Alors que le corps d’Audrey Cavalié, l’une des deux victimes présumées de Cédric Prizzon, a été rapatrié en France il y a quelques jours, les familles des victimes se retrouvent confrontées à une nouvelle épreuve. Selon Franceinfo – Politique, l’avocat de la famille d’Audrey Cavalié a en effet interpellé, vendredi 8 mai 2026, le ministre français de la Justice, Gérald Darmanin, après le refus de la justice portugaise de remettre le suspect à la France. Fabien Arakélian, l’avocat, a demandé solennellement à Darmanin de saisir Eurojust, l’agence de l’Union européenne chargée de renforcer la coopération judiciaire entre les États membres, afin qu’un procès puisse se tenir en France.

Ce qu'il faut retenir

  • La justice portugaise a refusé d’exécuter le mandat d’arrêt européen émis par la France contre Cédric Prizzon, accusé d’un double féminicide en mars 2026.
  • Les victimes, dont Audrey Cavalié, étaient de nationalité française et une partie des faits a été commise en France, selon l’avocat des familles.
  • L’avocat a critiqué une décision qualifiée d’« irréaliste » à la fois sur le plan juridique et moral, ajoutant de la violence à la douleur des familles.
  • Fabien Arakélian a appelé Gérald Darmanin à saisir Eurojust pour permettre un jugement en France, où « le bon sens juridique commandait » que l’affaire soit traitée.

Un refus portugais qui relance les tensions judiciaires

Cédric Prizzon, principal suspect d’un double féminicide commis en mars 2026 au Portugal, est actuellement détenu en attente de jugement. La cour d’appel de Coimbra a justifié son refus de remettre le suspect à la France en invoquant que les crimes présumés avaient été commis « entièrement ou en partie sur le territoire national ». Une décision qui, selon l’avocat des victimes, contredit à la fois le droit européen et les principes de justice, d’autant que les victimes étaient françaises et que l’auteur est également de nationalité française.

Fabien Arakélian a rappelé que « le bon sens juridique commandait que cette affaire soit au bout du compte jugée en France », soulignant que la famille d’Audrey Cavalié était « sous le choc » après le rapatriement du corps et la préparation des obsèques. Pour lui, cette décision portugaise « ajoute de la violence à de la violence » et donne l’impression que les familles sont « clairement maltraitées » par un système judiciaire qu’elles jugent injuste.

Le profil inquiétant du suspect et les faits reprochés

Cédric Prizzon, arrêté au Portugal fin mars 2026, était déjà connu des autorités françaises pour des antécédents judiciaires. Selon les informations disponibles, il aurait tué sa compagne et son ex-compagne dans des circonstances particulièrement violentes, bien que les détails précis des faits restent à établir lors d’un éventuel procès. Son profil, décrit par certains médias comme « inquiétant », inclut notamment une condamnation antérieure et la détention d’armes, ce qui a contribué à alimenter l’émotion autour de cette affaire.

Les proches des victimes, dont Audrey Cavalié, ont été informés de la décision portugaise avec un mélange de colère et d’incompréhension. L’avocat a insisté sur le fait que les deux femmes étaient françaises et que les faits, en partie commis sur le sol français, relevaient de la compétence des juridictions françaises. Pour les familles, ce refus de remise équivaut à une double peine : celle de la perte de leurs proches, puis celle d’un système judiciaire perçu comme défaillant.

Un appel à l’Europe pour trancher le différend

Face au blocage portugais, Fabien Arakélian a plaidé pour une intervention d’Eurojust, l’agence de l’UE spécialisée dans la coopération judiciaire. Selon lui, cette instance pourrait permettre de trouver une solution respectueuse des droits des victimes, en facilitant une coopération renforcée entre la France et le Portugal. L’avocat a rappelé que Gérald Darmanin s’était déclaré « soucieux du respect du droit des victimes », un argument qu’il a utilisé pour justifier son appel à une saisine rapide d’Eurojust.

Cette affaire met en lumière les tensions persistantes entre les systèmes judiciaires européens, notamment sur la question de l’exécution des mandats d’arrêt européens. Si le Portugal invoque sa souveraineté territoriale, la France pourrait contester cette interprétation devant les instances européennes, en s’appuyant sur les conventions en vigueur au sein de l’UE.

Et maintenant ?

Dans les prochaines semaines, Gérald Darmanin devrait étudier la demande de l’avocat des familles et décider s’il saisit Eurojust. Une réponse positive pourrait relancer la procédure judiciaire en France, mais dépendra aussi de la volonté politique des deux États. Par ailleurs, la défense de Cédric Prizzon pourrait également saisir les juridictions portugaises pour contester sa remise, prolongeant ainsi une procédure déjà complexe. Reste à voir si les familles obtiendront gain de cause avant les obsèques d’Audrey Cavalié, prévues dans les prochains jours.

Cette affaire rappelle aussi l’importance des mécanismes de coopération judiciaire en Europe, alors que les crimes transfrontaliers nécessitent une coordination accrue entre les États membres. Pour les proches des victimes, l’attente d’une justice rapide et efficace reste une priorité absolue.

La cour d’appel de Coimbra a justifié son refus en invoquant que les crimes présumés avaient été commis « entièrement ou en partie sur le territoire portugais ». Cette décision s’appuie sur le principe de souveraineté nationale, mais elle est contestée par les familles et l’avocat des victimes, qui estiment que le bon sens juridique aurait dû conduire à un jugement en France.