Le 79e Festival de Cannes, qui se déroule jusqu’au 25 mai 2026, met à l’honneur une œuvre ambitieuse et stylisée avec « Fatherland », le dernier film de Paweł Pawlikowski. Ce long-métrage, présenté en compétition officielle, plonge le spectateur dans le retour en Allemagne de l’écrivain Thomas Mann et de sa fille Erika, incarnée par l’actrice allemande Sandra Hüller, selon Libération.
Ce qu'il faut retenir
- « Fatherland » est le nouveau film de Paweł Pawlikowski, réalisateur oscarisé pour « Ida » (2013) et « Cold War » (2018), présenté en compétition officielle à Cannes 2026.
- Le film retrace le retour de Thomas Mann, figure littéraire majeure, et de sa fille Erika en Allemagne, avec Sandra Hüller dans le rôle d’Erika.
- Le style du réalisateur, qualifié de « néo-académique » par Libération, marque une nouvelle fois son attachement à une esthétique rigoureuse et maîtrisée.
- Le film s’inscrit dans une réflexion plus large sur l’exil, la mémoire et l’identité, thèmes récurrents dans l’œuvre de Pawlikowski.
Un réalisateur au style marqué par l’héritage historique
Paweł Pawlikowski, cinéaste polonais installé en Europe de l’Ouest, est connu pour son approche visuelle exigeante et son attention aux détails historiques. Après des films comme « My Summer of Love » (2004) ou « Ida », qui lui a valu l’Oscar du meilleur film étranger, il confirme avec « Fatherland » son ancrage dans une narration à la fois épurée et symbolique. Selon Libération, cette œuvre s’inscrit dans la continuité de son style « néo-académique », caractérisé par des plans soignés, une lumière travaillée et une mise en scène rigoureuse.
Dans « Fatherland », Pawlikowski explore le retour de Thomas Mann en Allemagne, pays qu’il avait fui en 1933 pour échapper au nazisme. Le film, qui mêle fiction et éléments biographiques, offre une plongée dans les tensions entre mémoire familiale, engagement politique et création artistique. Pour le réalisateur, ce projet représente une occasion de confronter les figures du passé aux enjeux du présent, autant dire que l’œuvre s’annonce comme un dialogue entre les époques.
Sandra Hüller, une interprétation au cœur du récit
Le choix de Sandra Hüller pour incarner Erika Mann, fille de Thomas Mann et figure intellectuelle à part entière, n’est pas anodin. L’actrice allemande, saluée pour ses performances dans des films comme « Toni Erdmann » (2016) ou « Anatomie d’une chute » (2023), apporte une profondeur et une complexité au personnage. Libération souligne que son interprétation donne une dimension humaine et intime à un récit par ailleurs marqué par les grands événements de l’Histoire.
Erika Mann, écrivaine et résistante, incarne une génération de femmes ayant lutté contre l’oppression nazie. Son parcours, souvent éclipsé au profit de celui de son père, trouve ici une place centrale. Le film de Pawlikowski permet ainsi de réhabiliter une figure méconnue, tout en interrogeant le rôle des femmes dans les mouvements de résistance et de reconstruction intellectuelle d’après-guerre.
Une œuvre qui interroge l’Allemagne et ses démons
« Fatherland » ne se contente pas de raconter une histoire familiale : il s’inscrit dans une réflexion plus large sur l’Allemagne du XXe siècle. En ramenant Thomas Mann dans un pays en reconstruction, Pawlikowski pose des questions sur la culpabilité, la rédemption et la transmission. Le film, tourné en partie en Allemagne, offre une plongée dans des lieux chargés d’histoire, entre Berlin, Munich et Zurich, où Mann vécut en exil.
Le titre même du film, « Fatherland », joue sur une double lecture : d’un côté, il évoque la patrie de Thomas Mann, de l’autre, il interroge la notion de « terre des pères », souvent associée à une vision patriarcale et nationaliste. C’est cette ambiguïté que Pawlikowski explore, en opposant la figure d’un père absent, voire autoritaire, à celle d’une fille en quête d’émancipation. Le film, par son approche stylisée, évite les écueils du mélodrame pour offrir une réflexion subtile et nuancée.
Quant à Sandra Hüller, son interprétation d’Erika Mann pourrait lui ouvrir de nouvelles portes, notamment dans des projets exigeants mêlant histoire et fiction. Reste à voir si ce film, avec son style si particulier, saura séduire un public plus large au-delà des festivals et des amateurs de cinéma d’auteur.