Un réalisateur de 20 ans, Kane Parsons, s’impose cette semaine à la tête du box-office américain avec son premier long-métrage, « Backrooms », un film d’horreur qui a engrangé 80 millions de dollars lors de son premier week-end d’exploitation, selon Le Figaro. Ce succès marque une performance remarquable pour un film produit par le studio indépendant A24, connu pour ses choix audacieux et ses productions cinéphiles.

Ce qu'il faut retenir

  • « Backrooms », réalisé par Kane Parsons alors âgé de 20 ans, a généré 80 millions de dollars au box-office américain lors de son premier week-end, selon Le Figaro.
  • Le film, inspiré d’une « creepypasta » née sur YouTube, plonge les spectateurs dans un labyrinthe anxiogène et hors du temps.
  • Produit pour une dizaine de millions de dollars, « Backrooms » devance des blockbusters comme Godzilla x Kong : Le Nouvel Empire (2024) et dépasse de près de trois fois les recettes de Marty Supreme.
  • La sortie en France est prévue pour le 17 juin 2026, tandis que Chiwetel Ejiofor y tient l’un des rôles principaux.
  • Un autre film d’horreur, « Obsession », également réalisé par un créateur issu de YouTube, cumule déjà 100 millions de dollars aux États-Unis et dépasse les 400 000 entrées en France.

Un phénomène né sur YouTube

Le concept de « Backrooms » plonge ses racines dans une « creepypasta », ces fictions d’horreur amateur apparues aux États-Unis il y a une quinzaine d’années. Le film s’inspire directement d’un récit en ligne popularisé par des internautes, décrivant un monde parallèle angoissant composé de couloirs interminables et de pièces vides. En 2022, Kane Parsons avait déjà exploré ce thème dans un court-métrage publié sur sa chaîne YouTube, lequel avait cumulé 20 millions de vues en seulement deux semaines, comme le rapporte Le Figaro.

Ce succès viral a ouvert la voie à une adaptation cinématographique, soutenue par le studio A24, réputé pour son approche disruptive et son engagement envers des projets originaux. « Backrooms » se distingue ainsi des blockbusters traditionnels, tant par son format que par son public cible, principalement issu des communautés en ligne.

Un parcours marqué par la précocité et la détermination

Kane Parsons n’est pas seulement un réalisateur débutant : il incarne une nouvelle génération de créateurs, capables de transformer une audience en ligne en un levier de succès cinématographique. À seulement 16 ans, il avait déjà attiré l’attention de studios grâce à ses vidéos, comme il l’explique dans un entretien à l’AFP : «

J’ai commencé à recevoir des e-mails de plein d’entreprises. J’avais 16 ans à l’époque, tout ça était très nouveau pour moi et j’étais très sceptique à l’idée de traiter avec des gens en costume sur un sujet qui me tenait autant à cœur.
»

Malgré ses doutes, un accord a été trouvé, et le tournage s’est déroulé à l’été 2025. Parsons a tenu à conserver un contrôle total sur son œuvre : « J’ai toujours été intransigeant sur ce point », précise-t-il. Le casting, avec la présence de l’acteur oscarisé Chiwetel Ejiofor, a renforcé la crédibilité du projet, tout en restant fidèle à l’esprit indépendant du film.

Un studio A24 en pleine ascension à Hollywood

Ce succès de « Backrooms » s’inscrit dans la stratégie du studio A24, qui se positionne comme un acteur clé du cinéma indépendant et disruptif à Hollywood. Avec des productions comme « Everything Everywhere All at Once » ou « Hereditary », le studio a su gagner la confiance des spectateurs et des critiques, tout en attirant des talents émergents. « Backrooms » confirme cette dynamique, en réalisant un score comparable à celui de « Godzilla x Kong : Le Nouvel Empire » (2024), un blockbuster bien plus médiatisé.

Ce résultat illustre également la capacité d’A24 à fédérer un public niche autour de concepts originaux, sans recourir aux effets spéciaux coûteux des grandes franchises. Une approche qui séduit une génération de spectateurs en quête d’authenticité et de récits innovants.

« Obsession » : un autre succès porté par YouTube

Le phénomène n’est pas isolé. Un autre film d’horreur, « Obsession », également réalisé par un créateur issu de YouTube, confirme cette tendance. Depuis sa sortie mi-mai aux États-Unis, il a engrangé 100 millions de dollars et dépasse désormais les 400 000 entrées en France, où il est distribué depuis plusieurs semaines. Ce long-métrage, moins spectaculaire que « Backrooms » mais tout aussi remarqué, s’ajoute à la liste des productions indépendantes qui performent au box-office.

Ces deux exemples montrent comment les plateformes en ligne, autrefois perçues comme des concurrents du cinéma, deviennent désormais des tremplins pour les réalisateurs en herbe. YouTube, en particulier, s’impose comme un laboratoire d’idées et un vivier de talents, capable de transformer des créateurs amateurs en stars du grand écran.

Et maintenant ?

La sortie française de « Backrooms », prévue pour le 17 juin 2026, pourrait confirmer ou infirmer ce succès à l’international. Si le film parvient à séduire le public hexagonal, il pourrait ouvrir la voie à d’autres adaptations de « creepypastas » ou de récits nés en ligne. Quant à Kane Parsons, son prochain projet sera scruté de près : après avoir prouvé sa maîtrise du genre horrifique, il pourrait diversifier son style ou s’attaquer à des univers plus ambitieux. Pour A24, ce succès renforce sa position comme studio phare du cinéma indépendant, capable de rivaliser avec les géants du secteur.

Reste à voir si ce modèle, fondé sur l’audience en ligne et l’innovation narrative, deviendra une tendance durable ou une exception dans le paysage cinématographique actuel. Une chose est sûre : l’industrie du film ne peut plus ignorer le pouvoir des créateurs digitaux.

Une « creepypasta » est une histoire d’horreur courte et angoissante, souvent transmise sur Internet, généralement sous forme de texte ou de vidéo. Le terme est un mélange de « creepy » (effrayant) et « pasta », abréviation d’Internet pour « copypasta » (texte copié-collé). Ces récits, souvent collaboratifs, évoluent au gré des contributions des internautes et peuvent inspirer des adaptations cinématographiques, comme c’est le cas pour « Backrooms ».

A24 est un studio de production et de distribution américain fondé en 2012, connu pour son approche audacieuse et cinéphile. Il se distingue en produisant des films indépendants, souvent ambitieux ou expérimentaux, qui remportent à la fois un succès critique et public. Des œuvres comme « Moonlight », « Lady Bird » ou « Everything Everywhere All at Once » ont marqué le cinéma contemporain, consolidant la réputation d’A24 comme un acteur incontournable du secteur.