D’après Journal du Coin, les institutions monétaires africaines expriment des craintes croissantes quant à l’influence grandissante des cryptomonnaies et des stablecoins sur les systèmes de paiement locaux. Cette préoccupation s’inscrit dans un contexte où les acteurs financiers traditionnels voient leur contrôle sur les flux financiers s’éroder progressivement.
Ce qu'il faut retenir
- Les banques centrales africaines estiment perdre le contrôle des paiements face à l’essor des cryptomonnaies et des stablecoins ;
- Les stablecoins, indexés sur des devises stables comme le dollar, gagnent en popularité sur le continent ;
- Cette tendance menace la souveraineté monétaire de plusieurs pays africains ;
- Des projets de régulation émergent pour encadrer ces nouveaux moyens de paiement.
Un défi pour la souveraineté monétaire africaine
Les banques centrales du continent africain redoutent que l’adoption massive des cryptomonnaies et des stablecoins ne fragilise leur maîtrise des politiques monétaires. Ces outils numériques, souvent utilisés pour contourner les restrictions de change ou les contrôles des capitaux, réduisent en effet la dépendance aux monnaies locales. Selon Journal du Coin, cette tendance est particulièrement marquée dans les pays où l’inflation et la dépréciation des devises rendent les stablecoins, comme l’USDT ou l’USDC, attractifs pour les populations.
Un rapport interne de la Banque centrale du Nigeria, cité par Journal du Coin, souligne que près de 35 % des transactions en cryptomonnaies en Afrique proviennent de ce pays. Une situation qui pousse les autorités à envisager des mesures restrictives pour limiter l’usage de ces actifs.
Les stablecoins, une menace pour les monnaies locales ?
Les stablecoins, ces cryptomonnaies adossées à des actifs stables comme le dollar, gagnent du terrain en Afrique. Leur popularité s’explique par leur capacité à offrir une alternative aux monnaies locales souvent instables. D’après Journal du Coin, leur volume d’échange sur le continent a augmenté de plus de 1 200 % entre 2023 et 2025, passant de 2,5 milliards de dollars à plus de 32 milliards de dollars.
Cette adoption massive inquiète les banques centrales, qui y voient un risque pour la stabilité financière. «
Les stablecoins remettent en cause notre capacité à contrôler les flux de capitaux et à mener une politique monétaire efficace », a déclaré un haut responsable de la Banque centrale du Kenya, sous couvert d’anonymat.
Vers une régulation accrue des cryptomonnaies en Afrique ?
Face à cette situation, plusieurs pays africains étudient des cadres réglementaires pour encadrer l’usage des cryptomonnaies et des stablecoins. Au Nigeria, une loi visant à interdire l’usage des stablecoins pour les transactions locales est en discussion. En Afrique du Sud, la Reserve Bank a annoncé un projet de sandbox réglementaire pour tester des solutions alternatives, tandis qu’au Ghana, les autorités monétaires réfléchissent à l’émission d’une monnaie numérique de banque centrale (MNBC) pour contrer l’influence des cryptomonnaies.
Ces initiatives s’inscrivent dans une dynamique plus large, où les banques centrales africaines cherchent à réaffirmer leur autorité face à la montée en puissance des actifs numériques. «
Nous ne pouvons plus ignorer cette tendance, a affirmé un responsable de la Banque centrale de l’Afrique de l’Ouest. Il est crucial de trouver un équilibre entre innovation et protection de notre système financier. »
Cette situation laisse entrevoir une intensification des débats sur la régulation des actifs numériques en Afrique. Reste à savoir si les banques centrales parviendront à concilier innovation financière et préservation de leur souveraineté monétaire.