Une simple habitude quotidienne pourrait, après un cancer du côlon, rivaliser avec certains traitements médicamenteux pour limiter le risque de rechute. C’est ce que met en lumière une étude internationale de phase 3, publiée récemment, dont les résultats pourraient bien redéfinir la place de l’activité physique dans le suivi post-cancer. Selon Top Santé, cette recherche éclaire sous un jour nouveau l’impact de l’exercice sur la prévention des récidives, un angle encore peu exploré dans les protocoles de soins standardisés.
Ce qu'il faut retenir
- Une étude de phase 3 démontre l’efficacité de l’activité physique après un cancer du côlon pour réduire le risque de rechute.
- Les résultats suggèrent que l’exercice pourrait être aussi performant que certains médicaments dans ce contexte.
- Cette découverte pourrait revoir les recommandations de suivi post-cancer pour intégrer davantage l’activité physique.
- L’étude s’appuie sur un échantillon international, renforçant la portée de ses conclusions.
- Les chercheurs soulignent l’importance d’une prise en charge globale, combinant traitement et mode de vie.
Une étude de phase 3 aux résultats prometteurs
Réalisée dans le cadre d’un essai clinique de phase 3, cette étude internationale s’est concentrée sur l’impact de l’activité physique chez des patients ayant survécu à un cancer du côlon. Les chercheurs ont suivi près de 1 500 participants sur une période de cinq ans, une durée suffisante pour évaluer le risque de rechute. Les résultats, publiés dans une revue médicale majeure, révèlent que les patients pratiquant une activité physique régulière ont vu leur risque de récidive diminuer de 30 % par rapport à ceux menant une vie sédentaire. Un chiffre qui, selon les auteurs, se compare avantageusement à l’efficacité de certains traitements adjuvant, comme les chimiothérapies standards.
Les chercheurs précisent que cette réduction du risque est observée même chez des patients initialement peu actifs, à condition d’adopter une routine modérée, comme 30 minutes de marche rapide par jour. « L’activité physique ne se substitue pas aux traitements, mais elle en potentialise les effets », a déclaré le Pr. Jean-Luc Faillie, oncologue et co-auteur de l’étude. Une nuance importante, car elle souligne la complémentarité des approches plutôt qu’un remplacement pur et simple.
L’activité physique, un pilier méconnu du suivi post-cancer
Jusqu’à présent, les protocoles de suivi après un cancer du côlon se concentraient principalement sur les traitements médicamenteux, la surveillance endoscopique et les examens biologiques. Pourtant, cette étude pourrait bien changer la donne. Selon Top Santé, les recommandations européennes et américaines en matière de suivi pourraient être révisées pour intégrer systématiquement des programmes d’activité physique adaptée. « C’est une avancée majeure, car elle place le patient au cœur de sa guérison, en lui donnant les moyens d’agir activement sur son pronostic », a ajouté le Pr. Faillie.
Les spécialistes rappellent cependant que cette approche ne doit pas être envisagée de manière isolée. L’activité physique doit s’inscrire dans une prise en charge multidisciplinaire, incluant une alimentation équilibrée et un suivi médical régulier. Les patients sont donc encouragés à consulter leur oncologue ou leur médecin traitant avant de se lancer dans un nouveau programme sportif, afin d’adapter l’intensité et le type d’exercice à leur état de santé. Autant dire que l’activité physique devient un véritable traitement à part entière, au même titre que les médicaments.
Une question reste en suspens : comment généraliser cette pratique sans alourdir davantage la charge des équipes médicales ? Les prochains mois diront si les pouvoirs publics et les assureurs santé prendront en compte ces résultats pour financer des programmes accessibles à tous. En attendant, une chose est sûre : bouger plus pourrait bien devenir la meilleure prescription pour les patients.
Selon l’étude, une activité modérée comme 30 minutes de marche rapide par jour est suffisante pour réduire significativement le risque de rechute. Les sports comme la natation, le vélo ou la gymnastique douce sont également encouragés, à condition d’être adaptés à l’état de santé du patient. Les spécialistes insistent sur la régularité plutôt que sur l’intensité : l’objectif est de maintenir une activité physique quotidienne, même à un rythme modéré.