Les ménages avec au moins trois enfants figurent parmi les principales victimes des arbitrages budgétaires pour 2026. Selon Le Figaro, une étude de l’Institut des politiques publiques (IPP) révèle que ces familles enregistrent les plus fortes baisses de niveau de vie parmi l’ensemble des catégories de foyers. Les économies réalisées sur les allocations familiales et les modifications de leur calcul pèsent particulièrement sur ces ménages, déjà parmi les plus modestes.
Ce qu'il faut retenir
- Les familles avec trois enfants ou plus voient leur niveau de vie baisser en moyenne de 0,4 % pour les couples et de 1,3 % pour les familles monoparentales, selon l’IPP.
- Cette catégorie représente 14 % de la population française, avec une surreprésentation dans les tranches de revenus les plus basses.
- Le gouvernement a repoussé de 14 à 18 ans l’âge à partir duquel les allocations familiales sont majorées, générant une économie de 300 millions d’euros pour les caisses publiques.
- Les personnes seules sans enfants bénéficient, à l’inverse, d’un coup de pouce à la prime d’activité, dont elles représentent 58 % des principaux bénéficiaires.
- Les couples sans enfants ou avec deux enfants subissent de légères pertes, principalement en raison de la hausse de la CSG et de la contribution exceptionnelle sur les hauts revenus (CDHR).
Des allocations familiales moins avantageuses pour les grandes familles
L’IPP souligne que les familles nombreuses, souvent en bas de l’échelle des revenus, sont les plus exposées aux mesures du budget 2026. Leur niveau de vie recule davantage que celui des autres ménages en raison des ajustements sur les allocations familiales. « Les plus touchés sont les ménages avec trois enfants ou plus, qui représentent 14 % de la population et sont davantage représentés en bas de la distribution des revenus », expliquent les auteurs du rapport. Cette catégorie enregistre une baisse moyenne de niveau de vie de 0,4 % pour les couples et de 1,3 % pour les familles monoparentales, principalement en raison de la réduction des allocations.
Le gouvernement justifie ces économies par la nécessité de maîtriser les dépenses publiques. Le report de l’âge de majoration des allocations familiales de 14 à 18 ans – une mesure entrée en vigueur dès 2026 – doit permettre d’économiser 300 millions d’euros pour l’État. Une décision qui, selon les économistes, pénalise directement les foyers les plus modestes, dont les ressources dépendent en grande partie de ces aides.
Les célibataires sans enfants, principaux bénéficiaires des arbitrages budgétaires
À l’opposé, les personnes seules sans enfants tirent leur épingle du jeu grâce au renforcement de la prime d’activité, dont le budget a été revalorisé. Selon l’IPP, 58 % des principaux bénéficiaires de cette hausse sont des célibataires sans enfants, alors qu’ils ne représentent que 20 % de la population totale. « Parmi les principaux bénéficiaires de la hausse de la prime d’activité, les personnes seules sans enfants sont largement surreprésentées », détaillent les économistes de l’institut.
Cette mesure s’inscrit dans une logique de soutien aux travailleurs précaires, souvent confrontés à des revenus instables. La prime d’activité, versée sous conditions de ressources, est en effet accessible aux personnes en emploi ou en recherche active d’emploi, indépendamment de leur situation familiale. Pour les familles nombreuses, en revanche, les aides sociales restent globalement insuffisantes pour compenser les pertes induites par les autres mesures fiscales.
Les couples sans enfants ou avec deux enfants subissent de légères pertes
Les couples sans enfants ou avec deux enfants enregistrent, pour leur part, des pertes moyennes marginales de 0,05 %. Cette baisse s’explique notamment par leur exposition accrue à la hausse de la CSG sur certains revenus du capital et à la contribution différentielle sur les hauts revenus (CDHR). « Les couples, généralement plus aisés que les personnes seules, sont plus concernés par ces hausses d’impôts », précise le rapport de l’IPP.
Ces ménages, bien que moins touchés que les familles nombreuses, voient donc leur pouvoir d’achat légèrement réduit. Cette mesure s’inscrit dans une stratégie globale de redressement des finances publiques, qui repose en partie sur une augmentation des prélèvements sur les revenus du capital et les hauts revenus. Les économistes estiment que ces ajustements fiscaux, combinés à la baisse des allocations familiales, pèsent sur la consommation des ménages, un levier clé de la croissance économique.
Le budget 2026 illustre ainsi les arbitrages complexes entre maîtrise des dépenses publiques et protection des ménages les plus vulnérables. Les prochains mois seront déterminants pour évaluer l’impact réel de ces mesures sur le niveau de vie des Français, notamment des familles les plus exposées.
Le budget 2026 prévoit notamment le report de 14 à 18 ans de l’âge à partir duquel les allocations familiales sont majorées. Cette mesure entraîne une baisse des aides perçues par les familles avec trois enfants ou plus, déjà parmi les plus modestes. Les économies réalisées sur ces allocations doivent permettre de dégager 300 millions d’euros pour l’État.