Un squelette fossilisé découvert dans le nord-est de la Thaïlande il y a une décennie vient d’être formellement identifié comme celui d’un nouveau dinosaure géant, le Nagatitan chaiyaphumensis. Selon Le Figaro, ce sauropode herbivore, dont les restes ont été exhumés entre 2014 et 2024, atteint des dimensions exceptionnelles : 27 mètres de long pour un poids estimé à 27 tonnes, surpassant ainsi les plus grands spécimens connus jusqu’ici en Asie du Sud-Est.
Ce qu'il faut retenir
- Le Nagatitan est le plus grand dinosaure jamais découvert en Asie du Sud-Est, avec une longueur de 27 mètres et un poids de 27 tonnes.
- Cette espèce, baptisée d’après un serpent mythique local et la province de Chaiyaphum, vivait il y a 100 à 120 millions d’années.
- Ses ossements, découverts en 2014, n’ont été analysés et identifiés qu’en 2024, après une décennie de fouilles.
- Le spécimen est désormais exposé en reconstitution grandeur nature au musée Thainosaur de Bangkok.
- Les chercheurs soulignent qu’il s’agit probablement du dernier sauropode géant d’Asie du Sud-Est, la région devenant une mer peu profonde après son ère.
Ce titan herbivore, caractérisé par un long cou et une taille colossale, a été officiellement décrit dans une étude publiée jeudi 15 mai 2026 dans la revue Scientific Reports. Baptisé « le dernier titan » par le doctorant thaïlandais Thitiwoot Sethapanichsakul, qui a dirigé les recherches, le Nagatitan dépasse en masse son célèbre cousin, le diplodocus surnommé « Dippy », d’au moins dix tonnes. « Notre dinosaure est objectivement énorme : il pesait probablement au moins 10 tonnes de plus que Dippy le diplodocus », a-t-il précisé lors d’une interview accordée à Le Figaro.
Les premiers fragments osseux ont été mis au jour par des habitants de la province de Chaiyaphum, dans le nord-est du pays, où des formations rocheuses datent du Crétacé inférieur, il y a environ 100 à 120 millions d’années. Les fouilles, achevées en 2024, ont permis de rassembler suffisamment d’éléments pour établir que ce spécimen appartenait à une espèce jusqu’ici inconnue. Bien que certains ossements ressemblent à ceux d’autres sauropodes, les chercheurs ont identifié des caractéristiques anatomiques uniques, confirmant la découverte d’une nouvelle espèce.
Le Nagatitan doit son nom à un mélange de références culturelles : « Naga » fait référence à un serpent mythique d’Asie du Sud-Est, « titan » évoque les géants de la mythologie grecque, et « chaiyaphumensis » rappelle la province thaïlandaise où il a été découvert. Une reconstitution grandeur nature de ce géant préhistorique trône désormais au musée Thainosaur de Bangkok, offrant au public une vision concrète de cette créature qui a foulé le sol thaïlandais à une époque où la région était un vaste territoire continental.
Les paléontologues estiment que le Nagatitan vivait dans une zone qui, après son ère, est devenue une mer peu profonde. « Cela pourrait en faire le dernier ou le plus récent sauropode géant que nous découvrirons en Asie du Sud-Est », a commenté Thitiwoot Sethapanichsakul. Cette découverte éclaire un peu plus l’histoire des dinosaures en Asie du Sud-Est, une région où les fossiles de sauropodes restent relativement rares comparés à d’autres continents. Les scientifiques soulignent que cette espèce illustre la diversité des géants herbivores qui peuplaient la Terre à la fin du Crétacé.
Une découverte qui comble un vide dans l’histoire des sauropodes
Avant la mise au jour du Nagatitan, les plus grands dinosaures connus en Asie du Sud-Est pesaient environ 15 à 20 tonnes. Ce nouveau spécimen repousse donc les limites de ce que les chercheurs savaient des titanosaures dans cette région. Selon Le Figaro, son anatomie suggère qu’il appartenait à la famille des titanosaures, un groupe de sauropodes qui a connu une large répartition géographique à la fin du Mésozoïque.
Les ossements, principalement des vertèbres, des côtes et des os de membres, ont été analysés par une équipe de paléontologues thaïlandais et internationaux. Leur étude a révélé des particularités morphologiques, comme des épines neurales plus développées que chez les espèces voisines, indiquant une adaptation possible à un environnement spécifique. Ces détails ont permis de le classer comme une nouvelle espèce, distincte des autres titanosaures asiatiques.
La publication de cette découverte dans Scientific Reports marque une étape importante pour la paléontologie en Thaïlande, où les recherches sur les dinosaures restent encore limitées comparées à d’autres pays comme la Chine ou les États-Unis. « C’est une avancée majeure pour comprendre l’évolution des sauropodes en Asie du Sud-Est », a souligné un chercheur de l’université de Bangkok, non cité dans l’étude mais impliqué dans les fouilles.
Un héritage exposé et une région en mutation
Le musée Thainosaur de Bangkok, où une réplique du Nagatitan est désormais exposée, devient ainsi un lieu incontournable pour les amateurs de paléontologie. La reconstitution, réalisée à partir des données fossiles, permet de visualiser ce géant préhistorique dans son environnement d’origine. Les responsables du musée espèrent que cette exposition attirera des visiteurs et suscitera des vocations chez les jeunes Thaïlandais.
Par ailleurs, la découverte du Nagatitan offre un éclairage nouveau sur l’histoire géologique de la Thaïlande. La région où il a été trouvé, aujourd’hui recouverte de plaines et de collines, était alors un vaste écosystème terrestre, parcouru par des rivières et des forêts luxuriantes. L’évolution de ce paysage vers une mer peu profonde, survenue après la disparition du Nagatitan, explique pourquoi peu de dinosaures de cette taille y ont été retrouvés. « La géologie locale explique en partie pourquoi nous avons tant de mal à trouver des fossiles de grands sauropodes en Asie du Sud-Est », explique un géologue de l’université Chulalongkorn, contacté par Le Figaro.
Si cette découverte comble une lacune dans les connaissances sur les dinosaures asiatiques, elle rappelle aussi que l’histoire de la Terre est encore en partie écrite dans les strates rocheuses de notre planète. Comme le souligne Thitiwoot Sethapanichsakul : « Chaque fossile est une page d’un livre que nous n’avons pas encore fini de lire. »
Le Nagatitan est le plus grand dinosaure découvert à ce jour en Asie du Sud-Est, avec une longueur de 27 mètres et un poids de 27 tonnes. Aucun autre spécimen de cette taille n’avait été identifié dans la région jusqu’à présent, selon l’étude publiée dans Scientific Reports.
Une reconstitution grandeur nature du Nagatitan est exposée au musée Thainosaur de Bangkok, permettant au public de visualiser ce géant préhistorique.