L’usine d’Arabelle Solutions, spécialisée dans les turbines et alternateurs pour centrales nucléaires, marque le retour d’un acteur industriel français sur ce marché stratégique. Selon Le Figaro, le groupe EDF a investi 350 millions d’euros pour moderniser et étendre les capacités de production de son site historique de Belfort, deux ans après le rachat de cette filiale à General Electric.

Ce qu'il faut retenir

  • EDF a repris Arabelle Solutions à GE il y a deux ans, marquant une étape clé dans la réinternalisation de la production industrielle française.
  • Un investissement de 350 millions d’euros est consacré à l’extension des activités de l’usine de Belfort, malgré des contraintes d’espace et de financement.
  • L’objectif est de répondre à la reprise des programmes nucléaires en France et à l’international, avec une stratégie axée sur la recherche de nouveaux clients et des avancées financières.
  • Avant le rachat, l’usine était sous-utilisée, entraînant des pertes financières pour le site.

Un retour sous pavillon français après une décennie sous contrôle américain

Arabelle Solutions, leader mondial des turbines et alternateurs pour centrales nucléaires, était passé sous le contrôle de General Electric (GE) il y a une dizaine d’années. Son rachat par EDF en 2024 a marqué un tournant stratégique pour l’industrie nucléaire française. Comme le rapporte Le Figaro, cette opération s’inscrit dans une logique plus large de réinternalisation des fabrications industrielles, avec l’usine de Belfort au cœur du dispositif.

La reprise du site s’accompagne d’un plan d’investissement ambitieux : 350 millions d’euros seront mobilisés pour moderniser les installations et accroître les capacités de production. Une prouesse industrielle, compte tenu des contraintes structurelles du site, notamment son manque d’espace et les défis financiers inhérents à un tel projet.

Une usine relancée grâce à une stratégie commerciale et financière offensive

Avant le rachat par EDF, l’usine de Belfort fonctionnait en dessous de ses capacités, ce qui générait des pertes pour l’entreprise. « Avant le rachat, l’usine était sous-utilisée. Quand des installations industrielles de cette taille ne tournent pas à plein, elles perdent de l’argent », a expliqué un responsable d’Arabelle Solutions au Figaro.

Pour relancer la machine, la direction a mis en place une stratégie en trois volets : la recherche active de nouveaux clients, l’obtention d’acomptes représentant 10 à 15 % du montant des contrats, et une augmentation de capital, dont le montant exact n’a pas été divulgué. Ces mesures ont été complétées par des financements bancaires, permettant à l’usine de retrouver un rythme de production soutenu.

Un pari sur la relance du nucléaire en France et à l’étranger

Cet investissement s’inscrit dans un contexte de reprise des programmes nucléaires, tant en France qu’à l’international. Plusieurs réacteurs EPR 2 sont en construction ou prévus en France, tandis que des pays comme l’Inde, la Chine ou les États-Unis manifestent un regain d’intérêt pour l’énergie nucléaire. « Nous sommes allés chercher de nouveaux clients, leur avons demandé le versement de 10 à 15 % d’acompte », a précisé un dirigeant d’Arabelle Solutions au Figaro.

L’usine de Belfort, qui emploie plusieurs centaines de salariés, joue un rôle clé dans cette dynamique. Son redémarrage complet devrait permettre à la France de renforcer son autonomie industrielle dans un secteur hautement stratégique, où la compétition internationale reste féroce.

« Avant le rachat, l’usine était sous-utilisée. Quand des installations industrielles de cette taille ne tournent pas à plein, elles perdent de l’argent. Nous sommes allés chercher de nouveaux clients, leur avons demandé le versement de 10 à 15 % d’acompte. Nous avons aussi obtenu une augmentation de capital – dont je tairai le montant – de la part de notre actionnaire EDF et des financements bancaires. »
— Un responsable d’Arabelle Solutions, cité par Le Figaro

Et maintenant ?

Les prochains mois seront déterminants pour Arabelle Solutions. Si la stratégie de relance porte ses fruits, l’usine de Belfort pourrait retrouver d’ici 2027-2028 ses pleines capacités de production, avec un impact positif sur l’emploi local et la balance commerciale française. Une première commande majeure, encore en négociation, pourrait être annoncée d’ici la fin de l’année. Reste à voir si ce plan d’investissement suffira à compenser les retards accumulés sous le précédent management et à faire face à la concurrence internationale.

La réussite de ce pari dépendra aussi de la capacité d’EDF à sécuriser de nouveaux contrats à l’export, dans un marché où les acteurs américains et chinois se positionnent agressivement. Enfin, la montée en puissance des réacteurs EPR 2 en France, dont les premières unités devraient entrer en service à partir de 2030, constituera un test grandeur nature pour les turbines produites à Belfort.

EDF a repris Arabelle Solutions pour relancer la production industrielle française dans le secteur nucléaire, renforcer son autonomie stratégique et répondre à la demande croissante de turbines pour les nouveaux réacteurs, tant en France qu’à l’international. Ce rachat s’inscrit dans une politique de réinternalisation des savoir-faire industriels clés pour le pays.