Deux mois après le début du conflit au Moyen-Orient, le détroit d’Ormuz, artère vitale du commerce mondial, reste bloqué par l’Iran. Selon RFI, cette situation met à rude épreuve les économies des pays du Golfe, qui dépendent largement de ce passage pour exporter leur pétrole et leur gaz vers les marchés internationaux. Le détroit ne sert pas uniquement au transport d’hydrocarbures : il constitue également la porte d’entrée de nombreuses marchandises destinées à l’Europe, à l’Asie et à l’Afrique. Face à cette obstruction, les États de la région ont dû élaborer des solutions de contournement pour maintenir leurs flux commerciaux.

Ce qu'il faut retenir

  • Le détroit d’Ormuz est bloqué par l’Iran depuis le début du conflit il y a deux mois, selon RFI.
  • Ce passage est essentiel pour les exportations de pétrole et de gaz des pays du Golfe, ainsi que pour les importations de marchandises.
  • Les pays de la région ont mis en place des routes alternatives pour contourner le blocage et assurer la continuité de leurs échanges commerciaux.

Un axe commercial sous tension depuis deux mois

Depuis le déclenchement des hostilités au Moyen-Orient début mars, le détroit d’Ormuz, situé entre l’Iran et Oman, est devenu un point de friction majeur. D’après RFI, Téhéran a restreint le passage des navires, invoquant des raisons de sécurité ou des représailles aux sanctions internationales. Ce détroit, par lequel transite près de 20 % du pétrole mondial et une part significative du gaz naturel liquéfié, est aujourd’hui un goulot d’étranglement pour les économies des monarchies pétrolières du Golfe. L’Arabie saoudite, les Émirats arabes unis, le Qatar et le Koweït, parmi d’autres, voient leurs revenus menacés par cette interruption.

Des routes maritimes détournées vers l’Asie et l’Afrique

Pour pallier cette situation, les pays du Golfe ont activé des itinéraires alternatifs. Selon des sources citées par RFI, les exportations de pétrole saoudien et émirati sont désormais redirigées vers l’océan Indien via la mer d’Arabie, puis vers l’Asie par le cap de Bonne-Espérance ou le détroit de Malacca. Les navires chargés de gaz qatari, quant à eux, empruntent une route plus longue passant par le sud de l’Afrique. Ces détours, bien que plus coûteux en temps et en carburant, permettent de maintenir un minimum d’activité commerciale.

« Le blocage d’Ormuz nous a contraints à repenser nos chaînes logistiques en quelques semaines seulement », a expliqué un responsable du ministère du Commerce d’un pays du Golfe, sous couvert d’anonymat. « Les coûts ont augmenté, mais la priorité reste d’honorer nos contrats », a-t-il précisé.

L’impact sur les prix de l’énergie et les approvisionnements

La perturbation des flux à travers le détroit d’Ormuz a des répercussions bien au-delà des frontières régionales. Les analystes s’attendent à une hausse des prix du pétrole et du gaz, notamment en Europe, qui importe une partie de son gaz naturel liquéfié du Qatar. Selon des données compilées par RFI, les tarifs du baril de Brent ont déjà enregistré une hausse de 8 % depuis le début du conflit. Les pays européens, en pleine transition énergétique, pourraient être particulièrement touchés, alors qu’ils tentent de réduire leur dépendance au gaz russe.

Côté marchandises, les délais de livraison se sont allongés, entraînant des surcoûts logistiques pour les importateurs. Les ports de Dubaï et d’Abu Dhabi, habituellement saturés par le trafic en provenance d’Europe, voient leur activité ralentie. « Les chaînes d’approvisionnement mondiales sont mises à l’épreuve », a souligné un expert en géopolitique énergétique interrogé par RFI.

Et maintenant ?

La situation reste incertaine dans l’immédiat. Tant que le conflit au Moyen-Orient n’est pas résolu, le risque de prolongation du blocage persiste. Les pays du Golfe pourraient accélérer le développement de leurs infrastructures portuaires alternatives, comme le port de Duqm, en Oman, ou renforcer leurs partenariats avec l’Inde et l’Afrique de l’Est pour diversifier leurs débouchés. Une réunion d’urgence de l’Organisation des pays exportateurs de pétrole (OPEP) est prévue le 15 mai 2026 à Vienne pour évaluer l’impact de la crise sur les marchés énergétiques. Reste à voir si des mesures concrètes en sortiront.

Quoi qu’il en soit, cette crise met en lumière la vulnérabilité des routes commerciales maritimes et la nécessité pour les États de sécuriser leurs approvisionnements énergétiques. Pour les pays du Golfe, l’enjeu est double : préserver leurs revenus pétroliers tout en maintenant la confiance des marchés internationaux. Autant dire que les prochaines semaines seront déterminantes.

Téhéran a restreint le passage des navires depuis le début du conflit au Moyen-Orient, invoquant des raisons de sécurité ou des représailles aux sanctions internationales imposées à l’Iran. Cette stratégie s’inscrit dans une logique de pression géopolitique, comme l’a rapporté RFI.