Les valeurs technologiques américaines ont connu une journée historique ce mercredi 6 mai 2026 à Wall Street. Le géant des semi-conducteurs AMD a enregistré une hausse spectaculaire de 19 % en séance d’avant-Bourse, propulsé par des résultats trimestriels bien au-delà des attentes et une demande explosive pour ses solutions dédiées à l’intelligence artificielle. Selon BFM Bourse, cette performance illustre l’engouement croissant des marchés pour les acteurs capables de capter l’essor des infrastructures IA, un secteur en pleine mutation.
Ce qu'il faut retenir
- AMD voit son action s’envoler de 19 % à Wall Street après avoir dépassé les attentes du marché avec un chiffre d’affaires de 10,25 milliards de dollars au premier trimestre 2026, en hausse de 38 % sur un an.
- Sa division centres de données – dopée par les processeurs EPYC et les GPU Instinct – affiche une croissance de 57 %, atteignant 5,8 milliards de dollars, tandis que les revenus des ordinateurs grand public progressent de 23 %.
- Samsung Electronics franchit pour la première fois la barre des 1 000 milliards de dollars de capitalisation boursière, dopé par une hausse de 300 % sur un an, et rejoint TSMC parmi les géants du secteur.
- Infineon, spécialiste allemand des semi-conducteurs, voit son action chuter de 2,8 % à Francfort après des perspectives jugées insuffisantes dans l’IA, malgré des résultats en hausse de 6 % en Europe.
- Apple serait en discussions avancées avec Intel et Samsung pour la production de ses prochains processeurs, une nouvelle qui a déjà fait bondir l’action d’Intel de près de 13 %.
AMD écrase les attentes avec des résultats dopés par l’IA
Le marché des semi-conducteurs n’a jamais été aussi dynamique. AMD a rendu publics mardi 5 mai ses résultats du premier trimestre 2026, confirmant sa position de leader dans la course aux infrastructures dédiées à l’intelligence artificielle. Le groupe américain a enregistré un chiffre d’affaires global de 10,25 milliards de dollars, en progression de 38 % sur un an, tandis que son bénéfice net ajusté par action s’est établi à 1,37 dollar, dépassant largement les prévisions des analystes.
Cette performance est tirée par deux segments clés : d’une part, la division centres de données, qui affiche un bond de 57 % pour atteindre 5,8 milliards de dollars, porté par la demande en processeurs EPYC et en GPU Instinct, essentiels pour les calculs haute performance. D’autre part, le marché des ordinateurs grand public et des jeux vidéo a progressé de 23 %, porté par les processeurs Ryzen et les GPU Radeon. Lisa Su, PDG d’AMD, a souligné dans un communiqué : « Nous constatons une forte dynamique, l’IA inférentielle et l’IA agentique stimulant une demande croissante en processeurs et accélérateurs haute performance. »
Samsung et TSMC franchissent la barre des 1 000 milliards de dollars
La frénésie autour de l’IA a également propulsé Samsung Electronics dans une catégorie exclusive. Mercredi 6 mai 2026, le géant coréen a vu sa capitalisation boursière dépasser pour la première fois la barre symbolique des 1 000 milliards de dollars, selon les données de companiesmarketcap.com. Cette performance historique place Samsung aux côtés de son rival taïwanais TSMC, dont la valorisation atteint désormais 2 045 milliards de dollars.
Cette ascension spectaculaire – Samsung a progressé de plus de 300 % sur un an – a également dopé l’indice phare de la Bourse de Séoul, le Kospi, qui a clôturé pour la première fois au-dessus des 7 000 points. Une performance qui reflète l’optimisme des investisseurs envers les acteurs asiatiques capables de répondre à la demande mondiale en puces pour centres de données et smartphones.
Intel en hausse après l’annonce des discussions avec Apple
Autre fait marquant de cette journée : les discussions préliminaires entre Apple et deux géants des semi-conducteurs, Intel et Samsung Electronics, concernant la production des processeurs principaux de ses appareils. Cette nouvelle, rapportée par Bloomberg et confirmée par BFM Bourse, a immédiatement dopé l’action d’Intel, qui a progressé de près de 13 % en séance, atteignant de nouveaux plus hauts historiques.
Si Apple n’a pas officiellement commenté ces rumeurs, l’annonce a suffi à relancer l’intérêt pour le fabricant américain, longtemps en difficulté face à la concurrence d’AMD et de Nvidia. Une aubaine pour Intel, qui tente de regagner des parts de marché dans un secteur en pleine reconfiguration.
Infineon pénalisé par des perspectives jugées trop modestes dans l’IA
En Europe, l’enthousiasme est moins unanime. Le groupe allemand Infineon a publié ses résultats pour le deuxième trimestre de son exercice décalé 2026-2027, affichant un chiffre d’affaires en hausse de 6 % à 3,81 milliards d’euros, ainsi qu’un bénéfice net en progression de près de 30 %, à 301 millions d’euros. Une performance tirée par la demande en solutions d’alimentation électrique pour les centres de données IA.
Pourtant, malgré ces bons chiffres, l’action d’Infineon a reculé de 2,8 % à Francfort. La raison ? Le groupe a maintenu ses prévisions pour les revenus liés aux centres de données IA à 1,5 milliard d’euros pour 2026, sans les relever, alors que les attentes du marché étaient plus ambitieuses. « Un manque d’ambitions dans l’IA sanctionné par le marché », résume BFM Bourse. Infineon a tout de même confirmé une croissance « significative » de son chiffre d’affaires global en 2026, après avoir anticipé une progression modérée jusqu’ici.
Une chose est sûre : dans un marché où les valorisations fluctuent au gré des annonces technologiques, la course à l’IA n’en est qu’à ses débuts. Les prochaines publications trimestrielles de Nvidia, Qualcomm et des autres géants du secteur seront scrutées à la loupe pour mesurer l’ampleur réelle de cette révolution industrielle.
L’intelligence artificielle nécessite des infrastructures massives en termes de calcul et de stockage, ce qui se traduit par une demande accrue en processeurs haut de gamme, GPU et systèmes dédiés. Les entreprises capables de fournir ces solutions bénéficient d’une croissance structurelle, d’où l’engouement des investisseurs pour des acteurs comme AMD, Nvidia ou TSMC. Les résultats financiers deviennent ainsi un indicateur clé de leur capacité à capter cette manne.
Les processeurs EPYC d’AMD sont des CPU (unités centrales) optimisés pour les centres de données, conçus pour gérer des tâches complexes comme le traitement de données ou l’exécution d’applications. Les GPU Instinct, en revanche, sont des unités de calcul graphique dédiées aux tâches parallèles intensives, comme l’apprentissage profond ou les simulations. Ensemble, ils forment une solution complète pour les infrastructures IA, où CPU et GPU collaborent pour maximiser les performances.