La chambre basse du Parlement zimbabwéen a adopté, ce jeudi 18 juin 2026, un projet de loi controversé visant à étendre la durée du mandat présidentiel de cinq à sept ans. Selon RFI, cette réforme, si elle est définitivement adoptée, permettrait au président Emmerson Mnangagwa de rester en fonction jusqu’en 2030 sans organiser de nouvelles élections, alors que son second mandat doit normalement s’achever en 2028.

Ce qu'il faut retenir

  • Une réforme constitutionnelle adoptée par la Chambre basse du Parlement zimbabwéen le 18 juin 2026.
  • Le texte propose de passer de cinq à sept ans la durée d’un mandat présidentiel.
  • Si elle est validée par le Sénat, cette modification permettrait à Emmerson Mnangagwa de rester au pouvoir jusqu’en 2030.
  • Le second mandat de Mnangagwa devait initialement s’achever en 2028.
  • Le Sénat, également dominé par le parti au pouvoir, la Zanu-PF, doit encore examiner le texte.

Une réforme constitutionnelle aux conséquences politiques majeures

La décision de la Chambre basse du Parlement zimbabwéen marque une étape clé dans le processus législatif visant à modifier la Constitution du pays. Comme le rapporte RFI, cette réforme, si elle est définitivement adoptée, bouleverserait le calendrier électoral traditionnel. Actuellement, un mandat présidentiel dure cinq ans, renouvelable une fois. Avec cette modification, Emmerson Mnangagwa pourrait donc briguer un troisième mandat consécutif, repoussant ainsi la date de la prochaine élection présidentielle à 2030.

Cette initiative s’inscrit dans un contexte politique déjà tendu au Zimbabwe. Le parti au pouvoir, la Zanu-PF, dispose d’une majorité confortable dans les deux chambres du Parlement, ce qui laisse présager un examen favorable du texte par le Sénat. Cependant, cette réforme soulève des questions sur la démocratie et la limitation des mandats, un principe souvent invoqué dans les régimes africains pour éviter les dérives autoritaires.

Un président en quête de pérennité politique

Emmerson Mnangagwa, âgé de 84 ans, dirige le Zimbabwe depuis 2018, date à laquelle il a succédé à Robert Mugabe après un coup d’État interne au sein de la Zanu-PF. Son second mandat, qui devait s’achever en 2028, est désormais menacé par cette réforme. Si elle est adoptée, il pourrait rester à la tête de l’État jusqu’en 2030, soit douze ans après son arrivée au pouvoir.

Cette volonté de prolonger son mandat intervient alors que le Zimbabwe fait face à des défis économiques majeurs, avec une inflation galopante et un chômage endémique. Certains observateurs y voient une stratégie pour éviter une alternance politique dans un contexte de mécontentement populaire croissant. D’autres soulignent que cette réforme pourrait affaiblir encore davantage les institutions démocratiques du pays.

« Cette réforme, si elle est adoptée, permettrait à Emmerson Mnangagwa de contourner les limites constitutionnelles actuelles et de rester au pouvoir bien au-delà de 2028 », a indiqué un analyste politique zimbabwéen sous couvert d’anonymat.

Et maintenant ?

Le Sénat zimbabwéen doit désormais examiner le texte, une formalité qui devrait être rapidement franchie compte tenu de la majorité absolue de la Zanu-PF dans les deux chambres. Si le projet est validé, il devra ensuite être soumis à un référendum ou à une approbation populaire pour entrer en vigueur. La date exacte de ce vote n’a pas encore été fixée, mais les observateurs s’attendent à une mobilisation rapide des autorités pour éviter toute contestation.

Quoi qu’il en soit, cette réforme relance le débat sur la gouvernance au Zimbabwe et sur la capacité des institutions à garantir une alternance démocratique. Les prochains mois s’annoncent décisifs pour l’avenir politique du pays.