À dix mois de l’élection présidentielle prévue en 2027, Bruno Retailleau, président des Républicains (LR), tente de capitaliser sur son image de spécialiste des questions régaliennes pour élargir son électorat face à Édouard Philippe et Gabriel Attal. Selon une enquête Odoxa-Backbone pour Le Figaro, le candidat LR séduit particulièrement les Français sur les enjeux de sécurité et d’immigration, mais peine encore à s’imposer sur les questions économiques.
Ce qu'il faut retenir
- Bruno Retailleau est perçu comme le meilleur candidat sur la sécurité (47 %) et l’immigration (46 %), devant Édouard Philippe et Gabriel Attal.
- En revanche, il reste devancé sur la fiscalité (30 % contre 37 % pour Philippe) et le pouvoir d’achat (29 %).
- Chez les sympathisants de droite et du centre, Retailleau obtient 54 % et 53 % des intentions sur les sujets régaliens.
- Le premier grand meeting de sa campagne est prévu ce samedi, alors que la primaire et les alliances restent à clarifier.
Un positionnement clair sur les thèmes régaliens
Bruno Retailleau s’appuie sur son passage au ministère de l’Intérieur pour affirmer sa crédibilité sur les questions de sécurité et d’immigration. Selon l’enquête Odoxa-Backbone pour Le Figaro, il devance largement ses concurrents sur ces deux thèmes : 47 % des Français le jugent le plus compétent en matière de sécurité, contre 27 % pour Édouard Philippe et 19 % pour Gabriel Attal. Côté immigration, le président de LR obtient 46 % de mentions, là où ses deux rivaux ne recueillent respectivement que 23 % des intentions.
Ce positionnement tranché semble porter ses fruits auprès de l’électorat de droite et du centre, où il recueille 54 % des suffrages sur la sécurité et 53 % sur l’immigration. Un socle solide, mais encore insuffisant pour convaincre l’ensemble de l’électorat, notamment sur les questions économiques.
Une économie encore à conquérir
Malgré son ancrage sur les thèmes régaliens, Bruno Retailleau reste en retrait face à ses adversaires sur les enjeux de fiscalité et de pouvoir d’achat. Selon le sondage, 37 % des Français estiment qu’Édouard Philippe est le mieux placé pour gérer la fiscalité, contre 30 % pour Retailleau. Sur le pouvoir d’achat, Gabriel Attal (31 %) et Édouard Philippe (32 %) devancent également le candidat LR, qui plafonne à 29 %.
Cette faiblesse sur les questions économiques s’explique en partie par le profil de Retailleau, plus à l’aise sur les sujets sécuritaires et institutionnels. Pourtant, ces thèmes restent cruciaux dans une campagne présidentielle, surtout face à des adversaires comme Attal, qui a dirigé Matignon, ou Philippe, ancien Premier ministre et maire du Havre.
Un match à trois avec Philippe et Attal
Le sondage Odoxa-Backbone pour Le Figaro confirme que la présidentielle de 2027 s’annonce comme un affrontement à trois entre Bruno Retailleau, Édouard Philippe et Gabriel Attal. Si le candidat LR domine sur les thèmes régaliens, ses deux rivaux conservent une avance sur les questions économiques et sociales, traditionnellement chères à l’électorat de droite et du centre.
Édouard Philippe, figure historique de la droite modérée, mise sur son expérience gouvernementale pour séduire les électeurs. Gabriel Attal, quant à lui, mise sur une image renouvelée et une proximité avec les jeunes générations. Autant dire que la bataille pour l’hégémonie à droite s’annonce serrée, d’autant que les alliances et les primaires pourraient rebattre les cartes d’ici 2027.
Un premier meeting pour lancer la campagne
Bruno Retailleau organise ce samedi son premier grand meeting à Paris, une étape symbolique pour lancer officiellement sa campagne. L’objectif est double : mobiliser la base militante et élargir son audience au-delà des cercles traditionnels de la droite. Cependant, le défi reste de taille : convertir son avantage sur les thèmes régaliens en un avantage électoral plus large, alors que l’économie et le pouvoir d’achat restent des sujets de préoccupation majeurs pour les Français.
Le candidat LR devra également composer avec les dynamiques internes de son parti, où les tensions entre modérés et conservateurs pourraient compliquer sa stratégie. Si Retailleau mise sur une ligne ferme et sécuritaire, certains de ses alliés appellent à plus de modération pour séduire le centre.
Pour l’heure, Bruno Retailleau mise sur ses atouts régaliens pour se différencier. Reste à savoir si cette stratégie suffira à convaincre au-delà de la base traditionnelle de la droite.
Le sondage Odoxa-Backbone pour Le Figaro place Bruno Retailleau en tête sur les questions de sécurité (47 %) et d’immigration (46 %), devant Édouard Philippe et Gabriel Attal. Ces thèmes régaliens constituent son principal atout pour séduire l’électorat.
Bruno Retailleau organise son premier grand meeting ce samedi à Paris, une étape clé pour lancer officiellement sa campagne et mobiliser ses soutiens.