Alors que le nombre total de visiteurs étrangers au Japon a légèrement reculé en avril 2026, celui des Français a progressé de plus de 10 % sur les quatre premiers mois de l’année. Selon le Figaro, ce contraste s’explique notamment par l’affaiblissement du yen et une meilleure attractivité du pays auprès des touristes européens, malgré les tensions géopolitiques persistantes avec la Chine et le Moyen-Orient.

Ce qu'il faut retenir

  • 59 200 Français ont visité le Japon en avril 2026, soit une hausse de 3,7 % par rapport à avril 2025, et une progression de 10,3 % sur les quatre premiers mois de l’année (150 700 visiteurs).
  • 3,69 millions de visiteurs étrangers ont été enregistrés en avril, en baisse de 5,5 % sur un an, avec un effondrement de 56,8 % des touristes chinois (330 700).
  • Les Sud-Coréens (878 600) et les Taïwanais (643 500) sont les deux nationalités les plus représentées en avril, avec des hausses respectives de 21,7 % et 19,7 %.
  • La Chine a vu son nombre de visiteurs chuter de 55,1 % depuis le début de l’année (1,4 million contre 3,13 millions en 2025), en raison des tensions diplomatiques avec le Japon.
  • Le yen affaibli rend la destination plus abordable pour les voyageurs étrangers, notamment européens et américains.

Un recul global des visiteurs étrangers, mais une exception française

Le Japon a accueilli 3,69 millions de visiteurs étrangers en avril 2026, un chiffre en baisse de 5,5 % par rapport à avril 2025. Selon le Figaro, cette diminution s’inscrit dans un contexte de tensions géopolitiques persistantes, notamment avec la Chine et le Moyen-Orient. Malgré cette tendance générale, les touristes français font figure d’exception, avec une progression notable de leur affluence.

Sur l’ensemble des quatre premiers mois de l’année, le nombre de Français ayant visité l’archipel a augmenté de 10,3 %, atteignant 150 700 visiteurs. Une hausse qui contraste fortement avec le recul enregistré par d’autres nationalités, en particulier les Chinois, dont le nombre de voyageurs a chuté de 55,1 % depuis le début de l’année. En avril seul, 59 200 Français se sont rendus au Japon, soit 3,7 % de plus qu’en avril 2025.

Les Sud-Coréens et Taïwanais en tête des visiteurs, la Chine en net recul

Parmi les nationalités les plus représentées, les Sud-Coréens arrivent en tête avec 878 600 visiteurs en avril, soit une progression de 21,7 % sur un an. Ils sont suivis par les Taïwanais, avec 643 500 arrivées, en hausse de 19,7 %. Ces deux pays bénéficient d’une proximité géographique et culturelle avec le Japon, ainsi que d’une demande touristique dynamique.

À l’inverse, la Chine, qui représentait jusqu’à récemment la principale source de touristes étrangers pour le Japon, voit son nombre de visiteurs s’effondrer. En avril, seuls 330 700 Chinois ont fait le déplacement, un chiffre en baisse de 56,8 % sur un an. Depuis le début de l’année, la chute atteint même 55,1 %, avec seulement 1,4 million de visiteurs contre 3,13 millions en 2025. Cette situation s’explique en grande partie par les tensions diplomatiques entre Pékin et Tokyo, exacerbées par les déclarations de la Première ministre japonaise Sanae Takaichi en novembre 2025.

« La Chine a déconseillé à ses ressortissants de se rendre au Japon en raison de risques importants pour leur sécurité », a rappelé le Figaro. Ces tensions trouvent leur origine dans les propos de Sanae Takaichi, qui avait évoqué la possibilité d’une intervention militaire japonaise en cas d’attaque chinoise contre Taïwan, île dont Pékin revendique la souveraineté.

Le yen affaibli, un atout pour les touristes européens et américains

Au-delà des tensions géopolitiques, l’attractivité du Japon auprès des voyageurs étrangers s’explique aussi par des facteurs économiques. La dépréciation du yen face aux principales devises mondiales rend en effet la destination plus abordable pour les touristes européens et américains. Cette situation profite notamment aux Français, dont le pouvoir d’achat sur place est renforcé par la faiblesse de la monnaie japonaise.

Les paysages emblématiques, la culture et la gastronomie restent par ailleurs des arguments majeurs pour les visiteurs. Le mont Fuji, les temples historiques et les grandes métropoles comme Tokyo ou Kyoto continuent d’attirer une clientèle internationale, malgré les défis logistiques posés par le « surtourisme » dans certaines zones très fréquentées.

Un objectif de 60 millions de visiteurs annuels d’ici 2030, un pari ambitieux

Le gouvernement japonais s’est fixé un objectif ambitieux : atteindre les 60 millions de visiteurs étrangers par an d’ici 2030. Un chiffre qui représenterait une hausse significative par rapport aux 40 millions enregistrés en 2025, année record pour le tourisme nippon. Cependant, cet objectif soulève des questions quant à la gestion des flux touristiques, notamment dans les sites les plus prisés de l’archipel.

Le « surtourisme » pourrait en effet poser des défis en termes d’infrastructures, de préservation du patrimoine et de qualité de vie pour les habitants. Les autorités japonaises devront donc trouver un équilibre entre l’accueil des visiteurs et la protection des sites culturels et naturels, tout en répondant aux attentes d’un marché touristique en constante évolution.

Et maintenant ?

Les prochains mois seront décisifs pour évaluer l’impact des tensions géopolitiques sur le tourisme japonais. Si les relations avec la Chine restent tendues, le Japon pourrait chercher à renforcer ses partenariats avec d’autres pays asiatiques ou européens. Par ailleurs, la stabilisation du yen et la reprise des voyages internationaux pourraient favoriser une reprise du nombre de visiteurs étrangers, à condition que les craintes liées à la sécurité des touristes ne persistent pas.

En attendant, les autorités japonaises devront surveiller de près l’évolution des flux touristiques, tout en mettant en place des mesures pour limiter les effets négatifs du surtourisme. Une chose est sûre : le Japon reste une destination prisée, mais son avenir dépendra en grande partie de sa capacité à concilier attractivité et gestion durable des flux.

La chute des visiteurs chinois s’explique principalement par les tensions diplomatiques entre la Chine et le Japon. En novembre 2025, la Première ministre japonaise Sanae Takaichi avait évoqué la possibilité d’une intervention militaire japonaise en cas d’attaque chinoise contre Taïwan. Pékin a réagi en déconseillant à ses ressortissants de se rendre au Japon, invoquant des « risques importants » pour leur sécurité. Depuis, le nombre de touristes chinois a reculé de 55,1 % sur les quatre premiers mois de 2026.