Alors que la course à la souveraineté numérique s'intensifie, une startup française se distingue par un projet des plus ambitieux : Alatyr, issue de la Banque des Startups du Crédit Lyonnais (LCL), envisage de déployer des data centers en orbite terrestre. Une initiative qui, si elle aboutit, pourrait révolutionner l'industrie du stockage de données. Emeric Lhomme, cofondateur et dirigeant d'Alatyr, en a détaillé les contours ce mercredi 20 mai 2026 lors d'un entretien accordé à BFM Business.
Ce qu'il faut retenir
- Alatyr, startup issue de la Banque des Startups LCL, développe un projet de data centers spatiaux
- L'objectif affiché est un déploiement opérationnel d'ici 2030, selon les déclarations d'Emeric Lhomme
- Cette initiative s'inscrit dans la lignée des efforts pour sécuriser et délocaliser les infrastructures critiques
- Le projet rejoint d'autres initiatives spatiales françaises, comme celle d'Osmos X à Toulouse
Un projet né de la Banque des Startups LCL
Alatyr fait partie des jeunes pousses soutenues par la Banque des Startups du LCL, un dispositif mis en place par l'institution financière pour accompagner les entreprises innovantes dans les secteurs technologiques. Fondée par Emeric Lhomme, l'entreprise se positionne sur un créneau encore émergent : l'hébergement de données en orbite. Selon les informations rapportées par BFM Business, le concept repose sur l'exploitation des propriétés uniques de l'environnement spatial — notamment l'absence de gravité et des températures extrêmes — pour optimiser le refroidissement et la durabilité des serveurs.
Des data centers spatiaux pour répondre à quels enjeux ?
Si le projet peut sembler futuriste, il répond à des défis concrets. D'abord, la sécurisation des données : en plaçant les infrastructures à distance de la Terre, Alatyr entend limiter les risques liés aux cyberattaques, aux catastrophes naturelles ou encore aux conflits géopolitiques. Ensuite, l'efficacité énergétique : les data centers terrestres consomment aujourd'hui près de 1 % de l'électricité mondiale, un chiffre en constante augmentation. En orbite, les conditions permettraient de réduire significativement cette empreinte. Enfin, la latence : pour les applications critiques comme l'intelligence artificielle ou les services financiers, une connexion depuis l'espace pourrait offrir des temps de réponse inégalés.
« Notre ambition est de rendre les data centers plus résilients, plus économes en énergie et plus performants. L'espace représente une opportunité unique pour y parvenir », a déclaré Emeric Lhomme lors de son intervention. « Nous travaillons sur des prototypes et visons un premier démonstrateur d'ici 2028. »
Un écosystème spatial français en plein essor
Le projet d'Alatyr s'inscrit dans un contexte où la France accélère son engagement dans l'espace. Récemment, Osmos X, une autre startup soutenue par des fonds publics, a annoncé son implantation à Toulouse pour y développer un vaisseau orbital à propulsion plasma. Ces initiatives illustrent la volonté française de se positionner comme un acteur majeur de l'économie spatiale, notamment dans les segments de l'innovation technologique et des infrastructures critiques. Pour Alatyr, l'enjeu sera de convaincre les investisseurs et les partenaires industriels de la viabilité économique d'un tel projet.
Dans un secteur technologique en pleine mutation, où l'intelligence artificielle et le cloud computing poussent les limites des infrastructures existantes, l'idée de data centers spatiaux interroge. Si les défis techniques et économiques sont immenses, le pari d'Alatyr pourrait, s'il aboutit, redéfinir les règles de l'hébergement de données à l'échelle mondiale.