En France, les cancers du cerveau tuent chaque année près de 4 000 personnes, tandis que 6 000 nouveaux cas sont diagnostiqués. Pourtant, cette pathologie reste largement méconnue du grand public, comme en témoigne le lancement de la deuxième édition de la campagne « Mai en gris », destinée à sensibiliser sur les symptômes et à soutenir la recherche. Cette initiative, portée par Christelle Arrighi et plusieurs associations dont l’ARTC et AmourAmourAmour, s’appuie sur un symbole fort : le port d’un bonnet gris, en opposition à la traditionnelle campagne du ruban rose pour le cancer du sein. Selon Ouest France, l’objectif est clair : briser l’omerta autour d’une maladie souvent foudroyante, notamment chez les moins de 35 ans.
Ce qu'il faut retenir
- En France, 6 000 nouveaux cas de cancers du cerveau sont diagnostiqués chaque année, avec un bilan de 4 000 décès.
- Les tumeurs cérébrales représentent la première cause de mortalité par cancer chez les moins de 35 ans.
- La campagne « Mai en gris », lancée par Christelle Arrighi et des associations, vise à lever des fonds pour la recherche et à sensibiliser sur les symptômes.
- Parmi les symptômes récurrents figurent vertiges, maux de tête, nausées et crises d’épilepsie.
Une maladie aux conséquences dévastatrices, souvent sous-estimées
Les cancers du cerveau se caractérisent par leur progression rapide et leur pronostic souvent sombre. « Cette maladie est foudroyante », confie Christelle Arrighi, qui a perdu son époux, Martin, à l’âge de 41 ans en janvier 2026. Son témoignage illustre l’urgence d’agir : les tumeurs cérébrales, bien que moins médiatisées que d’autres cancers, touchent des milliers de familles chaque année. « On fait comme si ça n’existait pas », déplore-t-elle, soulignant l’absence de visibilité autour de cette pathologie.
Les symptômes, souvent banals en apparence, doivent alerter : des vertiges persistants, des maux de tête intenses ou des crises d’épilepsie inexpliquées peuvent cacher une tumeur cérébrale. Pourtant, leur méconnaissance retarde les diagnostics et aggrave le pronostic. Les données de l’Institut national du cancer confirment cette tendance : les cancers du cerveau sont les plus meurtriers chez les jeunes adultes, un constat qui interpelle les autorités sanitaires.
« Mai en gris » : une campagne symbolique pour lever des fonds et informer
Pour donner une visibilité à cette cause, Christelle Arrighi et plusieurs familles de patients ont lancé, avec le soutien de l’ARTC (Association pour la recherche sur les tumeurs cérébrales) et du collectif AmourAmourAmour, la deuxième édition de « Mai en gris ». L’idée ? Un bonnet gris porté en mai, mois traditionnellement dédié à la lutte contre le cancer du sein, mais aussi une série d’actions sur les réseaux sociaux et dans plusieurs villes de France. « Ça n’a pas de sens d’en porter un en mai, tout comme ça n’a pas de sens tout ce silence derrière les tumeurs cérébrales », explique Christelle Arrighi.
La campagne mise sur deux leviers : la sensibilisation du public aux symptômes et la collecte de fonds pour la recherche. Les associations espèrent ainsi accélérer les découvertes scientifiques, alors que les traitements restent limités face à des tumeurs aussi agressives que le glioblastome, la forme la plus commune et la plus redoutable. « Le plus important, c’est de ne pas regretter », confie une autre participante, dont le mari a succombé à cette maladie. Leur engagement rappelle que derrière les chiffres, il y a des vies brisées et des familles endeuillées.
Un symbole fort : le bonnet gris, en opposition au ruban rose
Le choix du bonnet gris n’est pas anodin. Contrairement au ruban rose, symbole de la lutte contre le cancer du sein, le gris incarne ici l’absence de visibilité et la nécessité de briser l’indifférence. « On porte un bonnet gris en mai parce que personne ne parle des tumeurs cérébrales », précise Christelle Arrighi. Cette couleur, souvent associée à la mélancolie, reflète aussi la gravité de la situation : les cancers du cerveau sont la première cause de mortalité par cancer chez les jeunes, un paradoxe dans une société où la santé des seniors concentre souvent l’attention.
Les associations comptent sur l’effet viral des réseaux sociaux pour diffuser leur message. Des défis en ligne, des témoignages et des lives sont prévus tout au long du mois, avec pour objectif de toucher un large public. « On veut que les gens sachent reconnaître les signes et n’hésitent pas à consulter », insiste une bénévole de l’ARTC. La campagne s’appuie aussi sur des événements locaux, comme des distributions de bonnets dans les rues ou des ateliers d’information dans les hôpitaux.
Des symptômes à ne pas ignorer
Face à une maladie aussi silencieuse que dévastatrice, la prévention et la rapidité du diagnostic sont cruciales. Les experts rappellent que des signes comme des troubles de la mémoire, des difficultés d’élocution ou des changements de comportement doivent alerter. « Plus le diagnostic est précoce, meilleures sont les chances de survie », souligne un neurologue de l’hôpital de la Pitié-Salpêtrière, cité par Ouest France. Pourtant, le délai moyen entre l’apparition des premiers symptômes et la prise en charge reste trop long, souvent de plusieurs mois.
Les associations appellent donc à une meilleure formation des médecins généralistes et des urgentistes, afin qu’ils puissent orienter rapidement les patients vers des spécialistes. « Il faut que les gens sachent que les maux de tête persistants ou les crises d’épilepsie ne sont pas normaux, surtout s’ils s’aggravent », insiste Christelle Arrighi. Son combat, désormais porté par la campagne « Mai en gris », pourrait bien contribuer à sauver des vies en attirant l’attention sur une maladie trop souvent négligée.
Les symptômes les plus fréquents incluent des maux de tête persistants et intenses, des vertiges, des nausées, des crises d’épilepsie inexpliquées, ainsi que des troubles de la mémoire, de la concentration ou du langage. Ces signes doivent inciter à consulter rapidement un médecin.
Plusieurs moyens sont proposés : porter un bonnet gris en mai, partager des messages de sensibilisation sur les réseaux sociaux, participer à des événements locaux ou faire un don aux associations partenaires comme l’ARTC ou AmourAmourAmour. Les détails des actions sont disponibles sur les sites de ces organisations.
Alors que la recherche avance à petits pas, les familles de patients rappellent une évidence : le temps presse. Chaque année, des milliers de vies pourraient être sauvées si la maladie était mieux connue et mieux combattue. La campagne « Mai en gris » en est une illustration – et peut-être le début d’un vrai changement.