Une étude récente portant sur plus de 2 500 adultes suggère qu’une réduction, même minime, des mouvements quotidiens pourrait être un signe avant-coureur d’un déclin des fonctions cognitives, notamment de la mémoire, au fil des années. Les résultats, publiés par Top Santé, mettent en lumière un indicateur encore peu exploré dans le dépistage précoce de troubles comme la maladie d’Alzheimer.

Ce qu'il faut retenir

  • Une étude conduite sur 2 500 adultes, sans précision sur leur âge ou leur état de santé initial, révèle un lien entre la baisse de l’activité physique quotidienne et le déclin de la mémoire à long terme.
  • Le symptôme étudié n’est pas une perte de mémoire immédiate, mais une diminution des mouvements, même légers, considérés comme anodins.
  • Les chercheurs soulignent que ces changements pourraient précéder de plusieurs années les premiers signes de troubles cognitifs.
  • Cette piste ouvre de nouvelles perspectives pour le dépistage précoce, en complément des marqueurs traditionnels.

Une étude pionnière sur le lien entre mobilité et cognition

Selon Top Santé, l’enquête a été menée auprès d’un échantillon représentatif de 2 500 adultes, dont les habitudes de mouvement ont été suivies sur une période prolongée. Les participants, dont l’âge n’est pas précisé dans les données disponibles, ont été équipés de dispositifs de suivi de l’activité physique. Les résultats montrent que ceux dont l’activité a diminué de manière significative — même sans symptôme apparent — présentaient par la suite un risque accru de déclin de la mémoire. Top Santé précise que cette corrélation a été observée indépendamment des autres facteurs de risque habituels, comme l’âge ou les antécédents familiaux.

Les auteurs de l’étude rappellent que la maladie d’Alzheimer, souvent diagnostiquée tardivement, pourrait bénéficier d’une détection plus précoce grâce à des indicateurs comportementaux comme celui-ci. « Ce n’est pas la perte de mémoire en elle-même qui doit alerter en premier, mais bien les changements dans les activités quotidiennes », a indiqué un chercheur cité par Top Santé. Une nuance importante, car elle redéfinit les signes avant-coureurs traditionnels.

Un symptôme souvent sous-estimé, mais révélateur

Le symptôme mis en avant par l’étude est une baisse des mouvements quotidiens, qu’il s’agisse de la marche, des tâches ménagères ou même des gestes simples comme se lever d’une chaise. Top Santé souligne que ces changements sont souvent attribués à la fatigue, au vieillissement ou à un manque de motivation, sans être associés à un risque cognitif. Pourtant, selon les chercheurs, ces modifications pourraient refléter des altérations précoces du système nerveux central, encore difficiles à détecter par les examens médicaux classiques.

« On a tendance à minimiser ces signes, car ils sont banals dans le quotidien », a expliqué un épidémiologiste interrogé par le média. « Pourtant, une réduction de 20 % de l’activité physique en six mois, par exemple, pourrait être un signal d’alerte à prendre au sérieux. » L’étude ne précise pas si d’autres symptômes, comme des troubles de l’humeur, étaient également observés chez les participants concernés.

Vers de nouveaux outils de dépistage précoce ?

Les résultats de cette étude pourraient, à terme, conduire à l’intégration de nouvelles méthodes de surveillance dans le suivi des patients à risque. Top Santé évoque l’hypothèse d’applications ou de dispositifs connectés permettant de suivre en temps réel l’évolution de l’activité physique des individus, en particulier ceux de plus de 50 ans. « L’objectif n’est pas de remplacer les examens médicaux, mais de compléter le tableau clinique avec des données comportementales », a souligné un neurologue cité par le média.

Pour l’instant, les chercheurs appellent à la prudence : cette corrélation ne signifie pas que toute baisse d’activité physique annonce nécessairement un déclin cognitif. D’autres facteurs, comme le stress ou des problèmes articulaires, peuvent également expliquer ces changements. Cependant, cette piste ouvre des perspectives pour des recherches futures, notamment sur le rôle de l’inflammation ou de la plasticité cérébrale dans ce processus.

Et maintenant ?

Les auteurs de l’étude préconisent de poursuivre les recherches avec des échantillons plus larges et des suivis plus longs pour confirmer ces résultats. Une prochaine étape consisterait à tester l’efficacité de programmes d’intervention ciblant l’activité physique, afin d’évaluer s’ils pourraient ralentir le déclin cognitif chez les personnes concernées. Top Santé indique que ces travaux pourraient être présentés lors du prochain congrès de la Fédération internationale de neurologie, prévu en novembre 2026. En attendant, les médecins pourraient intégrer cette question dans leurs consultations, en demandant systématiquement aux patients s’ils ont remarqué des changements dans leur mobilité quotidienne.

Cette étude rappelle que les signes avant-coureurs des troubles neurodégénératifs ne se limitent pas aux symptômes classiques. Autant dire que la vigilance, même sur des changements a priori anodins, pourrait faire la différence dans les années à venir.