Alors que les épisodes de fortes chaleurs se multiplient en France avec l’arrivée de l’été, les risques liés à la déshydratation prennent une dimension particulière pour les personnes souffrant d’hypertension. Le médecin urgentiste et chroniqueur médical Gérald Kierzek met en garde, dans une interview accordée à Top Santé, contre certaines habitudes d’hydratation qui peuvent aggraver les pics de tension artérielle.

Ce qu'il faut retenir

  • Les erreurs d’hydratation en période de canicule peuvent faire monter la tension artérielle chez les hypertendus, selon le Dr Kierzek.
  • Les boissons glacées, riches en sodium ou trop peu abondantes sont pointées du doigt comme particulièrement dangereuses.
  • Le médecin recommande une hydratation régulière et modérée avec de l’eau à température ambiante.
  • Une déshydratation même légère peut suffire à déclencher un malaise ou une aggravation de l’hypertension.

L’hydratation, un enjeu critique pour les hypertendus en été

Avec l’élévation des températures, le corps humain active des mécanismes d’adaptation pour réguler sa température interne. Pour les personnes atteintes d’hypertension, ces processus peuvent cependant devenir problématiques, explique le Dr Gérald Kierzek. « En cas de canicule, la vasodilatation naturelle pour évacuer la chaleur peut entraîner une baisse de la tension artérielle », détaille-t-il. Or, pour compenser, certains hypertendus augmentent leur consommation de boissons ou d’aliments salés, ce qui, paradoxalement, peut faire remonter leur tension de manière brutale.

Selon les données épidémiologiques, les hospitalisations pour complications cardiovasculaires augmentent de 15 à 20 % lors des vagues de chaleur prolongées, précise Top Santé. Les hypertendus, déjà fragilisés, représentent une part importante de ces cas. « On observe souvent des pics hypertensifs dans les 48 heures suivant le début d’un épisode caniculaire », souligne le spécialiste.

Sodas glacés, excès de sodium et manque d’eau : les pièges à éviter

Parmi les erreurs les plus courantes, le Dr Kierzek cite en premier lieu la consommation de sodas glacés. « Boissons gazeuses et très froides provoquent une vasoconstriction immédiate, ce qui peut faire monter la tension », explique-t-il. De même, les boissons riches en sucre ou en sodium, comme certains jus industriels ou eaux aromatisées, aggravent le risque de rétention d’eau et donc de surcharge pondérale, facteur connu d’hypertension.

Autre écueil fréquent : l’hydratation insuffisante. « Beaucoup de gens ne boivent que lorsqu’ils ont soif, alors qu’en cas d’hypertension, la soif est déjà un signe de déshydratation avancée », rappelle le médecin. Il recommande ainsi de boire 1,5 à 2 litres d’eau par jour en période de chaleur, par petites quantités régulières, sans attendre la sensation de soif. Côté alimentation, il conseille de limiter les plats industriels et de privilégier les fruits et légumes riches en eau, comme la pastèque ou le concombre.

Des recommandations adaptées aux profils à risque

Le Dr Kierzek insiste sur l’importance d’adapter ses habitudes en fonction de son état de santé. Pour les personnes sous traitement antihypertenseur, il recommande de consulter son médecin avant l’été afin d’ajuster, si nécessaire, son traitement. « Certains médicaments, comme les diurétiques, augmentent le risque de déshydratation », précise-t-il. Il invite également à surveiller son poids quotidiennement : une prise de poids rapide peut indiquer une rétention d’eau et donc une aggravation de l’hypertension.

Pour les seniors, particulièrement vulnérables aux coups de chaleur, le médecin recommande de boire même sans soif et de rester dans des pièces fraîches pendant les heures les plus chaudes. « Un verre d’eau toutes les heures en journée est une bonne règle », ajoute-t-il. Il rappelle aussi que l’alcool, diurétique et vasodilatateur, doit être consommé avec modération, voire évité en cas de forte chaleur.

Et maintenant ?

Les prévisions saisonnières de Météo-France annoncent un été 2026 marqué par des températures supérieures aux normales de saison, avec un risque accru de canicules précoces. Les autorités sanitaires pourraient renforcer leurs campagnes de prévention auprès des populations à risque, notamment les hypertendus. Une consultation médicale avant l’été reste donc fortement conseillée pour les patients concernés.

Alors que les épisodes de chaleur intense se banalisent, la question de l’adaptation des comportements face à ces nouveaux défis climatiques se pose avec acuité. Comment mieux informer et protéger les populations les plus fragiles ? Les prochains mois pourraient voir émerger de nouvelles recommandations, notamment pour les travailleurs en extérieur ou les personnes isolées.

Le Dr Kierzek recommande de boire 1,5 à 2 litres d’eau par jour à température ambiante, par petites quantités régulières, sans attendre la sensation de soif. Il faut éviter les boissons glacées, gazeuses ou riches en sucre et en sodium.