Depuis le début du mois de juin 2026, des élèves du lycée Diwan de Vannes, dans le Morbihan, ont obtenu le droit de composer en breton lors de l’épreuve anticipée de mathématiques du baccalauréat. Une première pour ces lycéens scolarisés dans un établissement immersif où le breton est la langue principale d’enseignement. Pourtant, le rectorat avait initialement refusé de corriger leurs copies, avant de revenir sur sa décision sous la pression. Ouest France révèle les détails de cette séquence inédite.
Ce qu'il faut retenir
- Des élèves du lycée Diwan de Vannes (Morbihan) ont demandé à composer en breton pour l’épreuve anticipée de mathématiques du bac 2026.
- Le rectorat a d’abord refusé de corriger leurs copies, invoquant l’absence de consignes spécifiques pour cette langue régionale.
- Après une mobilisation des élèves et des enseignants, l’administration a finalement cédé et accepté de corriger les copies en breton.
- Cette épreuve s’inscrit dans le cadre d’un enseignement immersif où le breton est la langue principale d’apprentissage.
- Les résultats de ces copies, rédigées en breton, ne seront connus qu’après la publication des notes officielles du bac.
Une demande militante portée par des lycéens engagés
Depuis plusieurs semaines, une vingtaine d’élèves du lycée Diwan de Vannes militaient pour que leur épreuve de mathématiques soit rédigée en breton. Pour eux, il s’agissait d’une question de cohérence : « J’ai voulu le faire pour militer », a expliqué l’un d’eux à Ouest France. Leur demande s’inscrivait dans la continuité d’un parcours scolaire où le breton est la langue principale, tant à l’oral qu’à l’écrit. Autant dire que composer en français pour cette épreuve représentait une rupture avec leur apprentissage quotidien.
Leur démarche s’inscrit aussi dans un contexte plus large de reconnaissance des langues régionales. En Bretagne, les établissements Diwan, qui enseignent en breton, sont souvent perçus comme des laboratoires d’innovation pédagogique. Pourtant, cette initiative a heurté les habitudes administratives. Sans consignes claires pour gérer une telle demande, le rectorat a d’abord opposé un refus catégorique : les copies ne seraient pas corrigées.
Un bras de fer administratif qui tourne au compromis
Face au refus initial, les élèves et leurs enseignants ont alerté la presse et mobilisé les associations de défense de la langue bretonne. La pression médiatique et politique a finalement conduit le rectorat à reconsidérer sa position. Mardi 10 juin, soit une semaine avant l’épreuve, l’administration a annoncé qu’elle accepterait de corriger les copies rédigées en breton. « Nous avons adapté nos procédures pour répondre à cette demande légitime », a précisé un responsable du rectorat d’académie de Rennes, sans davantage de détails.
Cette décision a été saluée par les défenseurs des langues régionales, mais elle laisse planer quelques incertitudes. En effet, les correcteurs, habitués à évaluer des copies en français, devront désormais composer avec des textes rédigés dans une langue qu’ils maîtrisent parfois mal. Pour autant, aucun aménagement spécifique n’a été prévu pour cette session, si ce n’est une grille de correction adaptée.
Cette affaire soulève en effet une question plus large : comment concilier la rigueur administrative et la reconnaissance des particularismes linguistiques ? Pour les élèves de Diwan, la réponse semble évidente. « C’est une victoire pour la langue bretonne, mais surtout pour la cohérence éducative », a résumé un enseignant du lycée. Une victoire qui, si elle se confirme, pourrait inspirer d’autres initiatives ailleurs en France.
Le rectorat d’académie de Rennes a justifié son refus initial par l’absence de consignes spécifiques pour la correction de copies rédigées en langue régionale. Aucune grille de notation adaptée n’étant prévue, l’administration a craint des difficultés pour évaluer équitablement les copies. Cette position a finalement évolué sous la pression médiatique et politique.