Pendant plus d’un siècle, la pyramide de Mykérinos, troisième et plus petite des grandes pyramides du plateau de Gizeh, est restée dans l’ombre de ses voisines, Khéops et Khéphren. Pourtant, comme le rapporte Journal du Geek, cette construction vieille de 4 500 ans n’a pas fini de livrer ses secrets.

Ce qu'il faut retenir

  • La pyramide de Mykérinos, située sur le plateau de Gizeh en Égypte, est la plus petite des trois grandes pyramides, mais recèle des cavités récemment découvertes.
  • Ces cavités, identifiées grâce à des technologies modernes, pourraient contenir des espaces encore inexplorés.
  • Les méthodes de détection utilisées s’appuient sur des techniques non invasives, comme la muographie.
  • L’intérêt pour cette pyramide s’était amoindri face à Khéops et Khéphren, mais cette découverte relance les recherches.

Une pyramide longtemps négligée, mais toujours mystérieuse

Bâtie vers 2500 av. J.-C. sous le règne du pharaon Mykérinos, cette pyramide culmine à 65 mètres de hauteur, soit bien moins que les 139 mètres de la Grande Pyramide de Khéops. Pendant des décennies, elle a été éclipsée par les deux autres monuments du plateau de Gizeh, au point que son étude systématique a été moins poussée. Pourtant, comme le souligne Journal du Geek, « son architecture reste en partie inexpliquée ». Les archéologues estiment que jusqu’à 20 % de son volume intérieur pourrait encore cacher des espaces inconnus.

Des cavités détectées grâce à la science moderne

C’est grâce à des techniques de pointe que ces cavités ont été révélées. Les chercheurs ont utilisé la muographie, une méthode similaire à la radiographie, mais basée sur le flux de particules cosmiques, les muons. Cette technologie permet de « scanner » les structures sans les endommager. « Les données recueillies montrent des vides significatifs dans la structure, dont certains mesurent jusqu’à plusieurs mètres de long », a déclaré le Dr Zahi Hawass, égyptologue et ancien ministre des Antiquités, cité par Journal du Geek. Ces espaces pourraient être des chambres funéraires inconnues ou des couloirs de service, comme ceux déjà découverts dans d’autres pyramides.

Pourquoi cette découverte est-elle si importante ?

D’abord, parce qu’elle confirme que la pyramide de Mykérinos est loin d’avoir révélé tous ses mystères. Ensuite, parce qu’elle relance l’intérêt pour ce monument souvent considéré comme secondaire. « Mykérinos a peut-être été construite plus rapidement que ses voisines, mais cela ne signifie pas qu’elle est moins complexe », a expliqué un spécialiste en architecture égyptienne interrogé par Journal du Geek. Enfin, cette découverte pourrait offrir de nouvelles pistes sur les techniques de construction de l’Ancien Empire, période à laquelle remontent les grandes pyramides.

Et maintenant ?

Les autorités égyptiennes, en collaboration avec des équipes internationales, prévoient d’approfondir les analyses dans les mois à venir. Une campagne d’exploration non invasive est d’ores et déjà prévue pour l’automne 2026, avec l’utilisation de drones équipés de lidar et de capteurs thermiques. « Si ces cavités contiennent des artefacts, cela pourrait révolutionner notre compréhension de cette période », a indiqué un responsable du ministère des Antiquités. Parallèlement, une réflexion est en cours pour déterminer si une exploration plus poussée, potentiellement invasive, serait justifiée.

Autant dire que la pyramide de Mykérinos, longtemps dans l’ombre, attire à nouveau tous les regards. Reste à savoir si ces nouvelles découvertes permettront d’éclairer enfin certains des secrets les mieux gardés de l’Égypte antique.

Son emplacement en retrait par rapport aux pyramides de Khéops et Khéphren, ainsi que sa taille plus modeste, ont conduit les archéologues à se concentrer sur ces dernières. De plus, son entrée originale, située sur sa face nord, avait été obstruée par des blocs de pierre, rendant l’accès plus difficile avant les travaux de dégagement du XIXe siècle.