Vingt-six poussins sont venus au monde en mai 2026 au sein de laboratoires texans, non pas dans des coquilles de calcium, mais dans des structures synthétiques imprimées en 3D. Selon Futura Sciences, cette prouesse technique, annoncée le 20 mai par la société Colossal Biosciences, marque un tournant dans les recherches sur la désextinction — cette discipline ambitieuse visant à ressusciter des espèces disparues comme le dodo ou le mammouth laineux.

Ce qu'il faut retenir

  • 26 poussins vivants ont éclos d’œufs artificiels, une première mondiale selon Colossal Biosciences.
  • Ces œufs artificiels reproduisent une membrane de silicone imitant la perméabilité à l’oxygène d’une coquille naturelle.
  • L’objectif affiché est de ressusciter des oiseaux disparus, notamment le dodo et le moa géant de Nouvelle-Zélande.
  • Colossal Biosciences a déjà réussi à reprogrammer des cellules d’éléphant en cellules souches, une étape clé pour le projet mammouth.
  • Les chercheurs soulignent l’absence de données détaillées et appellent à la prudence quant aux applications futures.

Une avancée technique encore incomplète

Ces nouveaux-nés, issus d’œufs fécondés puis transférés dans des incubateurs artificiels quelques heures après la ponte, constituent une première. « Une membrane de silicone transparente remplace la coquille, permettant une respiration similaire à celle d’un œuf naturel », précise Colossal Biosciences dans un communiqué publié le 19 mai sur X (ex-Twitter). Pourtant, la structure synthétique ne reproduit pas l’ensemble des fonctions biologiques d’un œuf réel. Les éléments essentiels à la nutrition, à l’élimination des déchets et à la respiration interne du poussin en développement manquent encore, limitant pour l’instant l’efficacité du dispositif.

Les chercheurs texans n’ont pas dévoilé les détails de leur protocole. Aucune publication scientifique accompagnant l’annonce n’est disponible à ce jour, ce qui rend impossible une évaluation précise de la portée de cette avancée. Interrogée par Futura Sciences, l’entreprise se contente de souligner que « cette technologie pourrait ouvrir la voie à la résurrection d’oiseaux géants comme le moa géant, dont les œufs pesaient jusqu’à quatre-vingts fois ceux d’une poule ».

Vers le dodo et le mammouth : un agenda scientifique chargé

Colossal Biosciences multiplie les initiatives pour concrétiser ses projets phares. En 2025, la société avait déjà annoncé la naissance d’une souris génétiquement modifiée, dotée d’un pelage laineux et d’une meilleure tolérance au froid — des caractéristiques inspirées du mammouth laineux. Une étape considérée comme majeure dans la perspective de « ressusciter » cet animal emblématique du Pléistocène, disparu il y a environ 4 000 ans.

Pour les oiseaux, la tâche s’annonce plus complexe. Le dodo, exterminé au XVIIe siècle sur l’île Maurice, et le moa géant, disparu vers l’an 1400 en Nouvelle-Zélande, nécessiteront des étapes supplémentaires. D’abord, l’extraction et l’analyse de leur ADN ancien à partir d’ossements bien conservés. Ensuite, la modification génétique d’une espèce actuelle — probablement un oiseau proche — pour lui conférer les traits de l’espèce disparue. Colossal Biosciences a déjà engagé des recherches sur ce sujet, mais aucun calendrier précis n’a été communiqué.

Les limites éthiques et écologiques d’un rêve ambitieux

Alors que les médias évoquent un possible « Jurassic Park », les scientifiques tempèrent l’enthousiasme. « Le vrai défi ne sera pas seulement technique, mais aussi écologique », rappelle un chercheur cité par Futura Sciences. Les espèces ressuscitées devraient évoluer dans un environnement radicalement différent de celui de leurs ancêtres. Leur survie et leur impact sur les écosystèmes actuels restent incertains.

Par ailleurs, la désextinction soulève des questions éthiques et budgétaires. Certains spécialistes craignent que les financements massifs alloués à ces projets ne détournent des efforts de conservation des espèces menacées encore en vie. « Nous aurions plus à gagner en utilisant ces technologies pour protéger les animaux aujourd’hui en danger », estime un biologiste interrogé par le média. Colossal Biosciences, qui a levé plus de 150 millions de dollars pour son projet dodo, n’a pas encore répondu à ces critiques.

Et maintenant ?

Colossal Biosciences prévoit de tester prochainement ses œufs artificiels avec des embryons d’émeu et d’autruche, deux espèces proches des oiseaux cibles. Une publication scientifique détaillée, attendue d’ici la fin 2026, devrait préciser l’ampleur réelle de cette innovation. En attendant, le débat sur la désextinction s’intensifie, entre espoirs technologiques et mises en garde écologiques.

En 2026, l’humanité se trouve donc à la croisée des chemins : entre la fascination pour un passé révolu et la nécessité de préserver le vivant actuel.

Certaines espèces disparues, comme le moa géant, pondaient des œufs dont la taille était jusqu’à quatre-vingts fois supérieure à ceux d’une poule. Aucun oiseau actuel ne pourrait incuber un œuf aussi volumineux. Les œufs artificiels, conçus en laboratoire, permettent de contourner cette limite physique.