L’Algérie et l’Allemagne ont scellé deux nouveaux partenariats énergétiques à Alger ces derniers jours, comme le rapporte RFI. Ces accords, conclus dans un contexte de transition écologique mondiale, visent à renforcer la coopération bilatérale tout en diversifiant les sources d’énergie du pays nord-africain.

Ce qu'il faut retenir

  • Modernisation du réseau électrique : un accord financé par le ministère fédéral allemand de la Coopération économique pour numériser et moderniser le système électrique algérien.
  • Développement de l’hydrogène vert : un partenariat entre Sonatrach et VNG AG pour concrétiser des projets dédiés à cette énergie renouvelable.
  • Réduction des émissions de méthane : le second accord inclut un volet environnemental visant à limiter les rejets de gaz à effet de serre dans le secteur énergétique algérien.

Un renforcement de la coopération énergétique entre Alger et Berlin

Les deux pays ont officialisé ces accords lors d’une cérémonie à Alger, marquant une étape supplémentaire dans leurs relations économiques et technologiques. Le premier texte, porté par Berlin, concerne la modernisation du réseau électrique algérien, un secteur jugé stratégique pour soutenir la transition énergétique du pays. Selon RFI, ce projet s’inscrit dans le cadre d’un financement public allemand, soulignant l’engagement de l’Allemagne en faveur de la stabilité énergétique en Afrique du Nord.

Le second accord, conclu entre la compagnie nationale Sonatrach et l’entreprise allemande VNG AG, se concentre sur deux axes majeurs : le développement de l’hydrogène vert et la réduction des émissions de méthane. « Ce partenariat est une opportunité pour l’Algérie de se positionner comme un acteur clé dans la production d’énergies propres », a déclaré un représentant du ministère algérien de l’Énergie, cité par RFI. Côté allemand, cette collaboration permet à VNG AG d’étendre son expertise en Europe et en Afrique.

L’hydrogène vert, un enjeu commun pour les deux pays

L’Algérie dispose d’un potentiel solaire et éolien important, des atouts que l’Allemagne souhaite exploiter pour sécuriser ses approvisionnements en énergies décarbonées. Le pays européen, dépendant historiquement du gaz russe, mise désormais sur des partenariats internationaux pour diversifier ses sources. « L’hydrogène vert pourrait représenter jusqu’à 10 % de notre mix énergétique d’ici 2030 », a rappelé un porte-parole de VNG AG. Pour l’Algérie, ce projet s’aligne sur sa stratégie de réduction des émissions de CO₂, tout en valorisant ses ressources naturelles.

Par ailleurs, la question du méthane, un gaz à fort pouvoir réchauffant, est au cœur des discussions. L’Algérie, parmi les plus grands producteurs de gaz au monde, s’est engagée à réduire les fuites de méthane dans ses infrastructures, un engagement renforcé par ce partenariat avec l’Allemagne. « Chaque tonne de méthane évitée équivaut à un impact climatique équivalent à 28 tonnes de CO₂ », a précisé un expert en énergie, joint par RFI.

Un contexte énergétique en pleine mutation

Ces accords surviennent alors que l’Europe accélère sa transition vers des énergies moins polluantes. L’Allemagne, en particulier, a accéléré ses investissements dans les énergies renouvelables après la crise énergétique de 2022, consécutive à l’invasion de l’Ukraine par la Russie. Pour l’Algérie, ces partenariats offrent une opportunité de diversifier son économie, historiquement centrée sur les hydrocarbures. « Nous ne pouvons plus dépendre uniquement des exportations de pétrole et de gaz », a reconnu un haut responsable du ministère algérien de l’Énergie.

Bref, ces collaborations s’inscrivent dans une dynamique plus large de coopération Sud-Sud et Nord-Sud, où chaque partie y trouve un intérêt stratégique. L’Allemagne y voit un moyen de sécuriser ses approvisionnements, tandis que l’Algérie cherche à moderniser son secteur énergétique et à réduire son empreinte carbone.

Et maintenant ?

Les prochaines étapes dépendront de la mise en œuvre rapide des projets. Pour l’hydrogène vert, les premières études de faisabilité pourraient être lancées d’ici la fin de l’année 2026, avec une phase pilote prévue en 2027. Côté méthane, l’Algérie devra publier un plan d’action concret d’ici mars 2027 pour respecter ses engagements internationaux. Reste à voir si ces partenariats se traduiront par des investissements industriels substantiels, ou s’ils resteront à l’état de déclarations d’intention.

Quoi qu’il en soit, ces accords illustrent une tendance de fond : celle d’une Europe cherchant à sécuriser ses ressources énergétiques tout en réduisant son impact climatique. Pour l’Algérie, c’est une occasion de réinventer son modèle économique, en misant sur des partenariats gagnant-gagnant.