Dix ans après la disparition de l’application Vine, le réseau social diVine fait son retour en ligne, porté par d’anciens dirigeants de Twitter. Selon Le Monde, ce projet propose la réouverture de centaines de milliers de vidéos historiques issues de l’archive originale, tout en promouvant des modèles alternatifs pour le partage de contenus vidéo en ligne, loin des algorithmes dominants actuels.

Le lancement de diVine s’inscrit dans une volonté de renouer avec l’esprit originel de Vine, plateforme emblématique des années 2010, connue pour ses vidéos ultra-courtes et son approche spontanée de la création de contenu. Comme le rapporte Le Monde, l’initiative est portée par une équipe composée d’anciens responsables techniques et opérationnels de Twitter, dont certains ont joué un rôle clé dans l’écosystème des réseaux sociaux de l’époque. Parmi eux, Dom Hofmann, cofondateur de Vine, figure centrale du projet, a confirmé dans un entretien la restauration et la mise en ligne de l’intégralité des archives disponibles.

Ce qu'il faut retenir

  • 10 ans après sa fermeture : Vine, lancé en 2013 et disparu en 2016, revient sous une nouvelle forme via diVine, qui réhabilite ses archives historiques.
  • Des centaines de milliers de vidéos restaurées : Le projet propose la mise en ligne d’archives complètes, accessibles aux utilisateurs nostalgiques et aux nouveaux publics.
  • Une équipe d’anciens de Twitter : DiVine est porté par d’anciens dirigeants de Twitter, dont Dom Hofmann, cofondateur de Vine, qui supervise la restauration technique et éditoriale.
  • Un manifeste « anti-IA » : La plateforme se positionne comme une alternative aux modèles actuels, critiquant l’omniprésence des algorithmes génératifs et des outils d’intelligence artificielle dans la diffusion de contenu.

Un retour marqué par la nostalgie et une critique des modèles dominants

Le projet diVine ne se contente pas de recycler le passé. D’après Le Monde, il s’accompagne d’une réflexion critique sur l’évolution des réseaux sociaux, souvent accusés de privilégier l’engagement algorithmique au détriment de la qualité ou de la créativité spontanée. Dom Hofmann a expliqué dans un communiqué : « Vine était une plateforme où la créativité primait sur les métriques. Aujourd’hui, les outils comme l’IA transforment le contenu en produits standardisés. Nous voulons offrir une alternative où l’humain reste au centre. »

Les archives restaurées couvrent une période allant de 2013 à 2016, soit près de trois ans de production vidéo. Selon les estimations du projet, ce sont plus de 100 000 heures de vidéos, soit environ 200 millions de Vine, qui devraient être progressivement disponibles. Une partie de ces contenus avait déjà été archivée par des initiatives communautaires, mais diVine affirme avoir récupéré des fichiers originaux ou restauré ceux altérés au fil des années.

Un écosystème repensé pour les créateurs et les utilisateurs

Au-delà de la simple restauration d’archives, diVine ambitionne de créer un écosystème alternatif pour les créateurs de contenu. Comme l’indique Le Monde, la plateforme promet une monétisation plus transparente, une modération humaine renforcée et une absence totale d’algorithmes de recommandation basés sur l’IA. « Notre objectif n’est pas de concurrencer les géants actuels, mais de montrer qu’un autre modèle est possible », a déclaré un porte-parole du projet.

Pour l’instant, diVine fonctionne sous forme de bêta privée, avec un accès limité à certains utilisateurs et créateurs sélectionnés. Une ouverture progressive au grand public est prévue pour l’automne 2026, selon les informations transmises par l’équipe. À terme, la plateforme pourrait intégrer des fonctionnalités collaboratives, comme des outils de montage simplifiés ou des espaces dédiés aux communautés de niche, en opposition aux tendances actuelles de concentration des audiences.

Et maintenant ?

Si le projet diVine parvient à séduire les nostalgiques de Vine et à attirer une nouvelle génération de créateurs, il pourrait servir de laboratoire pour des modèles alternatifs de partage de contenu. La réussite du projet dépendra cependant de sa capacité à attirer suffisamment d’utilisateurs et à convaincre les annonceurs de s’y investir, dans un paysage où les géants comme TikTok ou Instagram dominent sans partage. Une levée de fonds de plusieurs millions d’euros est d’ailleurs évoquée pour financer le développement technique et la modération des archives. Pour l’instant, tout reste à prouver, mais l’initiative a le mérite de relancer le débat sur l’avenir des réseaux sociaux.

Côté régulation, rien n’indique pour l’instant que diVine pourrait échapper aux contraintes légales imposées aux plateformes de partage de contenu, notamment en matière de droit d’auteur et de protection des données. Enfin, l’équipe devra aussi faire face à la concurrence des initiatives similaires, comme les archives institutionnelles ou les projets open source dédiés à la préservation du patrimoine numérique.

Reste à voir si cette résurrection de Vine trouvera un écho suffisant pour s’inscrire durablement dans le paysage des réseaux sociaux — ou si elle restera un hommage nostalgique à une époque révolue du web.

DiVine est un projet indépendant, mais il est porté par d’anciens dirigeants de Vine, dont Dom Hofmann, cofondateur de l’application originale. Le projet ne revendique pas la propriété intellectuelle de Vine, mais utilise ses archives historiques restaurées pour proposer une nouvelle expérience utilisateur.

Oui, diVine a annoncé que son accès restera gratuit pour les utilisateurs, avec des options de monétisation pour les créateurs via des dons, abonnements ou partenariats. La plateforme exclut en revanche la publicité ciblée, contrairement aux modèles dominants actuels.