Alors que la transition écologique s’accélère dans le secteur automobile, les entreprises et leurs cadres doivent désormais composer avec une fiscalité en pleine mutation pour les véhicules de fonction. Depuis le 1er février 2025, l’avantage en nature (AEN) lié à ces voitures a été profondément remanié, poussant les employeurs à repenser leur stratégie d’acquisition. Selon Capital, la donne a radicalement changé pour les motorisations thermiques, tandis que les modèles 100 % électriques ou hybrides rechargeables bénéficient désormais d’incitations fiscales inédites.

Ce qu'il faut retenir

  • Jusqu’à 70 % d’abattement sur l’avantage en nature pour les voitures électriques certifiées éco-score (limité à 4 582 € par an jusqu’à fin 2027).
  • Les véhicules thermiques (essence, diesel) ne bénéficient plus d’abattements spécifiques : leur AEN est calculé sur la base de 15 % du coût d’achat (20 % si carburant pris en charge).
  • Le malus CO₂ et le malus au poids (dès 1,5 tonne) s’appliquent désormais plus strictement, tandis que les 100 % électriques et hydrogènes en sont exonérés.
  • Seuls les modèles électriques fabriqués en Europe (ex. : Tesla Model Y produit à Berlin) ou bénéficiant d’un éco-score minimal de 60/80 sont éligibles aux avantages fiscaux renforcés.
  • Le coût global (achat, énergie, entretien, revente) reste un critère clé, avec une préférence marquée pour la location longue durée (LLD) ou les citadines électriques (ex. : Renault Scenic E-Tech, Peugeot E-3008).

Dès le 1er février 2025, les règles fiscales applicables aux voitures de fonction ont été alignées sur les objectifs de décarbonation fixés par l’Union européenne. La Commission a en effet assoupli son règlement CO₂ en 2023 : l’interdiction pure et simple des moteurs thermiques en 2035 a été remplacée par un quota de 90 % de véhicules zéro émission à cette échéance. Pour les entreprises, la pression est double : d’une part, la hausse des prix à la pompe et, d’autre part, l’obligation croissante de répondre à des critères de responsabilité sociétale (RSE). Une voiture de fonction, utilisée à la fois pour un usage professionnel et personnel, n’est plus seulement un symbole statutaire pour le cadre, mais aussi un élément de l’image de marque de l’entreprise.

Sur le plan fiscal, le changement est radical. Les véhicules diesel, autrefois favorisés, ne bénéficient plus d’aucun passe-droit. L’avantage en nature (AEN) est désormais calculé sur la base standard : 15 % du coût d’achat pour les véhicules thermiques, 20 % si l’employeur prend en charge le carburant. Pour les modèles de plus de cinq ans, ces taux tombent respectivement à 10 % et 15 %. En cas de location, l’AEN est évalué à 50 % du coût global annuel (location, entretien, assurance, pneumatiques), et à 67 % si le carburant est inclus. Autant dire que l’écart avec les véhicules électriques s’est creusé.

Un avantage fiscal record pour les électriques… sous conditions

Pour les voitures 100 % électriques ou hybrides rechargeables, les règles sont bien plus avantageuses. Jusqu’à la fin 2027, les entreprises peuvent prétendre à un abattement de 70 % sur l’AEN, dans la limite de 4 582 € par an. Une aubaine ? Oui, mais à une double condition : le véhicule doit figurer sur la liste officielle de l’Agence de la transition écologique (Ademe) et obtenir un éco-score minimal de 60 points sur 80. Contrairement à une idée reçue, ce score ne se base pas uniquement sur les émissions de CO₂ à l’usage (nulles pour un électrique), mais sur l’impact environnemental global du véhicule : fabrication, recyclage, réemploi des composants. Résultat : les modèles assemblés en Chine, aux États-Unis ou en Corée du Sud sont automatiquement exclus, sauf exceptions comme le Tesla Model Y produit à Berlin.

Autres contraintes pour bénéficier de l’abattement maximal : la voiture doit peser moins de 2 400 kg en ordre de marche et son prix d’achat ne doit pas dépasser 47 000 €. Ces critères éliminent d’office la plupart des SUV haut de gamme, même électriques. En pratique, ce sont les citadines et berlines compactes (Renault Scenic E-Tech, Peugeot E-3008, Mégane E-Tech) qui tirent leur épingle du jeu. À l’inverse, les hybrides rechargeables lourds, souvent plus polluants qu’annoncés en usage réel, voient leur avantage fiscal réduit à néant. Selon Capital, la loi de finances pour 2026 exclut même ces modèles des exonérations de malus, illustrant la volonté des pouvoirs publics de privilégier les véhicules les plus vertueux.

Malus et taxes : le thermomètre se resserre autour des thermiques

Si l’avantage fiscal a évolué, les sanctions se sont également durcies. Depuis janvier 2026, le malus au poids s’applique dès 1,5 tonne (contre 1,6 tonne en 2025), tandis que le malus CO₂ voit son seuil de déclenchement abaissé à 5 grammes par kilomètre et son plafond porté à 80 000 € (contre 70 000 € en 2025). Les véhicules 100 % électriques et hydrogènes en sont exemptés, contrairement aux hybrides rechargeables, souvent lourds et dont le moteur thermique domine en pratique. Par ailleurs, la taxe annuelle sur les émissions de CO₂ (ex-TVS) et celle sur les polluants atmosphériques continueront d’augmenter en 2027, alourdissant encore la facture pour les flottes polluantes.

Les entreprises de plus de cent véhicules sont également concernées par la taxe sur le verdissement de la flotte. Celle-ci les incite à acquérir des modèles légers à faibles émissions (tourisme, utilitaires, quads), sous peine d’une imposition annuelle. Une pression supplémentaire qui s’ajoute aux coûts d’acquisition, d’énergie et d’entretien. Pourtant, sur le papier, le passage à l’électrique semble gagnant : l’énergie électrique et les coûts d’entretien sont inférieurs à ceux des thermiques, et les bornes de recharge, bien qu’investissement initial lourd, réduisent la dépendance aux carburants fossiles. Reste le risque de la revente, sur un marché de l’occasion électrique encore instable, que certaines entreprises contournent via la location longue durée (LLD).

Quel modèle choisir ? Les classements 2026 privilégient l’électrique pur

Malgré les contraintes, les classements de véhicules de fonction publiés en 2026 plébiscitent les modèles 100 % électriques. Des citadines comme la Renault Scenic E-Tech ou la Peugeot E-3008 arrivent en tête, suivies par des SUV compacts comme la Tesla Model Y, la BMW iX1 ou la Mercedes EQA. Ces véhicules allient autonomie (jusqu’à 750 km pour la DS N°8), éco-score élevé et conformité aux nouvelles règles fiscales. En revanche, les hybrides rechargeables, souvent plus chers à l’achat et moins performants en matière d’émissions réelles, perdent du terrain.

Pour les entreprises hésitantes, une stratégie en deux temps peut être envisagée : commencer par des modèles hybrides pour une transition progressive, avant de basculer vers le 100 % électrique d’ici 2030. Une approche prudente, mais qui permet de s’adapter aux évolutions réglementaires sans prendre de risque financier excessif. « Le choix d’une voiture de fonction ne se limite plus à son coût d’achat ou à son image », souligne un expert cité par Capital. « Il s’agit désormais d’une décision stratégique, influencée par la fiscalité, les objectifs RSE et la durabilité du modèle. »

Et maintenant ?

Les prochains ajustements fiscaux sont attendus pour 2027, avec une probable intensification des malus pour les véhicules les plus polluants. Les entreprises devraient aussi surveiller les évolutions de l’éco-score, dont les critères pourraient encore se durcir. À plus long terme, l’objectif reste clair : atteindre 90 % de véhicules zéro émission dans les flottes d’ici 2035, un horizon qui impose une planification rigoureuse dès aujourd’hui.

En attendant, les gestionnaires de flotte et les cadres concernés ont tout intérêt à étudier de près les offres des constructeurs, à comparer les coûts réels (énergie, entretien, revente) et à anticiper les prochaines échéances fiscales. Une chose est sûre : dans le paysage automobile de 2026, le thermomètre est plus que jamais dirigé vers le vert.

Pour obtenir un abattement de 70 % sur l’avantage en nature (plafonné à 4 582 € par an jusqu’à fin 2027), le véhicule doit figurer sur la liste officielle de l’Ademe, présenter un éco-score minimal de 60/80, peser moins de 2 400 kg en ordre de marche et ne pas dépasser 47 000 € à l’achat. Les modèles fabriqués hors d’Europe (Chine, États-Unis, Corée du Sud) sont exclus, sauf exceptions comme le Tesla Model Y produit à Berlin.

Les hybrides rechargeables perdent en attractivité en 2026 : leur avantage fiscal a été supprimé par la loi de finances, et ils restent soumis aux malus CO₂ et au poids. Souvent lourds et utilisant principalement leur moteur thermique en usage réel, ils ne bénéficient plus des exonérations accordées aux 100 % électriques ou hydrogènes. Leur intérêt se limite désormais à une transition progressive pour certaines entreprises.