Alors que les températures dépassaient les 35 °C fin mai 2026, des Parisiens ont bravé les interdits pour se rafraîchir dans les eaux de la Seine et du canal Saint-Martin, selon Courrier International. Ces scènes de baignades spontanées, filmées et partagées massivement sur les réseaux sociaux, rappellent une pratique bien moins tolérée en France qu’en Suisse, où la baignade en rivière s’inscrit dans la tradition urbaine.
Ce qu'il faut retenir
- Des températures atteignant 35 °C fin mai 2026 ont poussé des Parisiens à se baigner dans la Seine et le canal Saint-Martin, malgré l’absence d’autorisation en dehors des zones aménagées.
- En 2025, seules deux zones de baignade avaient été ouvertes au public à Paris, du premier week-end de juillet à septembre, avec des créneaux horaires limités.
- À Genève, la Jonction attire chaque été des centaines de baigneurs, illustrant une pratique bien plus ancrée en Suisse.
- L’assainissement des cours d’eau parisiens, accéléré pour les Jeux olympiques de 2024, permet désormais une baignade encadrée, mais reste insuffisant pour couvrir la demande estivale.
Les images de jeunes sautant du haut des ponts du Xe arrondissement de Paris ont rapidement circulé en ligne, symbolisant un engouement nouveau pour la baignade urbaine. Pourtant, cette pratique reste officiellement interdite en dehors des zones aménagées, qui ne seront accessibles qu’à partir de juillet 2026. L’an passé, seules deux portions de la Seine et du canal Saint-Martin avaient été ouvertes au public, avec des créneaux horaires stricts : les mercredis de 12 heures à 15 h 30 et les dimanches de 13 heures à 17 heures, du premier week-end de juillet jusqu’à septembre. Une organisation qui peine à répondre à l’afflux estival.
Cette situation contraste fortement avec celle de Genève, où la Jonction, ce lieu emblématique de la baignade en ville, accueille chaque année des centaines de baigneurs. Sur les pontons de bois ou le long du sentier des Saules, jusqu’à la pointe et sa buvette, les Genevois profitent d’un cadre bien plus flexible. Certains optent même pour des activités nautiques comme le paddle ou les bateaux gonflables, transformant la baignade en véritable rituel estival.
Cette différence de traitement s’explique en partie par l’histoire et la géographie des deux villes. À Paris, la pollution historique de la Seine a longtemps interdit toute baignade, avant que les travaux d’assainissement lancés pour les Jeux olympiques de 2024 ne rendent l’idée envisageable. « La qualité de l’eau s’est significativement améliorée ces dernières années, permettant une baignade encadrée », a confirmé un porte-parole de la mairie de Paris. Pourtant, les autorités restent prudentes, limitant les zones accessibles pour éviter tout risque sanitaire.
« La baignade sauvage n’est pas une option à Paris, même si la tentation est grande par temps de canicule. Les eaux de la Seine, bien que moins polluées qu’avant, restent sous surveillance constante. »
— Un responsable de la police municipale de Paris
Côté suisse, la tradition de la baignade en ville remonte à plusieurs décennies. À Genève, la Jonction est un lieu de sociabilité autant que de détente, où les baigneurs se mêlent aux familles et aux sportifs. « Ici, on ne parle pas de baignade sauvage, mais d’une pratique culturelle », explique un habitué du site. Cette différence de perception reflète une relation distincte entre les citadins et leur environnement aquatique : en Suisse, l’eau est perçue comme un espace public accessible, tandis qu’à Paris, elle reste un espace contrôlé, même après des années d’efforts.
Pourtant, la pression des baigneurs informels pourrait pousser les autorités parisiennes à assouplir leurs règles. « On observe une demande croissante, notamment chez les jeunes générations, pour qui la baignade en ville est devenue une norme dans d’autres pays européens », note un urbaniste spécialisé dans les espaces publics. Une évolution qui pourrait s’accélérer avec le réchauffement climatique, rendant les épisodes de canicule plus fréquents et intenses.
Cette disparité entre la France et la Suisse illustre des approches contrastées face à l’adaptation des villes au changement climatique. Alors que Paris mise sur un encadrement strict pour préserver la qualité de l’eau, Genève mise sur une intégration naturelle de la baignade dans le paysage urbain. Une différence qui pourrait bien s’accentuer dans les années à venir, à mesure que les vagues de chaleur se multiplieront.
En 2026, Paris ouvre trois zones de baignade officielles : deux sur la Seine (au niveau du pont de l’Alma et du pont des Arts) et une sur le canal Saint-Martin (quai de la Loire). Ces espaces seront accessibles du premier week-end de juillet à septembre, avec des horaires variables selon les jours.
Malgré les efforts d’assainissement, les autorités parisiennes maintiennent une interdiction stricte pour limiter les risques sanitaires. Les eaux de la Seine, bien que moins polluées qu’avant les Jeux olympiques de 2024, restent soumises à des contrôles réguliers. Des bactéries comme l’Escherichia coli peuvent encore présenter un danger après de fortes pluies.