Entre le 28 février et le 9 mai 2026, les autorités iraniennes ont procédé à au moins 4 023 arrestations, principalement pour des motifs liés à l’espionnage ou à des menaces présumées contre la sécurité nationale, révèle l’ONG Human Rights Activists News Agency, comme le rapporte Le Monde. Ces chiffres, rendus publics lundi 18 mai, illustrent l’intensification des mesures répressives en Iran depuis le début du conflit au Moyen-Orient.

Ce qu'il faut retenir

  • Plus de 4 000 arrestations ont été recensées entre le 28 février et le 9 mai 2026 en Iran.
  • Les motifs invoqués incluent l’espionnage et les menaces contre la sécurité nationale.
  • L’ONG dénonce l’utilisation du conflit comme prétexte pour justifier des restrictions accrues des libertés.
  • Les arrestations s’accompagnent de violences contre des civils et de limitations de la liberté d’expression.

D’après l’ONG, ces arrestations massives s’inscrivent dans une stratégie plus large visant à museler toute forme de dissidence. « Les autorités iraniennes se sont servies du conflit pour (…) justifier des arrestations, des restrictions à la liberté d’expression et des violences contre des civils », précise l’organisation dans un communiqué. Ces mesures, selon l’ONG, viseraient à étouffer les voix critiques et à renforcer le contrôle politique sous couvert de sécurité nationale.

Le contexte géopolitique actuel au Moyen-Orient joue un rôle central dans cette escalade répressive. Depuis le début des hostilités, Téhéran a multiplié les déclarations hostiles envers certains acteurs régionaux, tout en renforçant ses propres dispositifs de surveillance interne. Les arrestations concernent aussi bien des journalistes que des militants des droits humains ou des simples citoyens accusés de collusion avec des puissances étrangères.

« Les autorités iraniennes se sont servies du conflit pour justifier des arrestations, des restrictions à la liberté d’expression et des violences contre des civils. »
Human Rights Activists News Agency, citée par Le Monde

Ces données, publiées alors que les tensions régionales restent à leur paroxysme, soulèvent des inquiétudes quant à l’avenir des libertés fondamentales en Iran. Plusieurs organisations de défense des droits humains ont déjà alerté sur la détérioration de la situation depuis le début de l’année, évoquant une « chasse aux sorcières » orchestrée par les services de sécurité. Les familles des personnes arrêtées dénoncent des conditions de détention souvent opaques, sans accès à un avocat ou à un procès équitable.

Et maintenant ?

Une réunion d’urgence du Conseil des droits de l’homme de l’ONU est prévue pour la fin du mois de mai 2026 afin d’examiner la situation en Iran. Plusieurs pays occidentaux ont déjà annoncé leur intention de soumettre une résolution condamnant ces arrestations arbitraires. Dans l’immédiat, les observateurs s’attendent à une intensification des pressions diplomatiques, sans que l’on puisse encore prédire une réponse concrète de Téhéran.

La communauté internationale, divisée sur la stratégie à adopter, devra trancher entre des sanctions ciblées ou une approche plus diplomatique pour tenter d’infléchir la politique iranienne. Reste à savoir si ces mesures suffiront à faire plier le régime, ou si la répression continuera de s’aggraver.