Deux villages palestiniens situés dans le nord de la Cisjordanie occupée ont été la cible d’attaques menées par des colons israéliens vendredi 24 juillet au matin. Selon Libération, ces violences ont fait quatre morts parmi la population locale et deux parmi les assaillants. Les faits, survenus à Tell et Sarra, s’inscrivent dans un contexte de tensions récurrentes entre colons et Palestiniens dans ce territoire sous administration israélienne depuis 1967.

Ce qu'il faut retenir

  • Quatre Palestiniens tués lors d’attaques attribuées à des colons israéliens dans les villages de Tell et Sarra, en Cisjordanie.
  • Deux colons israéliens morts parmi les assaillants, selon les premières informations rapportées par Libération.
  • Les attaques ont eu lieu vendredi 24 juillet au matin, un jour marqué par une escalade de la violence dans la région.
  • Les villageois de Tell et Sarra évoquent une présence inhabituelle de colons armés, « on ne les avait jamais vus si nombreux », selon des témoignages recueillis par le quotidien.

Des attaques d’une rare intensité dans le nord de la Cisjordanie

Les villages de Tell et Sarra, situés près de Naplouse, sont régulièrement le théâtre d’affrontements entre colons et Palestiniens. Cependant, l’ampleur des violences de ce 24 juillet marque une escalade significative. Les colons, souvent organisés en groupes armés, ont multiplié les incursions dans les zones palestiniennes ces dernières semaines, profitant de l’affaiblissement des forces de l’ordre israéliennes dans certaines zones.

Selon des habitants interrogés par Libération, les assaillants étaient « particulièrement nombreux et déterminés ». Un témoin, cité par le journal, a déclaré : «

On n’avait jamais vu une telle concentration de colons armés. Ils avançaient comme une armée, sans craindre les soldats israéliens présents sur place.
» Les raisons de cette mobilisation restent floues, mais pourraient être liées à des tensions autour de projets de colonisation ou de litiges fonciers.

Un bilan humain lourd et des réactions contrastées

Le bilan humain de ces attaques est lourd : quatre Palestiniens, dont des civils, ont péri sous les balles ou les coups. Côté israélien, deux colons ont également trouvé la mort, selon les premières informations. Les autorités israéliennes n’ont pas encore réagi officiellement, mais des sources sécuritaires ont évoqué une « riposte violente » à des tirs présumés en provenance des villages palestiniens.

Du côté palestinien, la colère est palpable. Le maire de Tell a dénoncé une « attaque préméditée » et appelé à une intervention internationale. «

Ces colons agissent avec l’impunité totale. Ils savent qu’ils ne seront pas punis,
» a-t-il affirmé à Libération. De son côté, l’Autorité palestinienne a condamné « une escalade dangereuse » et exigé une protection pour les civils.

Et maintenant ?

Les prochaines heures pourraient être décisives pour éviter une nouvelle flambée de violences. Les autorités israéliennes ont annoncé l’ouverture d’une enquête, mais les précédents dossiers similaires n’ont que rarement abouti à des condamnations. Une réunion d’urgence de la Ligue arabe est prévue pour mercredi 30 juillet, afin d’évaluer une éventuelle saisine du Conseil de sécurité de l’ONU. Dans les villages touchés, la méfiance envers les forces israéliennes reste forte, tandis que les colons pourraient poursuivre leurs actions si aucune mesure dissuasive n’est prise.

Contexte : une région sous haute tension

La Cisjordanie, territoire palestinien occupé depuis près de soixante ans, est le théâtre d’affrontements quasi quotidiens entre colons israéliens et Palestiniens. Depuis le début de l’année 2026, les incidents violents ont augmenté de 30 % selon les ONG locales, en partie en raison de la radicalisation de certains mouvements colons et de la multiplication des avant-postes illégaux. Les Nations unies ont maintes fois alerté sur le risque d’une « annexion de fait » par Israël, via l’expansion des colonies.

Les tensions autour des villages de Tell et Sarra remontent à plusieurs mois, avec des tentatives répétées de saisie de terres par des colons. En juin dernier, un Palestinien avait déjà été tué lors d’une opération similaire, sans que les responsables ne soient identifiés. Les villageois craignent désormais une répétition de ces violences, d’autant que la période estivale coïncide souvent avec une hausse des incursions.

Reste à voir si ces événements précipiteront un changement dans la gestion du conflit par les autorités israéliennes ou si, au contraire, ils alimenteront un cycle de représailles dont les civils seront les premières victimes.

Les colons israéliens, qui vivent dans des colonies souvent considérées comme illégales au regard du droit international, cherchent régulièrement à étendre leur emprise territoriale. Certains mouvements radicaux parmi eux multiplient les attaques contre les villages palestiniens pour forcer les habitants à partir, facilitant ainsi l’annexion de nouvelles zones. Ces actions s’inscrivent dans une stratégie plus large de colonisation accélérée de la Cisjordanie, malgré les condamnations internationales.