Un nouveau conflit éclate au sein de la majorité présidentielle, cette fois entre deux figures de la droite. Comme le rapporte Libération, le président des Républicains, Eric Ciotti, a demandé officiellement le renvoi du ministre chargé des Comptes publics, Philippe Tabarot, après des échanges particulièrement tendus. Selon des éléments rapportés par le quotidien, Tabarot aurait tenu des propos qualifiant Ciotti de « nabot » et menacé de faire appel à des « Géorgiens » pour le faire « disparaître », une formulation qui a provoqué une crise immédiate au sommet de l’État.
Ce qu'il faut retenir
- Eric Ciotti, président des Républicains, a exigé le renvoi du ministre Philippe Tabarot après des propos jugés insultants et des menaces.
- Tabarot aurait qualifié Ciotti de « nabot » et évoqué l’intervention de « Géorgiens » pour le faire « disparaître ».
- Ces déclarations ont été transmises à l’Élysée et font l’objet d’une enquête interne au sein du gouvernement.
- Le ministre, en poste depuis 18 mois, est déjà sous surveillance après plusieurs polémiques récentes.
Un échange qui bascule dans l’insulte et la menace
Les tensions entre les deux hommes ne datent pas d’hier, mais cet épisode marque un tournant. D’après les éléments recueillis par Libération, l’affrontement verbal aurait eu lieu en marge d’une réunion préparatoire à la loi de finances. Tabarot, connu pour son franc-parler, aurait lancé une pique envers Ciotti, le traitant de « nabot » en référence à sa petite taille. La réponse du président des Républicains a été immédiate : il a immédiatement saisi l’Élysée pour exiger des sanctions. « Ce genre de propos est inacceptable, d’autant plus quand il s’accompagne de menaces voilées », a réagi un proche de Ciotti, cité par le quotidien.
Les « Géorgiens » : une référence ambiguë qui relance les interrogations
Le point le plus controversé reste la menace évoquée par Tabarot. Selon Libération, il aurait déclaré vouloir « appeler des Géorgiens pour le faire disparaître », une formule dont le sens exact reste à éclaircir. Si certains y voient une simple exagération malvenue, d’autres s’interrogent sur un possible sous-entendu lié à des réseaux d’influence ou à des pratiques mafieuses. Le ministère de l’Intérieur a été saisi pour vérifier l’origine de cette expression et déterminer si elle relève d’une provocation ou d’une réelle menace. « Nous prenons ces déclarations très au sérieux », a indiqué une source proche du dossier.
Une crise qui s’ajoute aux tensions déjà présentes au gouvernement
Philippe Tabarot, ministre délégué chargé des Comptes publics depuis décembre 2024, est déjà sous surveillance après plusieurs polémiques. Ses prises de position tranchées sur la fiscalité et ses critiques répétées envers les parlementaires ont irrité une partie de la majorité. Cet incident survient alors que le gouvernement prépare le budget 2027, un texte déjà source de divisions. Eric Ciotti, qui avait pourtant soutenu Emmanuel Macron lors de la dernière présidentielle, durcit le ton depuis plusieurs semaines, multipliant les critiques envers l’exécutif. « La confiance n’est plus là », a-t-il glissé lors d’un entretien avec des journalistes, sans évoquer directement Tabarot.
Quel que soit l’issue de cette crise, elle illustre les difficultés croissantes au sein de la majorité présidentielle, déjà fragilisée par les divisions internes et les défis économiques. La question du maintien de Tabarot au gouvernement pourrait bien devenir un nouveau symbole des tensions qui traversent l’exécutif.
Philippe Tabarot est ministre délégué chargé des Comptes publics depuis décembre 2024. Il est responsable de la gestion des finances publiques et de la fiscalité au sein du gouvernement.
Son départ pourrait aggraver les tensions au sein de la majorité, déjà divisées sur la politique économique. Eric Ciotti a laissé entendre qu’il pourrait quitter la majorité si aucune sanction n’est prise, ce qui affaiblirait encore le soutien parlementaire au gouvernement.