Alors que l'intelligence artificielle (IA) occupe une place centrale dans les débats technologiques et stratégiques européens, Alexandre Lebrun, cofondateur et PDG d'AMI Labs, était l'invité de François Sorel ce mercredi 17 juin 2026 dans l'émission Tech & Co sur BFM Business. Il y a exposé les ambitions de son entreprise dans le domaine des World Models, tout en abordant la quête européenne de champions de l'IA, selon le média.
Cette intervention s'inscrivait dans le cadre d'une série de débats organisés par la chaîne économique, qui consacre chaque jour une émission aux enjeux technologiques majeurs. Tech & Co, diffusée du lundi au jeudi, propose ainsi une analyse approfondie des tendances et des innovations qui façonnent l'avenir numérique.
Ce qu'il faut retenir
- Alexandre Lebrun, PDG d'AMI Labs, a détaillé les ambitions de son entreprise dans le domaine des World Models lors de l'émission Tech & Co sur BFM Business.
- L'entreprise se positionne sur la conception de modèles d'IA avancés, avec une attention particulière portée à leur intégration dans des applications concrètes.
- Le débat a également porté sur la nécessité pour l'Europe de renforcer sa souveraineté technologique en matière d'IA, en favorisant l'émergence de champions locaux.
- Cette émission s'inscrit dans une programmation quotidienne dédiée à l'innovation, avec des invités issus des secteurs technologiques et industriels.
AMI Labs mise sur les World Models pour façonner l'avenir de l'IA
Alexandre Lebrun a présenté les World Models comme une innovation majeure dans le paysage de l'IA. Selon ses explications, ces modèles visent à simuler des environnements complexes et à anticiper des scénarios variés, offrant ainsi des applications potentielles dans des domaines aussi divers que la santé, la logistique ou la finance. « Les World Models permettent de créer des jumeaux numériques capables de prédire des comportements et d'optimiser des processus », a-t-il souligné lors de l'interview.
L'entreprise, fondée en 2022, s'est rapidement imposée comme un acteur clé dans le secteur de l'IA générative. Ses travaux s'appuient sur des algorithmes avancés, combinant apprentissage automatique et modélisation probabiliste. AMI Labs collabore déjà avec plusieurs partenaires industriels pour tester ses solutions dans des environnements réels, un aspect que Lebrun a tenu à souligner.
L'Europe face à la nécessité de bâtir ses propres champions de l'IA
La discussion a également porté sur la souveraineté technologique de l'Europe dans le domaine de l'IA. Alexandre Lebrun a rappelé que, malgré les avancées réalisées par des acteurs américains et chinois, l'Europe dispose d'atouts majeurs : un écosystème académique solide, des réglementations strictes en matière de protection des données, et une volonté politique de soutenir l'innovation locale. « L'Europe a les ressources pour devenir un leader mondial, mais elle doit accélérer la mise en place d'un cadre favorable à l'émergence de champions », a-t-il déclaré.
Selon lui, les initiatives publiques, comme le Partenariat européen pour l'IA, jouent un rôle clé dans cette dynamique. Cependant, Lebrun a insisté sur la nécessité d'investissements privés accrus pour combler le retard face aux géants américains. « Les startups européennes doivent être accompagnées à chaque étape de leur développement, de l'amorçage à la scalabilité », a-t-il précisé.
Tech & Co, un rendez-vous quotidien pour décrypter l'innovation
L'émission Tech & Co, diffusée chaque jour de la semaine sur BFM Business, est devenue un incontournable pour les professionnels et les passionnés de technologie. Depuis le 17 juin 2026, la chaîne accueille des dirigeants d'entreprises technologiques, des chercheurs et des experts pour discuter des tendances qui façonnent le secteur. Selon BFM Business, l'objectif est de rendre accessible des sujets complexes tout en offrant une analyse prospective.
Lors de ce mercredi 17 juin, François Sorel a également reçu Christophe Fouquet, PDG d'ASML, pour évoquer le leadership de l'entreprise néerlandaise dans le domaine des semi-conducteurs. Cette émission a permis d'aborder des enjeux cruciaux pour l'industrie technologique européenne, comme la souveraineté des chaînes d'approvisionnement et la construction d'un écosystème intégré.
Un écosystème technologique européen en construction
Le débat sur l'IA organisé par BFM Business s'inscrit dans un contexte où l'Europe tente de renforcer sa position sur la scène mondiale. Plusieurs initiatives récentes illustrent cette volonté, comme le European Chips Act, adopté en 2023 pour soutenir la production locale de semi-conducteurs, ou encore les investissements massifs dans les infrastructures cloud et les data centers.
Pour Alexandre Lebrun, l'un des défis majeurs reste la coordination entre les États membres. « Une approche fragmentée ne permettrait pas à l'Europe de rivaliser avec les États-Unis ou la Chine », a-t-il analysé. Il a cité en exemple le modèle allemand, où les partenariats public-privé ont permis de soutenir des projets ambitieux comme l'usine de puces de Intel à Magdebourg.
Alors que l'intelligence artificielle continue de transformer les industries et les sociétés, les initiatives comme celles d'AMI Labs et les débats menés dans des émissions comme Tech & Co montrent que l'Europe cherche à tracer sa voie. Reste à savoir si ces efforts suffiront à combler le retard face aux leaders mondiaux, ou si l'Europe parviendra à s'imposer comme un acteur incontournable du secteur.
Parmi les principaux concurrents d'AMI Labs dans le domaine des World Models, on retrouve des entreprises comme DeepMind (Google), NVIDIA avec ses solutions Omniverse, ou encore Aleph Alpha, une startup allemande spécialisée dans l'IA générative. Ces acteurs investissent massivement dans des technologies similaires, bien que leurs approches et leurs cibles diffèrent.
Le European Chips Act, adopté en 2023, vise à renforcer la production locale de semi-conducteurs et à réduire la dépendance de l'Europe vis-à-vis des États-Unis et de l'Asie. Il prévoit des subventions et des incitations fiscales pour les entreprises qui investissent dans des usines de puces sur le continent. Son impact se mesure déjà par l'annonce de plusieurs projets, comme l'usine d'Intel en Allemagne ou les investissements de TSMC en France et en Italie.