En Eure-et-Loir, un village de 283 habitants vient d’élire le plus jeune maire de France. À seulement 19 ans, Brian Pellerin, étudiant en droit sans étiquette politique, a remporté la mairie de Pré-Saint-Évroult lors des dernières élections municipales. Selon Franceinfo – Politique, ce jeune élu incarne une nouvelle génération de responsables locaux, loin des stéréotypes habituels des édiles français.
Avec un âge moyen de 53 ans pour les maires en France, la candidature de Brian Pellerin constitue une exception notable. Son élection, survenue dans un contexte local marqué par le départ du maire sortant, a surpris autant qu’elle a suscité l’enthousiasme. « Plus d’un tiers des maires en France sont aujourd’hui des retraités », rappelle Franceinfo – Politique, soulignant ainsi l’originalité de cette situation.
Ce qu’il faut retenir
- Brian Pellerin, 19 ans, devient le plus jeune maire de France à Pré-Saint-Évroult (Eure-et-Loir) après son élection en tant que candidat sans étiquette.
- Il partage son temps entre ses études en droit et la gestion des affaires communales, une commune de 283 habitants.
- L’âge moyen des maires en France est de 53 ans, selon les dernières données disponibles.
- Son élection a été saluée par plusieurs habitants, qui y voient une opportunité de renouveau politique.
- Brian Pellerin a battu le maire sortant lors du scrutin municipal, confirmant ainsi un changement générationnel.
Un parcours politique atypique pour un jeune élu
Brian Pellerin, étudiant en première année de droit à l’université, n’a pas suivi le parcours classique des futurs élus. Son engagement politique s’est construit en marge des partis traditionnels, bien qu’il ait brièvement fréquenté les rangs du parti d’Éric Zemmour par le passé. Son élection à la tête de la mairie de Pré-Saint-Évroult, un village situé en Eure-et-Loir, a été perçue comme un symbole par ses soutiens.
Ses camarades de faculté, interrogés par Franceinfo – Politique, expriment leur admiration mêlée d’interrogations. « C’est impressionnant. Moi, je pense que je ne pourrais pas concilier tout ça. C’est trop de responsabilités, trop de contraintes », confie l’un d’eux. Pourtant, Brian Pellerin assume déjà pleinement son double rôle, jonglant entre les bancs de l’amphithéâtre et les dossiers de la mairie.
Une journée type entre cours, dossiers et conseil municipal
Le quotidien de Brian Pellerin est rythmé par des allers-retours constants entre l’université et la mairie. Après trois heures de cours, il se rend à Pré-Saint-Évroult pour y tenir son rôle de premier magistrat. Son premier rendez-vous de l’après-midi est souvent technique : rencontrer les pompes funèbres du village pour faire le point sur l’état du cimetière. Une tâche qui, bien que loin des clichés politiques, fait partie des missions d’un maire.
« On ne peut pas faire ça nous-même, quand on n’a pas les capacités de quelqu’un qui travaille tout le temps. Dans les pompes funèbres, il y a tellement de règles, tellement de choses à savoir, qu’il faut faire super gaffe », explique-t-il. Cette approche pragmatique illustre son apprentissage sur le terrain, où chaque détail compte pour gérer une commune de moins de 300 habitants.
Les habitants de Pré-Saint-Évroult saluent un « souffle nouveau »
L’élection de Brian Pellerin a été accueillie avec enthousiasme par une partie de la population locale. Un chef d’entreprise du village, interrogé par Franceinfo – Politique, se dit « ravi » par ce choix : « Je trouve que c’est une super chose. C’est très, très bien. 19 ans, en plus, il a du caractère. Je pense que c’est ce qu’il faut pour la commune. »
Une enseignante, également électrice, partage ce sentiment : « Moi, j’ai confiance dans cette génération de ceux qui ont une vingtaine d’années. Je trouve qu’ils ont un autre rapport au travail qui est parfois très critiqué, un autre rapport au collectif. Donc je lui fais confiance pour inventer un nouveau monde. » Ces témoignages reflètent une attente de renouvellement politique, où la jeunesse est perçue comme un atout plutôt qu’un obstacle.
« Moi, j’ai confiance dans cette génération de ceux qui ont une vingtaine d’années. Je trouve qu’ils ont un autre rapport au travail, un autre rapport au collectif. Donc je lui fais confiance pour inventer un nouveau monde. »
Une enseignante, électrice de Brian Pellerin
Une relation mère-fils mise à l’épreuve du conseil municipal
Parmi les membres du conseil municipal de Pré-Saint-Évroult figure Gwladys Duleu, conseillère municipale… et mère de Brian Pellerin. Pourtant, selon elle, les rôles s’inversent dès qu’ils se retrouvent en séance : « Bizarrement, quand on est en conseil, Brian n’est pas du tout mon fils. Pas du tout. (...) C’est le maire du village. » Cette anecdote illustre la rigueur avec laquelle le jeune élu aborde ses fonctions, sans concession pour les liens personnels.
Le soir venu, après une journée bien remplie, Brian Pellerin quitte la mairie à 18 heures. Demain, comme aujourd’hui, il devra reprendre le chemin des amphis pour passer des examens. Ce rythme soutenu, il l’assume sans hésitation : « J’ai confiance en cette génération », confie-t-il régulièrement à ses proches.
Pour l’heure, le jeune maire de Pré-Saint-Évroult continue de tracer sa voie, entre cours magistraux et décisions municipales. Son parcours interroge : jusqu’où peut-on aller en combinant études exigeantes et responsabilités politiques ? Une chose est sûre, son élection a déjà marqué les esprits, bien au-delà des frontières de son village.
Oui, en France, l’âge minimum pour être élu maire est fixé à 18 ans. Brian Pellerin, âgé de 19 ans au moment de son élection, remplit donc les conditions légales pour exercer cette fonction. Aucune restriction supplémentaire n’est imposée par la loi pour les jeunes élus, si ce n’est l’obligation d’être français ou ressortissant d’un pays de l’Union européenne.