Chaque hiver, des millions de Français prennent de la vitamine D pour lutter contre la fatigue saisonnière. Pourtant, comme le souligne Top Santé, une erreur courante dans la prise de ces compléments pourrait en réduire considérablement l’efficacité. Un pharmacien interrogé par le magazine révèle un réflexe quotidien à adopter pour optimiser l’absorption de cette vitamine.

Ce qu'il faut retenir

  • Prendre la vitamine D au cours d’un repas contenant des lipides améliore son absorption de 30 à 50 %.
  • Les lipides naturels des aliments (huile d’olive, avocat, noix) favorisent l’assimilation des gouttes ou gélules.
  • Un manque d’absorption peut expliquer une fatigue persistante malgré la supplémentation.
  • Les recommandations des autorités sanitaires encouragent une prise quotidienne de 800 à 1 000 UI en hiver.
  • Les personnes âgées et celles à peau foncée sont particulièrement concernées par les carences.

Depuis plusieurs années, la vitamine D est présentée comme un remède incontournable contre la fatigue hivernale et les coups de mou saisonniers. Pourtant, comme le rapporte Top Santé, nombreux sont les consommateurs à ne pas en tirer tous les bénéfices. Un pharmacien de l’est de la France, interrogé par le magazine, pointe un geste simple mais souvent ignoré : la prise de vitamine D doit impérativement s’accompagner d’une source de lipides. Sans ce réflexe, l’efficacité du complément alimentaire peut chuter de manière significative.

« On constate que beaucoup de patients prennent leur vitamine D à jeun, ou avec un verre d’eau, alors qu’il faudrait l’associer à un aliment gras », explique le professionnel. Selon ses observations, cette mauvaise habitude réduit l’absorption de la vitamine de 30 à 50 %. Un phénomène qui explique pourquoi certains patients, bien que supplémentés, continuent de se plaindre de fatigue chronique en hiver. Les gouttes ou gélules de vitamine D, liposolubles, nécessitent en effet la présence de graisses pour être correctement métabolisées par l’organisme.

Les recommandations officielles de l’Agence nationale de sécurité du médicament (ANSM) et de la Haute Autorité de Santé (HAS) n’évoquent pas explicitement ce point. Pourtant, plusieurs études, dont celles publiées dans des revues comme Nutrients ou Journal of Clinical Endocrinology & Metabolism, confirment l’importance des lipides dans l’absorption de la vitamine D. « Les personnes qui prennent leur vitamine D avec un repas contenant des graisses voient leurs taux sanguins augmenter de manière bien plus significative », précise le pharmacien.

Pourtant, ce geste simple reste méconnu du grand public. Selon une enquête menée par Top Santé auprès de 500 lecteurs, près de 60 % des répondants avouent ne pas associer leur complément à un aliment gras. « On a l’impression que la vitamine D est magique, qu’elle agit seule, mais ce n’est pas le cas », ajoute le professionnel. Les aliments les plus adaptés pour accompagner la prise sont l’huile d’olive, l’avocat, les noix, les poissons gras (saumon, maquereau) ou encore les œufs. Une poignée d’amandes ou une tranche de pain complet avec du beurre peuvent aussi suffire.

Les populations les plus vulnérables face à ce problème sont les personnes âgées, dont l’absorption des nutriments diminue avec l’âge, et celles à peau foncée, dont la mélanine réduit la synthèse naturelle de vitamine D par exposition au soleil. Pour elles, une supplémentation est souvent indispensable, mais elle doit être optimisée. « Chez les seniors, une carence non corrigée peut aggraver la perte d’autonomie ou favoriser les chutes », rappelle le pharmacien. Quant aux personnes à peau foncée, leur risque de carence est jusqu’à 10 fois supérieur à celui des personnes à peau claire, en raison d’une moindre production de vitamine D sous l’effet des rayons UV.

Et maintenant ?

Les professionnels de santé pourraient intégrer davantage ce conseil dans leurs recommandations, notamment lors des renouvellements de prescriptions. Une campagne d’information ciblée, comme celle menée par Santé Publique France sur les carences en vitamine D, pourrait être envisagée pour sensibiliser le public. En attendant, les pharmaciens et médecins généralistes sont invités à rappeler ce réflexe à leurs patients lors des consultations hivernales.

Reste à voir si les autorités sanitaires intègreront cette précision dans les prochaines mises à jour de leurs recommandations. D’ici là, les consommateurs peuvent déjà adapter leur pratique en ajoutant une source de graisses à leur prise quotidienne de vitamine D.

Une petite quantité suffit : une cuillère à café d’huile d’olive, une poignée d’amandes ou un quart d’avocat par exemple. L’objectif n’est pas de consommer un repas gras, mais simplement d’associer la vitamine D à une source de graisses naturelles.