D'après Libération, la comédienne espagnole Aina Clotet fait ses débuts derrière la caméra avec « Viva », un premier long-métrage présenté en sélection officielle au Festival de Cannes 2026. Dans cette œuvre à la fois loufoque et grave, une biologiste de 40 ans, interprétée par Clotet elle-même, décide de tout bouleverser après avoir reçu un diagnostic de cancer. Une réflexion sur l’urgence de vivre, entre humour et gravité.

Ce qu'il faut retenir

  • « Viva » est le premier film réalisé par Aina Clotet, connue notamment pour ses rôles au théâtre et au cinéma.
  • Le personnage principal, une biologiste quadragénaire, apprend qu’elle est atteinte d’un cancer et décide de tout remettre en question.
  • Le film alterne entre ton loufoque et gravité, explorant les thèmes de la maladie et des choix de vie.
  • Présenté en sélection officielle à Cannes 2026, il marque les débuts de Clotet derrière la caméra.
  • Le casting inclut des acteurs espagnols confirmés, renforçant l’authenticité du projet.

Un premier film sous le signe de l’audace

Avec « Viva », Aina Clotet signe un film qui tranche par son approche à la fois décalée et profonde. La réalisatrice, jusqu’ici connue pour ses talents d’actrice, notamment dans des pièces de théâtre comme « La casa de Bernarda Alba », s’attaque ici à la réalisation avec une liberté créative notable. « J’ai voulu mêler l’humour et la mélancolie pour parler de l’essentiel sans mièvrerie », a-t-elle expliqué à Libération. Le personnage de la biologiste, confrontée à sa propre mortalité, incarne cette quête de sens qui traverse le récit.

Le film s’inscrit dans une tendance du cinéma contemporain où les récits personnels, parfois intimes, prennent une dimension universelle. Autant dire que Clotet ne se contente pas d’un simple exercice de style : elle signe une œuvre qui interroge, sans jamais tomber dans le pathos. La critique, selon les premiers retours, salue cette originalité, même si certains soulignent une narration parfois inégale.

Un casting espagnol et une production ambitieuse

Autre atout du film : son casting 100 % espagnol, avec des acteurs comme Pablo Derqui et Nathalie Poza qui accompagnent Aina Clotet. Cette cohérence culturelle permet au film de s’ancrer dans un réalisme qui renforce son impact. La production, soutenue par des financements européens, a bénéficié d’un budget permettant des décors variés et des prises de vue soignées. « On a tourné entre Barcelone, Madrid et des paysages ruraux de Castille », précise Clotet. Un choix qui ajoute une dimension visuelle à une histoire déjà riche en émotions.

Le film a été sélectionné dans la catégorie « Un Certain Regard » à Cannes 2026, une reconnaissance qui pourrait ouvrir des portes pour une distribution internationale. Les distributeurs étrangers ont d’ailleurs montré un vif intérêt lors des premiers visionnages.

Entre comédie et drame, une tonalité unique

Ce qui frappe dans « Viva », c’est son équilibre entre légèreté et gravité. Les scènes loufoques, parfois absurdes, côtoient des moments de grande intensité émotionnelle. « Le cancer n’est pas un sujet comique, mais la vie, elle, continue », explique Clotet. Cette dualité est au cœur de la narration, où chaque personnage incarne une réaction différente face à l’adversité. Le spectateur est ainsi tantôt invité à rire, tantôt plongé dans une réflexion sur la mort et la rédemption.

Les critiques présents à Cannes ont souligné cette originalité, certains comparant le film à des œuvres comme « Tout sur ma mère » d’Almodóvar ou « La vie est belle » de Benigni, sans pour autant tomber dans l’imitation. « Viva » se distingue par sa voix propre, portée par la personnalité de Clotet, à la fois actrice et réalisatrice.

Et maintenant ?

Après sa présentation à Cannes, « Viva » devrait entamer une tournée en festivals européens avant une sortie en salles prévue pour l’automne 2026. Les distributeurs internationaux pourraient en faire l’acquisition dès cet été, selon les premiers échanges. Reste à voir si le public français et étranger sera séduit par cette comédie dramatique au ton si particulier. Pour Clotet, cette expérience pourrait marquer le début d’une carrière derrière la caméra, même si elle a déjà confirmé qu’elle continuerait à jouer.

La question de la santé des artistes, évoquée dans le film, résonne d’ailleurs avec l’actualité récente. « Viva » s’inscrit ainsi dans une réflexion plus large sur la fragilité de la vie, un thème qui traverse bien des œuvres contemporaines. Bref, un film qui mérite l’attention, ne serait-ce que pour son audace.