Le Premier ministre Sébastien Lecornu a apporté une réponse ferme aux enjeux des violences sexuelles commises sur des mineurs, à l’occasion d’un entretien accordé au Parisien. Face à l’initiative législative portée par la députée socialiste Céline Thiébault-Martinez, qui propose un texte unique pour endiguer ces violences, l’exécutif juge la démarche insuffisante.

Ce qu'il faut retenir

  • Le Premier ministre Sébastien Lecornu a déclaré, dans le Parisien, qu’une « loi unique » ne pouvait régler à elle seule la question des violences sexuelles sur mineurs.
  • Cette prise de position intervient en réaction au projet de loi porté par la députée socialiste Céline Thiébault-Martinez, qui ambitionne de rassembler les mesures en un texte unique.
  • Lecornu a insisté sur la nécessité d’une réponse « intégrale », soulignant que la lutte contre ces violences exigeait une approche plus large que le seul cadre législatif.

Un texte législatif insuffisant selon l’exécutif

Sébastien Lecornu a été clair : une loi unique ne suffira pas à endiguer le fléau des violences sexuelles commises sur des enfants. Dans les colonnes du Parisien, il a précisé que cette problématique, qualifiée de « fait de société », exigeait une réponse « intégrale », bien au-delà d’un simple texte de loi. Selon lui, la complexité de ce phénomène nécessite une approche multidimensionnelle, combinant mesures législatives, prévention et accompagnement des victimes.

Cette déclaration s’inscrit dans un contexte où les violences sexuelles sur mineurs restent un sujet de préoccupation majeure en France. Les chiffres officiels, régulièrement publiés par les services de l’État, confirment l’ampleur du phénomène. Les associations, de leur côté, alertent depuis des années sur les lacunes du système actuel, notamment en matière de protection et de prise en charge des victimes.

La députée Thiébault-Martinez et son projet de loi

La députée socialiste Céline Thiébault-Martinez a présenté un projet de loi visant à regrouper l’ensemble des mesures destinées à lutter contre les violences sexuelles sur mineurs en un texte unique. Son ambition ? Simplifier l’accès aux dispositifs de protection et renforcer la répression contre les auteurs de ces actes. Ce texte, encore en discussion à l’Assemblée nationale, a déjà suscité des débats au sein de la majorité présidentielle.

Parmi les mesures proposées figurent notamment l’allongement des délais de prescription pour les crimes sexuels commis sur mineurs, ainsi que la création de parcours de soins spécifiques pour les victimes. Pour autant, le gouvernement estime que ces dispositions, bien que nécessaires, ne sauraient à elles seules résoudre un problème aussi vaste et multiforme.

« Une loi unique ne peut suffire à régler la question des violences sexuelles contre les enfants. La réponse doit être intégrale. »
— Sébastien Lecornu, Premier ministre

Les limites d’une approche purement législative

Si le gouvernement reconnaît l’utilité des textes de loi, il met en avant la nécessité de combiner ces mesures avec d’autres actions. La prévention, par exemple, occupe une place centrale dans la stratégie de lutte contre ces violences. Les campagnes de sensibilisation, menées notamment dans les écoles, visent à informer les enfants, les parents et les enseignants sur les signes avant-coureurs et les recours possibles.

Par ailleurs, l’accompagnement des victimes, qu’il soit psychologique, social ou juridique, constitue un pilier essentiel de cette politique. Les associations spécialisées, comme l’Association Internationale des Victimes de l’Inceste (AIVI), soulignent depuis longtemps l’importance d’un soutien global pour permettre aux victimes de reconstruire leur vie.

Et maintenant ?

Le projet de loi porté par Céline Thiébault-Martinez devrait être examiné prochainement à l’Assemblée nationale, probablement avant la fin de l’année parlementaire. La discussion s’annonce serrée, le gouvernement ayant déjà fait connaître ses réserves sur la portée du texte. Pour autant, les travaux parlementaires pourraient intégrer certaines propositions, notamment en matière de répression ou de soutien aux victimes.

Quoi qu’il en soit, l’exécutif a d’ores et déjà indiqué qu’il présenterait ses propres mesures d’ici la fin de l’année, sous la forme d’un plan global contre les violences sexuelles sur mineurs. Les prochains mois devraient donc être marqués par des arbitrages et des annonces, alors que la société civile continue de faire pression pour des avancées concrètes.

Les violences sexuelles sur mineurs restent un défi de société qui dépasse largement le cadre strict de la loi. Entre prévention, répression et accompagnement, la lutte contre ce phénomène exige une mobilisation collective, où chaque acteur — État, associations, familles — a un rôle à jouer. L’enjeu n’est pas seulement judiciaire, mais aussi social et humain.

Le texte proposé par la députée socialiste Céline Thiébault-Martinez prévoit notamment l’allongement des délais de prescription pour les crimes sexuels commis sur mineurs, la création de parcours de soins spécifiques pour les victimes, ainsi que des mesures renforcées en matière de prévention dans les écoles. Il s’agit de regrouper ces dispositions en un texte unique pour simplifier l’accès aux dispositifs de protection.