Alors que l’échéance présidentielle de 2027 se précise, les deux principaux candidats du « bloc central » – Édouard Philippe et Gabriel Attal – peinent à s’accorder sur la méthode pour désigner un représentant unique face à la gauche et à l’extrême droite. Selon Le Figaro, les négociations entre Renaissance, Horizons, MoDem, UDI et Parti radical se sont de nouveau heurtées mercredi 10 juin, lors d’un déjeuner au Sénat, sans qu’aucune avancée concrète ne soit enregistrée.
Ce qu'il faut retenir
- Un déjeuner au Sénat le 10 juin 2026 entre les partis du bloc central n’a pas permis de trancher entre une primaire ou un choix par les sondages.
- Gabriel Attal s’en remet aux « dynamiques des enquêtes d’opinion », mais n’exclut pas une primaire, contrairement à Édouard Philippe.
- Ce dernier a jugé la primaire « pas possible » et « pas à la hauteur des enjeux », selon des déclarations rapportées par Le Figaro.
- Les deux hommes restent en désaccord malgré les appels de leurs équipes au rassemblement.
- L’échéance pour une décision est fixée à début 2027, dans un contexte de fortes tensions internes.
Le repas organisé au Sénat, sans éclats verbaux, a surtout confirmé l’absence de compromis. Gabriel Attal mise sur sa popularité dans les sondages pour s’imposer, tandis qu’Édouard Philippe, favori des études d’opinion, rejette catégoriquement l’idée d’une primaire. « La primaire n’est pas possible, faute de périmètre clair et de temps pour l’organiser », a-t-il affirmé mercredi matin, avant d’ajouter : « Elle n’est pas à la hauteur des enjeux. » Une position ferme qui contraste avec les déclarations plus nuancées de son rival.
Interrogé lors de son passage sur Brut le 24 mai, Gabriel Attal n’avait pas fermé la porte à une primaire, bien qu’il privilégie une solution par les sondages. Cette flexibilité relative ne suffit pas à apaiser les tensions au sein du bloc central. Les deux camps multiplient les appels à l’unité en public, mais les négociations révèlent des lignes de fracture persistantes. Les partis alliés – MoDem, UDI et Parti radical – tentent de jouer les médiateurs, sans succès pour l’instant.
Cette situation survient dans un contexte politique déjà tendu. Les divisions au sein de la majorité présidentielle, exacerbées par des affaires comme celle de Lyhanna, compliquent encore la recherche d’un consensus. Emmanuel Macron, dont Gabriel Attal s’inspire ouvertement, avait lui-même évité une primaire en 2017, privilégiant un choix interne avant de s’imposer comme candidat naturel. Le bloc central, qui regroupe des forces politiques traditionnellement rivales, doit désormais trancher une question cruciale : comment éviter une fragmentation des voix au premier tour de 2027 ?
Une primaire : une option écartée, mais pas enterrée
Si Édouard Philippe a balayé l’idée d’une primaire, ses arguments ne convainquent pas totalement ses adversaires. Pour lui, l’organisation d’un tel scrutin prendrait trop de temps et manquerait de clarté, alors que le calendrier électoral se resserre. Pourtant, certains alliés, notamment au MoDem, estiment qu’une primaire pourrait renforcer la légitimité du candidat désigné. « On ne peut pas se contenter de sondages pour choisir un représentant », confie un cadre centriste sous couvert d’anonymat.
Gabriel Attal, lui, mise sur sa dynamique personnelle. Son recentrage sur les valeurs centristes et son positionnement comme héritier de Macron lui valent une popularité croissante dans les enquêtes d’opinion. Cependant, cette stratégie comporte des risques : en s’appuyant uniquement sur les sondages, il pourrait apparaître comme un candidat « parachuté », loin des réalités militantes. « Attal est en train de reproduire le scénario Macron de 2016, mais avec moins de marge de manœuvre », analyse un observateur politique.
Les enjeux d’une candidature unique
La question d’une candidature unique au sein du bloc central dépasse le simple cadre électoral. Elle engage l’avenir politique d’une partie de la droite et du centre, dans un paysage fragmenté où LREM (devenu Renaissance) a perdu une partie de son hégémonie. Sans accord, le risque est grand de voir s’affaiblir encore la représentation de cette famille politique, déjà fragilisée par les défaites successives aux législatives et aux européennes.
Les partis alliés, comme l’UDI ou le Parti radical, pourraient se retrouver marginalisés si le choix se porte exclusivement sur l’un des deux favoris. « Nous ne sommes pas là pour servir de caution à un camp ou à un autre », souligne un responsable radical. Cette tension reflète les divisions historiques entre libéraux et sociaux-démocrates, que le bloc central peine à surmonter malgré les déclarations d’union.
Quoi qu’il en soit, la date butoir de début 2027 approche. Dans ce contexte, chaque jour compte. Les sondages, qui donnent actuellement Édouard Philippe en tête, pourraient-ils être inversés par une dynamique inattendue ? Autant dire que la bataille pour la tête de l’opposition au pouvoir reste entièrement à écrire.
Selon ses déclarations rapportées par Le Figaro, il estime qu’une primaire « n’est pas possible » en raison d’un « périmètre clair » insuffisant et d’un manque de temps pour l’organiser. Il considère également que cette méthode « n’est pas à la hauteur des enjeux » pour un scrutin présidentiel.