Le secteur aérien européen traverse une crise majeure liée à la flambée des prix du kérosène, conséquence directe de la guerre au Moyen-Orient. Selon Euronews FR, les transporteurs ont déjà annulé plus de **13 000 vols** pour le seul mois de mai, tandis que près de **deux millions de sièges** ont été supprimés des programmes de vol.
Ce qu'il faut retenir
- **13 000 vols annulés** en mai, avec un impact estimé à **deux millions de sièges** supprimés.
- Le nombre total de sièges disponibles en Europe est passé de **132 millions à 130 millions** en deux semaines d’avril.
- Les perturbations toucheront particulièrement le **Royaume-Uni et l’Europe occidentale** cet été.
- La crise est liée à la **fermeture du détroit d’Ormuz**, après les attaques américano-israéliennes sur l’Iran en février 2026.
- Plusieurs compagnies, dont **Lufthansa, British Airways, KLM et Turkish Airlines**, réduisent leurs programmes.
- Au Royaume-Uni, le gouvernement a temporairement assoupli les règles sur les créneaux aéroportuaires pour éviter des pénalités.
Les voyageurs doivent s’attendre à des perturbations persistantes dans les mois à venir. La situation, déjà tendue en mai, pourrait s’aggraver avec l’arrivée de la haute saison estivale. Les compagnies aériennes ajustent leurs stratégies pour limiter l’impact, mais les conséquences pour les passagers restent incertaines.
Un mois de mai déjà très perturbé
Selon les données de la société d’analyse aéronautique **Cirium**, relayées par Euronews FR, les compagnies aériennes européennes ont supprimé **13 000 vols** pour le mois de mai. Cette décision s’accompagne d’une réduction drastique des capacités : près de **deux millions de sièges** ont été retirés des programmes, ramenant le total des places disponibles de **132 millions à 130 millions** en seulement deux semaines d’avril.
Ces chiffres ne reflètent qu’une partie de la crise, puisque les annulations et réductions de vols devraient s’intensifier durant l’été. Les voyageurs sont invités à vérifier régulièrement l’état de leurs réservations, certains vols ayant déjà été reportés ou annulés sans préavis.
Le Royaume-Uni et l’Europe occidentale en première ligne
Les perturbations devraient toucher de manière disproportionnée le **Royaume-Uni** et l’**Europe de l’Ouest**, où la demande est traditionnellement forte en été. Plusieurs grands transporteurs européens ont déjà ajusté leurs programmes, notamment **Lufthansa**, qui a annoncé l’annulation de **20 000 liaisons court-courriers** pour la période estivale. D’autres compagnies comme **British Airways, KLM et Turkish Airlines** figurent également parmi les plus touchées par ces mesures.
Cette situation place les passagers dans une position délicate. Même ceux dont les vols sont maintenus pourraient subir des retards ou des changements d’itinéraire, faute de carburant disponible en quantité suffisante. Les compagnies, contraintes de rationaliser leurs coûts, privilégient désormais les appareils les moins gourmands, au détriment de la fréquence des vols.
La guerre au Moyen-Orient, principal responsable de la crise
La flambée des prix du kérosène est directement liée aux tensions géopolitiques dans la région. Depuis les **attaques américano-israéliennes contre l’Iran en février 2026**, la fermeture du **détroit d’Ormuz** – par lequel transite **20 % du pétrole mondial** – a provoqué une pénurie structurelle de carburant. Résultat : les prix ont plus que doublé, forçant les compagnies aériennes à revoir leurs plans de vol à la baisse.
Face à cette situation, les transporteurs multiplient les ajustements. Certains itinéraires, notamment les moins rentables, ont été purement et simplement supprimés, tandis que d’autres voient leurs tarifs augmenter de manière significative. Les avions plus petits, moins gourmands en carburant, sont désormais privilégiés, même si cela réduit la capacité d’accueil des passagers.
« La situation est critique, car elle touche à la fois l’offre et la demande. Les compagnies n’ont pas d’autre choix que de réduire leurs programmes pour survivre économiquement. »
— Un porte-parole de l’Association internationale du transport aérien (IATA), cité par Euronews FR
Le Royaume-Uni assouplit temporairement ses règles pour limiter les pénalités
Pour éviter d’aggraver la crise, le gouvernement britannique a pris une mesure exceptionnelle. La ministre des Transports, **Heidi Alexander**, a annoncé la suspension temporaire d’une règle imposant aux compagnies aériennes d’utiliser leurs créneaux horaires dans les aéroports britanniques sous peine de les perdre au profit de leurs concurrents. Cette décision permet aux transporteurs comme **British Airways** de réduire leurs vols sans craindre de sanctions.
Cette mesure, bien que temporaire, illustre l’ampleur de la crise. Elle pourrait inspirer d’autres pays européens, confrontés à des difficultés similaires. Cependant, elle ne suffira pas à résoudre le problème de fond : la pénurie de kérosène et ses répercussions sur l’ensemble du secteur.
Cette crise rappelle la vulnérabilité du transport aérien face aux chocs externes. Alors que l’Europe peine à trouver des alternatives au kérosène traditionnel, la question de la transition énergétique dans l’aviation s’impose plus que jamais. Reste à savoir si les acteurs du secteur sauront tirer les leçons de cette situation pour préparer l’avenir.