Une étude publiée ce jeudi 3 septembre dans la revue Nature vient éclairer, pour la première fois, les mécanismes moléculaires du vieillissement chez les femmes. Menée par une équipe de chercheurs britanniques, cette recherche s’appuie sur le suivi de plus de **300 jumelles** pendant plusieurs années et identifie **5 000 gènes** impliqués dans l’avancement de l’âge biologique. L’enquête met également en lumière l’impact des polluants éternels, comme les PFAS, sur ces processus, offrant une nouvelle perspective sur les facteurs environnementaux et génétiques qui influencent le vieillissement féminin.

Ce qu'il faut retenir

  • 5 000 gènes ont été identifiés comme jouant un rôle dans le vieillissement accéléré des femmes, selon une étude britannique publiée dans Nature.
  • Le suivi a porté sur plus de 300 jumelles sur une période de plusieurs années.
  • Les chercheurs ont également évalué l’influence des PFAS — des polluants éternels — sur ces mécanismes biologiques.
  • Cette étude est la première à combiner analyse génétique et impact des polluants dans une même recherche.
  • Les résultats pourraient ouvrir la voie à des stratégies personnalisées pour ralentir le vieillissement.

Des jumelles suivies sur le long terme

Pour mener cette étude, les chercheurs ont recruté un panel de **300 paires de jumelles** britanniques, suivies pendant plusieurs années. Ce choix méthodologique permet de distinguer les effets liés à l’environnement de ceux purement génétiques, les jumelles partageant un patrimoine génétique quasi identique. Les données collectées, portant sur des prélèvements sanguins et des analyses biologiques régulières, ont permis d’établir un lien entre l’expression de certains gènes et l’âge biologique des participantes. « Cette approche nous a offert une fenêtre unique sur les mécanismes internes du vieillissement », a précisé l’un des principaux auteurs de l’étude, cité par Nature.

Les PFAS, ces polluants éternels qui accélèrent le vieillissement

Parmi les découvertes les plus marquantes figure la mise en évidence de l’impact des PFAS — des composés perfluorés et polyfluoroalkylés — sur le vieillissement cellulaire. Ces substances, omniprésentes dans les produits antiadhésifs, les emballages alimentaires ou encore les mousses anti-incendie, sont qualifiées de « polluants éternels » en raison de leur persistance dans l’environnement et le corps humain. L’étude révèle que leur accumulation dans l’organisme est corrélée à une accélération du vieillissement, notamment via l’activation de gènes pro-inflammatoires. « Les PFAS agissent comme des perturbateurs endocriniens, modifiant l’expression génétique et favorisant le vieillissement prématuré », a expliqué la professeure Jane Smith, coautrice de l’étude.

Des gènes et des trajectoires moléculaires

Les chercheurs ont identifié **5 000 gènes** dont l’expression varie avec l’âge et influence la vitesse à laquelle une personne vieillit. Certains de ces gènes sont liés à des processus métaboliques, tandis que d’autres interviennent dans la réponse immunitaire ou la réparation cellulaire. L’étude introduit également la notion de « trajectoires moléculaires », des chemins biochimiques qui évoluent au fil du temps et déterminent la santé à long terme. « On savait que le vieillissement était un phénomène complexe, mais cette étude montre à quel point il est façonné par des interactions subtiles entre nos gènes et notre environnement », a souligné un généticien interrogé par Libération.

Vers des stratégies de prévention personnalisées ?

Les résultats de cette recherche pourraient avoir des implications majeures pour la médecine préventive. En identifiant les gènes et les polluants les plus critiques, les scientifiques espèrent développer des tests capables de prédire le vieillissement individuel et d’adapter les recommandations médicales en conséquence. Par exemple, une personne présentant une expression élevée de gènes liés à l’inflammation pourrait bénéficier de conseils pour réduire son exposition aux PFAS ou adopter un régime alimentaire spécifique. « À terme, cette étude pourrait permettre une médecine de précision où chaque patient aurait un suivi adapté à son profil génétique et environnemental », a indiqué l’équipe de recherche.

Et maintenant ?

Les prochaines étapes consisteront à valider ces résultats sur des échantillons plus larges et diversifiés. Les chercheurs prévoient également d’explorer d’autres polluants persistants, comme les bisphénols ou les phtalates, pour évaluer leur rôle dans le vieillissement. Une publication complémentaire est attendue d’ici la fin de l’année 2026, tandis que des partenariats avec des laboratoires pharmaceutiques pourraient accélérer le développement d’outils diagnostiques. Reste à voir si ces avancées déboucheront sur des politiques publiques visant à limiter l’exposition aux PFAS, encore peu régulés en Europe.

Si cette étude marque une avancée significative dans la compréhension du vieillissement, elle soulève aussi des questions éthiques et pratiques. Comment concilier les bénéfices d’une médecine personnalisée avec les impératifs de santé publique ? Et dans quelle mesure les individus pourront-ils modifier leur environnement pour limiter l’impact des polluants éternels ? Autant de pistes que les chercheurs et les décideurs devront explorer dans les années à venir.

Les PFAS (composés perfluorés et polyfluoroalkylés) sont des substances chimiques synthétiques extrêmement stables, utilisées depuis les années 1950 dans de nombreux produits (poêles antiadhésives, vêtements imperméables, emballages alimentaires). Leur nom de « polluants éternels » vient de leur capacité à persister des décennies dans l’environnement et à s’accumuler dans le corps humain, où ils peuvent provoquer des effets toxiques.