire pour plusieurs chefs d’accusation, tandis que l’Éducation nationale a lancé un processus disciplinaire pouvant mener à une radiation définitive.

Un parcours académique sous surveillance

Outre la mystification du prix, l’enquête porte sur la validité d’un doctorat américain que Florent Montaclair revendiquait dans son parcours. Les vérifications menées par les autorités judiciaires et universitaires n’ont trouvé aucune trace de ce diplôme dans l’établissement concerné, selon les informations d’Euronews FR. Cette absence de preuve ajoute un volet supplémentaire à l’affaire, celle de l’usurpation de titres universitaires.

Cette double mise en cause — usurpation de titre et création de distinction fictive — pourrait avoir des répercussions majeures sur sa carrière. D’autant que son exclusion de l’université, effective depuis plusieurs semaines, signifie qu’il n’exerce plus aucune fonction au sein de l’établissement où il travaillait depuis plus de vingt ans. La directrice adjointe de la communication de l’université a confirmé cette mesure, précisant que « M. Montaclair n’exerce donc plus aucune fonction au sein de l’université ».

Et maintenant ?

Les prochaines étapes dépendront des conclusions de l’enquête judiciaire et du processus disciplinaire engagé par l’Éducation nationale. Une radiation définitive de son titre de professeur est envisageable, tandis que les poursuites pénales pourraient aboutir à des sanctions supplémentaires. La date butoir pour les investigations n’a pas encore été communiquée, mais les autorités judiciaires ont indiqué qu’elles pourraient rendre leurs conclusions d’ici la fin de l’année 2026. Quant à l’université, elle a précisé qu’elle se réservait le droit de prendre d’autres mesures si nécessaire.

Cette affaire rappelle les risques encourus lorsqu’un chercheur dépasse les limites de l’intégrité académique. Dans un milieu où la réputation se construit sur la rigueur et la transparence, une telle tromperie peut avoir des conséquences durables — non seulement pour l’individu concerné, mais aussi pour l’image de l’institution qu’il représentait.

L’enquête ouverte par le parquet de Montbéliard est toujours en cours. Les autorités judiciaires n’ont pas encore rendu leurs conclusions, mais les poursuites pourraient aboutir à un renvoi devant le tribunal correctionnel. Une radiation définitive de Florent Montaclair de l’Éducation nationale est également envisagée dans le cadre du processus disciplinaire.