Selon Le Monde, Benoît Cœuré, président de l’Autorité de la concurrence, a exprimé ses réserves quant à l’opération de rachat de SFR par Bouygues Telecom, Free et Orange. Dans un entretien accordé au quotidien, il souligne les risques pour les consommateurs, notamment en termes de hausse des prix des abonnements mobiles et d’éventuelle coordination entre les opérateurs restants.

Ce qu'il faut retenir

  • Réduction à trois opérateurs : Le rachat de SFR réduirait le marché français de quatre à trois opérateurs majeurs, une configuration inédite depuis des années.
  • Risque de hausse des prix : Benoît Cœuré craint une augmentation des tarifs pour les consommateurs en raison de la baisse de la concurrence.
  • Coordination entre opérateurs : Le président de l’Autorité de la concurrence s’interroge sur les risques de collusion entre les trois repreneurs de SFR.
  • Position officielle : L’institution a été saisie du dossier et étudie les implications concurrentielles de cette opération.
  • SFR en difficulté : Le groupe Iliad (propriétaire de Free) a récemment pris une participation majoritaire dans SFR, un rachat contesté par les concurrents.

Un marché mobile déjà concentré

La France compte actuellement quatre grands opérateurs de téléphonie mobile : Orange, SFR, Bouygues Telecom et Free Mobile. Depuis des années, les autorités de régulation surveillent de près ce secteur, où la concurrence reste un enjeu majeur pour les prix pratiqués auprès des consommateurs. Le rachat de SFR par les trois autres opérateurs modifierait radicalement cette configuration, réduisant le nombre de acteurs à trois. Cette opération soulève donc des questions sur l’évolution future du marché, d’autant plus que les tarifs mobiles en France figurent parmi les plus bas d’Europe.

Pour Benoît Cœuré, la situation n’est pas anodine. Selon ses déclarations,

« l’opération de rachat de SFR par Bouygues Telecom, Free et Orange ne va pas de soi »
en raison des risques concurrentiels qu’elle engendrerait. L’Autorité de la concurrence craint notamment que la réduction du nombre d’opérateurs ne facilite une coordination implicite ou explicite entre les acteurs restants, limitant ainsi la pression à la baisse sur les prix.

Les craintes de l’Autorité de la concurrence

Dans son analyse, Benoît Cœuré a pointé deux risques majeurs. D’abord, une hausse des abonnements mobiles, conséquence logique d’une concurrence amoindrie. Ensuite, une possible collusion entre les opérateurs, qui pourraient ajuster leurs stratégies tarifaires ou commerciales pour éviter une guerre des prix. Cette dernière hypothèse est particulièrement surveillée par les régulateurs, car elle contreviendrait aux principes de concurrence loyale.

L’Autorité de la concurrence a déjà été saisie du dossier, mais aucun calendrier précis n’a été communiqué quant à la publication de ses conclusions. Pour rappel, le groupe Iliad (Free) a finalisé en début d’année 2026 l’acquisition d’une part majoritaire dans SFR, un mouvement qui a suscité des réactions vives de la part des concurrents. Les trois opérateurs souhaitant reprendre SFR devront donc convaincre le gendarme de la concurrence de la légitimité de leur projet.

Et maintenant ?

L’Autorité de la concurrence dispose désormais d’un délai pour examiner en détail les implications de cette opération. Une décision devrait être rendue d’ici la fin de l’été 2026, selon les observateurs du secteur. Si l’institution donne son feu vert, le marché mobile français basculera dans une nouvelle ère, marquée par la domination de trois acteurs. En cas de refus ou de conditions strictes, les opérateurs devront revoir leur copie, ce qui pourrait retarder ou modifier significativement le projet.

Reste à savoir si les garanties proposées par Bouygues Telecom, Free et Orange suffiront à lever les inquiétudes de l’Autorité. Les consommateurs, eux, pourraient voir leurs abonnements augmenter si la concurrence venait à se réduire. Un enjeu de taille pour un secteur déjà sous haute surveillance.

Benoît Cœuré craint avant tout une hausse des prix pour les consommateurs et une coordination entre les trois opérateurs restants. La réduction du nombre d’acteurs sur le marché pourrait en effet limiter la concurrence et favoriser des ententes tacites ou explicites sur les tarifs.