Le 13 juin 2026 — Un Nigérian de 36 ans, sans statut légal en Italie, vient d’obtenir un permis de séjour après avoir été dans l’incapacité de percevoir les 500 000 euros remportés à la loterie italienne en octobre 2025. Imagbe Ehizomwengie a finalement pu régulariser sa situation grâce à son activité professionnelle, malgré les obstacles administratifs et une tentative d’escroquerie qui lui a coûté une partie de ses gains. Selon BMF - International, son parcours illustre les difficultés rencontrées par les migrants sans-papiers en Europe, même lorsqu’ils se retrouvent dans des situations financières exceptionnelles.
Ce qu'il faut retenir
- Imagbe Ehizomwengie, un Nigérian de 36 ans, a remporté 500 000 euros à la loterie italienne en octobre 2025.
- Sans permis de séjour, il n’a pu percevoir l’intégralité de ses gains ni ouvrir de compte bancaire en son nom.
- Une escroquerie a réduit ses gains de moitié, mais il a pu ouvrir une boutique de produits africains avec ce qui lui restait.
- Le tribunal d’Ancône lui a finalement accordé un permis de séjour en juin 2026, en tenant compte de son indépendance financière.
- Il a déclaré que « obtenir le permis de séjour compte plus pour moi que de gagner l’argent ».
Un gain inattendu et des obstacles immédiats
Arrivé en Italie en 2016, Imagbe Ehizomwengie vivait sans papiers légaux dans la région de Turin. Pour subvenir à ses besoins, il vendait des mouchoirs et mendiait devant un supermarché. C’est dans ce contexte précaire qu’il a acheté un ticket de loterie « Gratta e Vinci » en octobre 2025. Contre toute attente, le ticket s’est révélé gagnant, lui rapportant la somme de 500 000 euros. « Imagbe Ehizomwengie a pleuré de joie », rapporte BMF - International, citant The Guardian.
Mais son statut de sans-papiers lui a immédiatement fermé l’accès aux fonds. La demande de permis de « protection spéciale » qu’il avait déposée à son arrivée avait été rejetée, et sans compte bancaire à son nom, il était impossible de percevoir son gain. Pire encore, pour faire valoir un recours administratif, il devait prouver son indépendance financière — une condition qu’il ne pouvait remplir sans accès à ses fonds. Autant dire que la situation était bloquée.
Une escroquerie et un nouveau départ
Désespéré de pouvoir toucher son argent, Imagbe Ehizomwengie a confié son ticket gagnant à un « ami » en qui il avait confiance. Celui-ci, au lieu de lui remettre la totalité des gains, a conservé la moitié et n’a versé le reste que sur le compte bancaire du cousin du Nigérian. Avec ce qui lui restait, soit 250 000 euros, Imagbe Ehizomwengie a pu concrétiser un projet : l’ouverture d’une boutique de produits alimentaires africains, baptisée « Mama Africa », située à Falconara Marittima, en bordure de la mer Adriatique.
Ce commerce lui a permis de prouver, enfin, son autonomie financière. Une indépendance qu’il a mise en avant devant les autorités italiennes pour appuyer sa demande de régularisation. « Sans l’argent, je ne pouvais pas démontrer l’indépendance nécessaire pour soutenir mon recours », a-t-il expliqué plus tard.
La justice italienne tranche en sa faveur
Cette semaine, le tribunal d’Ancône a accordé à Imagbe Ehizomwengie un permis de séjour, reconnaissant ainsi la légitimité de sa situation. Dans sa décision, les juges ont pris en compte plusieurs éléments : son activité professionnelle chez « Mama Africa », son insertion dans la société locale, et son indépendance financière désormais avérée. BMF - International souligne que cette issue judiciaire pourrait servir de précédent pour d’autres migrants se trouvant dans des situations similaires.
Pour Imagbe Ehizomwengie, la régularisation représente bien plus qu’un simple papier.
« C’est un immense soulagement. Vous pourriez trouver ça incroyable, mais obtenir le permis de séjour compte plus pour moi que de gagner l’argent. Je veux travailler et contribuer à la société », a-t-il déclaré. Ses propos, rapportés par The Guardian, reflètent une volonté d’intégration et d’autonomie, bien au-delà de la question financière.
Contexte : les migrants et l’accès aux droits en Italie
L’Italie, comme d’autres pays européens, fait face à des défis majeurs en matière d’intégration des migrants sans-papiers. Selon les dernières données disponibles, plus de 100 000 demandes de régularisation sont en attente dans le pays, souvent pour des motifs économiques ou humanitaires. Les procédures administratives, parfois longues et complexes, compliquent l’accès aux droits fondamentaux, y compris l’ouverture d’un compte bancaire ou la perception de revenus.
Le cas d’Imagbe Ehizomwengie illustre cette réalité : même un gain exceptionnel ne suffit pas à contourner les obstacles structurels. La décision récente du tribunal d’Ancône pourrait, à terme, inciter d’autres juridictions à adopter une interprétation plus souple des critères de régularisation, notamment pour les migrants ayant démontré une intégration économique solide.
En Italie, il est possible d’ouvrir une entreprise sans disposer d’un permis de séjour, à condition de s’enregistrer auprès des autorités compétentes et de payer les cotisations sociales. Cependant, l’accès à un compte bancaire en son nom reste souvent bloqué pour les sans-papiers, ce qui complique la gestion des fonds et les transactions quotidiennes.
Avec son nouveau permis de séjour, Imagbe Ehizomwengie devrait pouvoir régulariser sa situation administrative et poursuivre le développement de son entreprise. Il pourrait aussi envisager une demande de regroupement familial ou d’autres formes de stabilisation juridique à moyen terme.