Un tribunal fédéral de San Jose, en Californie, doit examiner le 1er octobre 2026 les requêtes opposant Apple à OpenAI, deux acteurs majeurs de la tech en pleine guerre technologique. Selon Le Figaro, le géant de Cupertino accuse la société créatrice de ChatGPT de s’être livrée à des « actes répétés de vol délibéré » de ses secrets industriels, dans le but présumé d’accélérer le développement de ses propres appareils connectés.

Ce qu'il faut retenir

  • Apple dénonce auprès d’un tribunal fédéral des « actes répétés de vol délibéré » de ses secrets industriels par OpenAI, visant à servir ses ambitions dans le matériel.
  • Les deux entreprises, partenaires depuis l’intégration de ChatGPT dans les produits Apple en 2024, s’opposent sur la conception d’un futur appareil connecté d’OpenAI.
  • OpenAI rejette les accusations, qualifiant la plainte d’Apple de « pourrie jusqu’au trognon » et invoquant le droit californien sur la mobilité des salariés.
  • Plus de 400 anciens employés d’Apple travailleraient désormais chez OpenAI, selon la plainte initiale déposée le 10 juillet 2026.
  • Un premier produit d’OpenAI, une enceinte connectée sans écran, pourrait être lancé en 2027 pour un prix estimé entre 300 et 400 dollars.
  • L’affaire survient alors qu’OpenAI prépare une entrée en Bourse valorisée à 852 milliards de dollars et affronte une concurrence intense avec des rivaux comme Anthropic.

Une plainte pour violation de secrets industriels

Dans une requête déposée le 4 août 2026 devant le tribunal fédéral de San Jose, Apple accuse OpenAI d’avoir « incorporé » ses informations confidentielles dans le développement de ses futurs appareils connectés. Selon les avocats du groupe à la pomme, chaque jour sans injonction judiciaire permet à OpenAI d’avancer dans son projet, rendant un retour en arrière plus difficile. Apple souligne que « le préjudice se produit en ce moment même », et que « aucune indemnisation financière ne pourrait réparer » les dommages subis.

La plainte initiale, déposée le 10 juillet 2026, évoquait déjà le débauchage massif de salariés d’Apple par OpenAI, avec plus de 400 anciens employés aujourd’hui chez le créateur de ChatGPT. Ces transfuges seraient à l’origine de l’utilisation présumée de secrets industriels dans la conception des appareils d’OpenAI.

OpenAI rétorque en qualifiant la plainte de « pourrie jusqu’au trognon »

Face à ces accusations, OpenAI a riposté le 6 août 2026 en demandant au tribunal le rejet définitif du dossier. Ses avocats ont dénoncé une stratégie d’Apple visant à « compenser ses difficultés à recruter et retenir ses employés, ainsi que ses échecs à intégrer l’intelligence artificielle dans ses produits ». Ils ont ajouté que la plainte était « pourrie jusqu’au trognon », estimant qu’Apple « ne saurait être autorisé à utiliser une plainte prétexte et sans fondement » pour justifier ses poursuites.

Selon OpenAI, le droit californien encourage la mobilité des salariés, un principe qu’il qualifie de « révolutionnaire » et ayant permis à la Silicon Valley de dominer l’innovation mondiale. Les avocats du créateur de ChatGPT rappellent également qu’Apple n’a jamais allégué que le futur appareil d’OpenAI partagerait des éléments de conception ou des composants avec un produit Apple.

Un futur appareil connecté au cœur du litige

Les tensions entre les deux entreprises portent sur un projet d’OpenAI : le lancement de ses premiers objets connectés. Selon des informations rapportées par TechCrunch et Bloomberg, il s’agirait d’une enceinte connectée sans écran, conçue en collaboration avec Jony Ive, l’ancien responsable du design d’Apple. Son design circulaire, évoquant un donut, et sa taille, comparée à celle d’un palet de hockey, en feraient un produit innovant, prévu pour un lancement en 2027. OpenAI n’a jamais confirmé ces fuites, mais Apple s’appuie sur ces articles pour étayer ses accusations de vol de secrets industriels.

Dans sa plainte, Apple cite également les méthodes de recrutement d’OpenAI, accusant le directeur du matériel de la société, Tang Tan – un ancien vice-président du design chez Apple –, d’avoir utilisé le nom de code interne d’un produit non annoncé pour soutirer des informations à des candidats. Selon Apple, ces derniers étaient invités à apporter des prototypes et des fichiers de conception lors d’entretiens, une pratique qualifiée de « show and tell » – un exercice scolaire américain où l’élève présente un objet à sa classe.

OpenAI dément toute violation et pointe les failles d’Apple

De son côté, OpenAI rejette catégoriquement ces accusations. Ses avocats affirment que ses méthodes de recrutement relèvent de « pratiques ordinaires du secteur » et que Tang Tan a « répété à ses recrues et à son équipe de ne pas apporter ni divulguer d’informations confidentielles » de leurs anciens employeurs. OpenAI ajoute que « Apple n’identifie aucun secret des affaires précis » ayant été divulgué par ses équipes.

L’entreprise va plus loin en accusant Apple de négligence dans la protection de ses propres données. Selon elle, Cupertino serait resté connecté aux comptes personnels de l’ingénieur Chang Liu – l’un des deux ex-salariés poursuivis – « longtemps après son départ » du groupe. Cette faille rendrait, selon OpenAI, inopérant le droit d’Apple à invoquer le secret des affaires.

Un enjeu stratégique pour OpenAI en pleine préparation à son entrée en Bourse

Cette bataille judiciaire survient à un moment clé pour OpenAI, qui prépare une introduction en Bourse sur la base d’une valorisation estimée à 852 milliards de dollars. La société, en pleine compétition avec des rivaux comme Anthropic, cherche à affirmer sa domination dans le domaine de l’intelligence artificielle et du matériel connecté. Le conflit avec Apple pourrait, selon les analystes, compliquer ses ambitions commerciales et technologiques.

Pour Apple, cette affaire représente également un enjeu stratégique. Le groupe, qui intègre ChatGPT dans ses produits depuis 2024, doit protéger ses innovations face à des concurrents toujours plus agressifs. La société a toujours mis en avant l’attention méticuleuse portée aux détails dans la conception de ses appareils, une valeur qu’elle oppose désormais à la stratégie d’OpenAI.

Et maintenant ?

Le juge fédéral Edward J. Davila doit examiner les requêtes des deux parties lors d’une audience prévue le 1er octobre 2026. D’ici là, OpenAI pourrait tenter de démontrer l’absence de fondement juridique de la plainte, tandis qu’Apple pourrait solliciter une injonction pour suspendre le développement de l’enceinte connectée. Les deux entreprises, malgré leurs divergences, restent partenaires sur le front commercial, mais cette affaire illustre les tensions croissantes dans un secteur en pleine mutation.

Reste à voir comment le tribunal tranchera un litige qui oppose deux géants de la tech, l’un accusé de voler des secrets, l’autre de brandir une plainte infondée pour masquer ses propres échecs. Une chose est sûre : dans la Silicon Valley, la guerre des talents et des technologies ne fait que commencer.

Selon des informations rapportées par TechCrunch et Bloomberg, il s’agirait d’une enceinte connectée sans écran, conçue avec l’ancien responsable du design d’Apple, Jony Ive. Son design circulaire, évoquant un donut, et sa taille, comparée à celle d’un palet de hockey, en feraient un produit innovant, prévu pour un lancement en 2027 pour un prix estimé entre 300 et 400 dollars. OpenAI n’a jamais confirmé officiellement ces informations.