Une Française évacuée du navire de croisière MV Hondius, où un foyer d’hantavirus a été détecté, a été testée positive à ce virus après avoir présenté des symptômes lors de son rapatriement en France, selon Le Figaro. Son état s’est « dégradé dans la nuit », a indiqué la ministre de la Santé, Stéphanie Rist, précisant qu’elle est actuellement hospitalisée dans un établissement spécialisé dans les maladies infectieuses.
Ce qu'il faut retenir
- Cinq Français ont été rapatriés dimanche du MV Hondius, dont une personne testée positive à l’hantavirus.
- Vingt-deux cas contacts ont été identifiés en France, placés en quarantaine à l’hôpital Bichat à Paris.
- Les mesures sanitaires ont été durcies par décret, avec une quarantaine de 42 jours pour les passagers et contacts.
- Un décret publié au Journal officiel impose un isolement strict pour les personnes évacuées du navire.
- Aux États-Unis, 17 Américains rapatriés ont également été placés en confinement biologique.
Un cas confirmé parmi les cinq Français rapatriés
Parmi les cinq Français évacués du MV Hondius et rapatriés dimanche en France, une passagère a été testée positive à l’hantavirus après avoir développé des symptômes pendant le vol, indique le gouvernement. « Son état s’est dégradé dans la nuit », a précisé Stéphanie Rist, ministre de la Santé, lors d’une intervention sur France Inter ce matin. Elle a ajouté que la patiente se trouve désormais « dans un hôpital spécialisé dans les maladies infectieuses ».
« Quand l’état d’un individu infecté par l’hantavirus se dégrade, son pronostic vital peut être engagé. Cela peut être le cas de cette personne. »
— Stéphanie Rist, ministre de la Santé
Vingt-deux cas contacts identifiés et placés en quarantaine
Au total, 22 cas contacts français ont été recensés parmi les personnes ayant côtoyé la patiente infectée, selon les autorités sanitaires. Ces individus ont été immédiatement placés en quarantaine à l’hôpital Bichat à Paris, où ils font l’objet d’une surveillance médicale et épidémiologique approfondie. Les cinq passagers français évacués du navire ont également été isolés dès leur arrivée sur le territoire national.
Un décret publié dans la nuit au Journal officiel précise que ces personnes devront respecter une période de quarantaine de 42 jours, durée correspondant à la période maximale d’incubation du virus. « À l’issue de cette évaluation, elles sont maintenues en quarantaine ou placées à l’isolement », est-il stipulé dans le texte. Les personnes ayant été en contact avec un passager infecté ou suspect pourront également être soumises à des mesures similaires.
Les États-Unis et l’Espagne mobilisés face à l’épidémie
Aux États-Unis, 17 Américains rapatriés du MV Hondius sont en route vers leur pays, dont deux voyageant dans des unités de confinement biologique à bord de l’avion. Le ministère de la Santé américain a confirmé qu’un passager présentait des symptômes légers et qu’un autre avait un test PCR légèrement positif pour la souche des Andes, une variante de l’hantavirus. Le patron de l’Organisation mondiale de la santé (OMS), Tedros Adhanom Ghebreyesus, a estimé que le protocole américain, moins strict sur l’isolement obligatoire, « pouvait présenter des risques ».
En Espagne, où le navire a accosté à Tenerife, 94 passagers et membres d’équipage de 19 nationalités différentes ont été évacués, a annoncé la ministre espagnole de la Santé, Mónica García. Le directeur de l’OMS et les ministres espagnols de la Santé et de l’Intérieur supervisent les opérations sur place pour assurer la coordination sanitaire.
L’OMS rassure sur le risque de propagation généralisé
Malgré la détection de six cas confirmés et huit cas suspects à bord du MV Hondius, l’OMS a tenu à rassurer sur le risque de propagation à l’échelle mondiale. « Il s’agit d’un virus dangereux, mais uniquement pour la personne réellement infectée », a déclaré Christian Lindmeier, porte-parole de l’organisation. « Le risque pour la population en général reste extrêmement faible », a-t-il ajouté. Le dernier bilan de l’OMS, établi vendredi, recense un couple néerlandais et une Allemande décédés parmi les cas confirmés.
Stéphanie Rist a également confirmé que la France disposait de « stocks nécessaires de masques et de tests » pour faire face à cette situation, tout en saluant la mise en place de « mesures très strictes, les plus strictes de la zone européenne ». « Il faut casser les chaînes de transmission dès le début », a-t-elle souligné.
Pour rappel, l’hantavirus est un virus à ARN dont les souches varient selon les continents. En Europe et en Asie, il se transmet principalement par contact avec les rongeurs ou leurs excréments. Aux Amériques, certaines souches, comme celle des Andes, peuvent se transmettre d’humain à humain. Il n’existe ni vaccin ni traitement spécifique contre cette infection, dont les symptômes incluent fièvre, douleurs musculaires et difficultés respiratoires.
En France, les cas contacts et les passagers du MV Hondius sont placés en quarantaine de 42 jours, comme le prévoit un décret publié au Journal officiel. Cette durée correspond à la période maximale d’incubation du virus. Les personnes concernées sont isolées à l’hôpital Bichat à Paris et font l’objet d’une surveillance médicale régulière.