Paris, le 20 mai 2026 — Le bisphénol A, substance chimique controversée, a été interdit dans les tickets de caisse en 2020. Pourtant, son remplaçant, le bisphénol S (BPS), présenterait des risques tout aussi préoccupants pour la santé. Dix secondes de contact suffisent à dépasser les seuils d’exposition considérés comme sûrs par les autorités sanitaires. Journal du Geek révèle ces éléments dans un article publié en 2026, mettant en lumière l’évolution des perturbateurs endocriniens dans les objets du quotidien.

Ce qu'il faut retenir

  • Interdiction du bisphénol A en 2020 : la substance a été retirée des tickets de caisse après des années de débats sur sa toxicité.
  • Remplacement par le BPS : le bisphénol S a été présenté comme une alternative « sûre », mais les études récentes remettent en cause cette affirmation.
  • Seuils d’exposition dépassés en dix secondes : un contact bref suffit à absorber une quantité de BPS jugée préoccupante par les scientifiques.
  • Risques pour la santé : le BPS est suspecté d’être un perturbateur endocrinien, avec des effets potentiels sur la fertilité et le développement.
  • Absence de réglementation renforcée : malgré ces alertes, les pouvoirs publics n’ont pas encore imposé de mesures strictes pour limiter l’exposition au BPS.

Une interdiction incomplète : le bisphénol A banni, mais pas ses dérivés

En 2017, l’Union européenne a acté l’interdiction progressive du bisphénol A dans les tickets de caisse et les emballages alimentaires. La mesure est entrée en vigueur en janvier 2020, sous la pression des associations de consommateurs et des études pointant ses effets néfastes. « Le bisphénol A était déjà connu pour ses propriétés de perturbateur endocrinien, lié à des risques accrus de cancers hormono-dépendants et de troubles de la reproduction », rappelle Journal du Geek. Pourtant, la substitution par le bisphénol S (BPS) n’a pas résolu le problème. Les industriels ont simplement remplacé une molécule par une autre, sans évaluer pleinement les risques associés au BPS.

Le BPS : une alternative tout aussi dangereuse ?

Selon les dernières données scientifiques, le BPS présente des propriétés similaires à celles du bisphénol A. Des études publiées dans des revues comme Environmental Health Perspectives ou Chemosphere ont montré que le BPS pouvait interférer avec le système hormonal, notamment chez les fœtus et les jeunes enfants. « Les seuils d’alerte sont dépassés en seulement dix secondes de contact avec un ticket imprimé avec de l’encre contenant du BPS », souligne Journal du Geek. Cette rapidité d’absorption soulève des questions sur l’efficacité des mesures prises en 2020.

Une exposition quotidienne sous-estimée

Les tickets de caisse ne sont qu’un exemple parmi d’autres de notre exposition au BPS. La substance est également présente dans certains emballages alimentaires, plastiques et même dans les billets de banque. « On la retrouve dans des produits que l’on manipule tous les jours, sans forcément en avoir conscience », explique Journal du Geek. Contrairement au bisphénol A, dont la présence a été réduite dans de nombreux produits, le BPS reste largement utilisé, faute de réglementation stricte. En France, l’Agence nationale de sécurité sanitaire (ANSES) a appelé à une vigilance accrue, mais aucune mesure contraignante n’a encore été adoptée.

Les consommateurs sont donc exposés à ce perturbateur endocrinien sans toujours en connaître les risques. Les études épidémiologiques en cours pourraient apporter des réponses plus précises dans les années à venir, mais pour l’heure, l’incertitude persiste.

Et maintenant ?

Plusieurs pistes sont évoquées pour réduire l’exposition au BPS. L’Union européenne pourrait prochainement réévaluer la dangerosité de cette substance et, le cas échéant, étendre les restrictions déjà en place pour le bisphénol A. Par ailleurs, des alternatives aux tickets thermiques — comme les reçus numériques — gagnent en popularité, notamment dans les secteurs du commerce et de la restauration. Une enquête de l’ANSES, dont les résultats sont attendus pour fin 2026, pourrait également influencer les décisions réglementaires. En attendant, les associations de consommateurs appellent à une prise de conscience collective et à des gestes simples, comme éviter de garder les tickets de caisse dans son portefeuille ou ses poches.

L’affaire illustre une fois de plus les défis posés par les substituts chimiques, souvent présentés comme des solutions « sûres » avant que de nouvelles études ne révèlent leurs dangers. Comme le rappelle Journal du Geek, « l’histoire du bisphénol A et de son remplaçant devrait servir de leçon ».

Plusieurs gestes simples permettent de limiter les risques : privilégier les reçus numériques, éviter de manipuler les tickets de caisse trop longtemps, et ne pas les stocker dans son portefeuille ou ses poches. Certains commerces proposent désormais des reçus par e-mail ou SMS, une alternative à considérer.