Arthur Hayes, cofondateur de BitMEX et directeur des investissements de Maelstrom, a récemment révisé ses objectifs pour le Bitcoin (BTC) en 2026. Selon Cryptoast, le prix de référence du Bitcoin, qui était initialement estimé à 500 000 dollars en fin d’année, a été abaissé à 125 000 dollars. Cette révision intervient dans un contexte de changements majeurs dans l’analyse macroéconomique et réglementaire qui pèse sur les actifs numériques.
Ce qu'il faut retenir
- Arthur Hayes, figure emblématique du secteur crypto, ajuste ses prévisions pour le Bitcoin en 2026, passant de 500 000 $ à 125 000 $.
- Cette révision s’explique par une analyse intégrant désormais l’impact de l’intelligence artificielle sur la productivité et la politique monétaire de la Fed.
- Hayes estime que le Bitcoin, sans une expansion monétaire soutenue, pourrait suivre la tendance des actions technologiques.
- Le récent repli du Bitcoin sous les 77 000 $ pourrait, selon lui, confirmer cette tendance.
- Le cofondateur de BitMEX souligne que la régulation américaine, notamment la CLARITY Act, ne modifie pas la valeur fondamentale du Bitcoin, liée à son utilité hors du système traditionnel.
Une révision des prévisions motivée par l’évolution des politiques monétaires
Arthur Hayes n’en est pas à son coup d’essai en matière de prévisions audacieuses. En novembre 2024, il avait anticipé une hausse du Bitcoin jusqu’à 1 million de dollars, une projection liée à l’élection de Donald Trump. Pourtant, les conditions économiques ont évolué, et l’effet « Trump » s’est estompé. Hayes intègre désormais une nouvelle variable dans ses analyses : l’impact de l’intelligence artificielle (IA) sur la productivité, telle qu’envisagée par la Réserve fédérale américaine (Fed).
D’après ses observations, la Fed et d’autres banques centrales considèrent que l’IA est un levier de croissance et d’inflation maîtrisée. Autant dire que, selon Hayes, elles pourraient réduire leurs injections de liquidités. Or, le Bitcoin repose en partie sur l’équation haussière liée à la liquidité disponible et à son offre fixe. Face à cette situation, Hayes voit dans le cours du Bitcoin un indicateur avancé des tensions sur les marchés : « Le Bitcoin hurle : ‘On n’imprime pas assez d’argent, on ne reconnaît pas qu’un problème va se produire dans les six à douze prochains mois’ », a-t-il déclaré.
Le Bitcoin, un actif menacé par sa propre normalisation
Hayes met en garde contre une normalisation du Bitcoin, qui le transformerait en un actif financier classique. Pour lui, la valeur du Bitcoin réside dans son utilité en dehors du système bancaire traditionnel. « Si le Bitcoin devient juste un actif comme un autre dans un bilan bancaire, il perd tout son intérêt », a-t-il souligné. Cette vision s’oppose à celle d’une adoption progressive par les institutions financières, incarnée par des initiatives réglementaires comme la CLARITY Act aux États-Unis.
Hayes reste sceptique quant à l’impact de cette régulation. Selon lui, la valeur du Bitcoin ne dépend pas de son intégration dans le système traditionnel, mais de sa capacité à permettre des transferts de valeur hors de tout contrôle étatique. Une position qui rappelle les fondements mêmes de la décentralisation, chère aux partisans des cryptomonnaies.
Un marché en tension, entre spéculation et réalité économique
Sans un assouplissement monétaire, Hayes anticipe une baisse du Bitcoin, calquée sur celle des actions technologiques. Le récent retour du cours sous la barre des 77 000 $ pourrait, selon lui, préfigurer cette tendance. Cependant, il n’exclut pas un rebond lié à des facteurs exogènes, comme les dépenses massives engagées pour la réindustrialisation de l’Occident ou les investissements militaires. « La quantité d’argent qui va être créée pour réindustrialiser le monde occidental et produire davantage d’armement va propulser le Bitcoin à la hausse », a-t-il expliqué.
Cette analyse contraste avec les attentes d’une partie du marché, qui mise sur une adoption institutionnelle et une hausse continue du prix du Bitcoin. Hayes rappelle que la corrélation entre liquidité et performance des actifs numériques reste un pilier de sa valorisation. Sans cette liquidité, le Bitcoin perdrait l’un de ses principaux moteurs.
La révision des prévisions par Arthur Hayes illustre la volatilité des anticipations dans le secteur crypto, où les facteurs macroéconomiques et réglementaires pèsent autant que les dynamiques technologiques. Si ses nouvelles projections devaient se vérifier, 2026 s’annonce comme une année de clarification pour le Bitcoin, entre normalisation et résistance à l’assimilation par le système financier traditionnel.
Hayes a révisé ses prévisions en intégrant dans son analyse l’impact de l’intelligence artificielle sur la productivité et les politiques monétaires. Selon lui, la Fed pourrait réduire ses injections de liquidités, un facteur clé pour la valorisation du Bitcoin, dont le cours dépend en partie de la liquidité disponible.
Non, selon Hayes. Il estime que la régulation, comme la CLARITY Act, ne modifie pas la valeur fondamentale du Bitcoin, liée à son utilité en dehors du système bancaire traditionnel. Pour lui, cette régulation ne fait que confirmer son rôle de réserve de valeur décentralisée.