Le maire démocrate de New York, Zohran Mamdani, a annoncé avoir équilibré le budget municipal pour l’exercice 2026, mettant fin à un déficit de 12 milliards de dollars hérité de l’administration précédente. Ce projet, d’un montant total de 125 milliards de dollars, doit désormais être validé par le conseil municipal avant le 30 juin 2026, comme le rapporte BFM Business.
Arrivé au pouvoir en janvier 2026, Zohran Mamdani a salué cette performance sur les réseaux sociaux : « À notre arrivée au pouvoir, nous avons découvert un déficit budgétaire de 12 milliards de dollars. Aujourd’hui, je suis fier d’annoncer que nous l’avons ramené à zéro. » Son projet s’appuie sur des financements externes, une taxe ciblée et des économies structurelles, malgré des mesures jugées impopulaires par certains observateurs.
Ce qu'il faut retenir
- Déficit de 12 milliards de dollars comblé, passant de l’équilibre à un excédent nul pour le budget 2026.
- Projet de budget de 125 milliards de dollars, comparable au budget d’un État européen de taille moyenne.
- Soutien financier de la gouverneure de l’État de New York, Kathy Hochul, à hauteur de 12 milliards de dollars (8 milliards initiaux + 4 milliards supplémentaires).
- Nouvelle taxe sur les résidences secondaires dites « pieds-à-terre », d’une valeur supérieure à 5 millions de dollars, devant rapporter 500 millions de dollars par an.
- Économies de 1 milliard de dollars par an en reportant des versements aux caisses de retraite municipales, sans impacter les pensions actuelles.
- Validation du budget prévue d’ici le 30 juin 2026 par le conseil municipal de New York.
Un budget équilibré grâce à un mélange de recettes et d’économies
Pour parvenir à cet équilibre, Zohran Mamdani a combiné plusieurs leviers. D’abord, un soutien financier massif de la part de la gouverneure de l’État de New York, Kathy Hochul, démocrate modérée. Celle-ci a injecté 12 milliards de dollars : un premier engagement de 8 milliards avait déjà été annoncé, complété par 4 milliards supplémentaires début mai 2026. Ces fonds doivent couvrir une partie des besoins de la ville, tout en évitant des mesures impopulaires à court terme.
Parmi les recettes nouvelles figure une taxe sur les résidences secondaires d’une valeur supérieure à 5 millions de dollars, surnommée « taxe pied-à-terre ». Cette mesure, annoncée par Kathy Hochul, devrait rapporter 500 millions de dollars par an à la municipalité. Elle cible spécifiquement les propriétaires aisés qui possèdent un logement à New York sans y résider en permanence, une pratique courante dans une ville où le marché immobilier est parmi les plus chers au monde.
Des économies contestées sur les retraites municipales
Côté dépenses, le maire a opté pour des économies structurelles, notamment en reportant des versements aux caisses de retraite municipales. Cette mesure, qui doit économiser 1 milliard de dollars par an, consiste à retarder des paiements prévus aux fonds de pension. Selon BFM Business, cette solution ne remettrait pas en cause les pensions actuelles, mais reporterait le problème sur les générations futures. « Ce stratagème de retraite équilibre ce budget sur le dos des futurs New-Yorkais, faisant payer aux résidents du milieu des années 2030 le comblement du déficit budgétaire de l’exercice 2027 », a réagi la Commission du budget des citoyens (CDC), une organisation indépendante de contrôle des finances new-yorkaises.
Cette proposition a suscité des critiques, notamment de la part des syndicats et des associations de retraités. Pour ses défenseurs, elle s’inscrit dans une logique de gestion pragmatique, permettant de dégager des marges de manœuvre pour financer des services publics essentiels. Zohran Mamdani a d’ailleurs défendu cette approche lors de la présentation de son budget : « Nous n’avons pas comblé ce déficit au détriment des travailleurs. Nous l’avons comblé tout en finançant des parcs, des bibliothèques, des rues plus sûres et en réalisant des investissements historiques dans le logement social. »
Une taxe foncière abandonnée face à la pression populaire
Initialement, le maire avait envisagé d’augmenter la taxe foncière municipale pour combler le déficit. Une piste rapidement abandonnée en raison de son impopularité. En effet, près de 30 % des New-Yorkais sont propriétaires de leur logement, et la taxe foncière moyenne s’élève déjà à 6 300 dollars par an. Une telle hausse aurait pesé lourdement sur les ménages de la classe moyenne et ouvrière, déjà fortement taxés dans une ville où le coût de la vie est l’un des plus élevés au monde. « Cette taxe toucherait aussi les New-Yorkais de la classe ouvrière et de la classe moyenne », avait reconnu Zohran Mamdani mi-février 2026, avant d’appeler la gouverneure à soutenir d’autres pistes fiscales.
Face à cette difficulté, Mamdani a privilégié d’autres solutions, comme la taxe sur les résidences secondaires ou les économies sur les retraites, tout en maintenant ses promesses de campagne en faveur des services publics. Le budget présenté reflète ainsi un équilibre précaire entre rigueur budgétaire et engagements sociaux, typique des politiques menées par les mouvements de gauche aux États-Unis ces dernières années.
Les associations de citoyens, comme la CDC, ont d’ores et déjà prévenu qu’elles suivraient de près l’application de ces mesures, en particulier celles qui reportent des engagements financiers sur les générations futures. Quant à la gouverneure Kathy Hochul, son soutien financier pourrait être réévalué en fonction des résultats obtenus d’ici la fin de l’année. Une chose est sûre : ce budget marque un tournant pour New York, ville où les enjeux financiers et sociaux sont indissociables.
L’augmentation de la taxe foncière aurait touché près de 30 % des New-Yorkais propriétaires, déjà fortement taxés (6 300 dollars en moyenne par an). Cette mesure, jugée impopulaire et socialement injuste, a été abandonnée au profit d’autres recettes comme la taxe sur les résidences secondaires ou des économies structurelles, malgré les critiques qu’elles suscitent.
Le conseil municipal de New York doit valider le budget d’ici le 30 juin 2026. Une fois adopté, il entrera en vigueur le 1er juillet 2026. Les associations de citoyens, comme la Commission du budget des citoyens, suivront de près son application, notamment les mesures d’économies sur les retraites.