Le second tour de l’élection présidentielle péruvienne opposera la candidate de droite Keiko Fujimori à son adversaire de gauche Roberto Sánchez, selon les résultats officiels du premier tour annoncés dimanche 17 mai par l’autorité électorale. Ce scrutin, organisé cinq semaines après le premier vote, s’annonce particulièrement polarisé, dans un contexte économique et politique déjà tendu.
Ce qu'il faut retenir
- Keiko Fujimori, fille de l’ancien président Alberto Fujimori, arrive en tête du premier tour avec 17,1 % des suffrages, selon les chiffres définitifs.
- Roberto Sánchez se qualifie pour le second tour avec 12 % des voix, confirmant une avancée significative de la gauche dans ce scrutin.
- Le second tour est fixé au 7 juin 2026, cinq semaines après le premier tour qui s’est tenu le 10 mai.
- Les deux candidats incarnent des visions opposées, notamment sur la gestion économique du pays, thème central de la campagne.
Un second tour marqué par une polarisation accrue
Keiko Fujimori, figure historique de la droite péruvienne, et Roberto Sánchez, représentant de la gauche, ont obtenu les scores les plus élevés lors du premier tour, devant une vingtaine de candidats. Leur confrontation au second tour reflète les profondes divisions qui traversent le pays, tant sur le plan politique qu’économique. « Le second tour s’annonce très polarisé », a souligné Lissell Quiroz, historienne et professeure d’études latino-américaines à CY Cergy Paris Université, dans un entretien accordé à RFI.
Le Pérou, confronté à une inflation persistante et à une croissance économique atone, voit les enjeux économiques occuper une place centrale dans la campagne. Keiko Fujimori, héritière d’un héritage politique controversé en raison du passé autoritaire de son père, mise sur une ligne libérale pour relancer l’économie. De son côté, Roberto Sánchez défend des mesures plus interventionnistes, notamment en matière de redistribution et de protection sociale.
Un scrutin sous haute tension
L’annonce des résultats du premier tour a été suivie de près par les observateurs internationaux, le Pérou étant l’un des pays les plus inégalitaires d’Amérique latine. Les tensions politiques, déjà vives depuis plusieurs années, pourraient s’exacerber lors de la campagne pour le second tour. Les deux candidats devront mobiliser leurs bases respectives, alors que l’abstention reste un enjeu majeur dans ce type de scrutin.
Les observateurs notent que le paysage politique péruvien est particulièrement fragmenté, avec une défiance marquée envers les partis traditionnels. Keiko Fujimori, déjà candidate en 2011, 2016 et 2021, bénéficie d’une base électorale fidèle, tandis que Roberto Sánchez, moins connu du grand public il y a encore quelques mois, a su capter l’attention des électeurs mécontents de la gestion économique actuelle.
En attendant, les Péruviens sont appelés à se mobiliser massivement pour ce second tour, dans un contexte où chaque voix pourrait faire la différence. Les résultats définitifs seront proclamés dans les 48 heures suivant la clôture des bureaux de vote, conformément à la loi électorale.
Keiko Fujimori propose une politique économique libérale, axée sur la réduction des dépenses publiques, la simplification administrative et l’attractivité des investissements étrangers. Roberto Sánchez, lui, défend un plan plus interventionniste, avec des mesures de redistribution des richesses, une hausse des salaires minimums et un renforcement des services publics. Ces deux visions opposées reflètent les clivages profonds du pays sur la gestion de l’économie.