Alors que le prix du supercarburant SP95 a atteint, ce mercredi 20 mai 2026, son niveau le plus élevé depuis le début du conflit au Moyen-Orient, s’élevant à **2,05 euros le litre**, l’économiste Nicolas Bouzou appelle à une gestion anticipée des marges exceptionnelles. Selon BFM Business, cette hausse reflète une tension persistante sur les marchés énergétiques, dans un contexte géopolitique toujours instable. « Les superprofits doivent être mis de côté pour éponger le moment où il y aura des superpertes », a-t-il déclaré, soulignant la nécessité d’un mécanisme de lissage des coûts pour les consommateurs.

Ce qu'il faut retenir

  • Le SP95 culmine à 2,05 €/litre, son plus haut niveau depuis le début du conflit au Moyen-Orient.
  • Nicolas Bouzou, économiste, plaide pour la constitution de réserves en période de superprofits afin de compenser d’éventuelles superpertes futures.
  • La hausse des carburants s’inscrit dans un contexte d’inflation persistante, alimentée par les coûts du transport.
  • Les mécanismes de régulation des marges des distributeurs restent au cœur des débats économiques.

Une facture à la pompe qui s’alourdit

Le prix du SP95 a dépassé la barre symbolique des 2 euros le litre, un seuil rarement franchi depuis les crises pétrolières des années 1970. Cette flambée s’explique par une combinaison de facteurs : tensions géopolitiques au Moyen-Orient, spéculation sur les marchés à terme et coûts logistiques en hausse. « La facture à la pompe reste salée pour les ménages et les professionnels », confirme un porte-parole du secteur, alors que les indices d’inflation en Europe peinent à se stabiliser. Selon BFM Business, cette situation aggrave la pression sur le pouvoir d’achat, dans un contexte où les salaires n’évoluent pas au même rythme que les prix.

L’appel de Nicolas Bouzou pour une gestion proactive des marges

Intervenant sur BFM Business, Nicolas Bouzou a défendu l’idée d’un fonds de solidarité alimenté par les superprofits des distributeurs et raffineurs en période de crise. « Il ne s’agit pas de brider les acteurs économiques, mais de prévoir des mécanismes de redistribution en cas de retournement brutal du marché », a-t-il précisé. L’économiste a rappelé que ces superprofits, souvent ponctuels, pourraient être utilisés pour lisser les prix en cas de superpertes, évitant ainsi des chocs brutaux pour les consommateurs. Cette proposition s’inscrit dans un débat plus large sur la régulation des secteurs stratégiques, comme l’énergie ou l’alimentation.

« Les superprofits doivent être mis de côté pour éponger le moment où il y aura des superpertes. »

Un contexte économique sous tension

Cette hausse des carburants s’ajoute à d’autres indicateurs économiques préoccupants. Selon BFM Business, l’inflation, attisée par le coût du transport, pèse sur la croissance en Europe. Les entreprises du secteur logistique, comme Geodis, subissent de plein fouet les conséquences de la guerre en Iran, qui perturbe les chaînes d’approvisionnement mondiales. Dans ce paysage, les ménages voient leur budget carburant fondre, tandis que les professionnels peinent à absorber la hausse des coûts de production. Les analystes s’interrogent désormais sur la capacité des États à mettre en place des mesures ciblées pour atténuer l’impact de ces hausses.

Et maintenant ?

Les prochaines semaines pourraient être décisives. Une réunion des ministres de l’Énergie de l’Union européenne est prévue mi-juin 2026 pour discuter de mesures coordonnées face à la volatilité des prix. Par ailleurs, les associations de consommateurs appellent à un encadrement plus strict des marges des distributeurs. Reste à voir si ces initiatives parviendront à inverser la tendance avant l’été, période traditionnellement marquée par une hausse de la demande en carburants.

En attendant, les automobilistes et professionnels du transport n’ont d’autre choix que de s’adapter à cette nouvelle donne économique, entre reports de trajets et optimisation des coûts.

La hausse s’explique principalement par les tensions géopolitiques au Moyen-Orient, qui perturbent l’approvisionnement en pétrole, et par la spéculation sur les marchés à terme. Les coûts logistiques et la demande post-crise sanitaire jouent également un rôle.