« C’est impossible de cacher une image », a affirmé France Télévisions ce lundi 5 mai 2026, au lendemain de la demi-finale de Champions Cup opposant Bordeaux-Bègles à Bath, remportée 38 à 26 par les Girondins. Une déclaration qui intervient après les accusations venues d’Angleterre, reprochant à la chaîne française d’avoir omis de transmettre certaines séquences à l’arbitrage vidéo.
Selon RMC Sport, plusieurs médias, consultants et supporters anglais ont pointé du doigt l’absence d’images concernant trois contacts à la tête sur le troisième ligne de Bath, Alfie Barbeary, lors des 19e, 23e et 42e minutes du match. Des séquences qui, selon eux, auraient pu entraîner des sanctions contre les joueurs bordelais impliqués.
Ce qu'il faut retenir
- La demi-finale de Champions Cup entre Bordeaux-Bègles et Bath, remportée 38-26 par l’UBB, s’est tenue le 3 mai 2026.
- Plusieurs acteurs anglais ont accusé France Télévisions d’avoir caché des images d’impacts à la tête sur Alfie Barbeary.
- La chaîne publique française affirme que l’arbitrage vidéo, et non la réalisation, choisit les angles diffusés.
- L’arbitre géorgien Nika Amashukeli a été salué par le manager de Bath, Johann van Graan, pour son travail.
- France Télévisions a rappelé que l’arbitre vidéo a accès à l’ensemble des caméras et décide seul des images à examiner.
- L’EPCR, organisateur de la compétition, a confirmé que tout incident peut faire l’objet d’une révision formelle.
Un différend né de l’arbitrage vidéo
Le litige porte sur trois séquences où Barbeary a subi des chocs à la tête. Le manager de Bath, Johann van Graan, a déclaré en conférence de presse : « Les arbitres ont fait un travail fantastique, toutefois, il y a eu trois contacts à la tête sur Alfie à la 19e, la 23e et la 42e minute. » Il a ajouté : « Nika (Amashukeli) a fait de son mieux avec les angles à sa disposition, mais dans une compétition aussi formidable, on doit s’assurer que les arbitres aient toutes les images nécessaires. Je n’ai pas vu ces incidents apparaître. »
De son côté, Cédric Beaudou, rédacteur en chef rugby de France Télévisions, a précisé à l’AFP : « Les arbitres du match ont fait un travail fantastique. » Il a ensuite expliqué le fonctionnement du système : « L’arbitre vidéo est maître de ce qu’il veut voir. Il a accès à toutes les caméras, tous les angles. Tant qu’il n’a pas pris sa décision, on le laisse visionner ce qu’il souhaite. »
L’EPCR confirme la procédure d’examen
L’instance organisatrice de la Champions Cup, l’EPCR, a confirmé dans un communiqué transmis à l’AFP que « tout incident que le TMO souhaite examiner peut faire l’objet d’une révision formelle ». Cette précision vise à rappeler que la décision finale appartient à l’arbitrage vidéo, et non à la chaîne de télévision.
Sur les réseaux sociaux, des captures d’écran montrant Maxime Lucu, capitaine de l’UBB, percuter la tête de Barbeary, ont circulé. Le troisième ligne anglais a partagé l’image avec la mention « French kissing », illustration de l’ironie face à cette polémique.
Un système technique souvent méconnu
France Télévisions a tenu à clarifier le processus technique : « Les gens, par manque de pédagogie, parce qu’ils ne comprennent pas forcément comment fonctionne le système, ont l’impression que le réalisateur impose des images à l’arbitre vidéo. En fait, pas du tout », a expliqué Cédric Beaudou. Il a rappelé que l’arbitre vidéo peut consulter l’intégralité des angles disponibles avant de rendre sa décision.
Cette affaire relance le débat sur la transparence de l’arbitrage vidéo dans le rugby, un sujet récurrent depuis plusieurs saisons. Les critiques anglaises s’ajoutent à celles déjà formulées par certains médias et consultants, pointant des disparités dans l’examen des incidents.
Les réactions des acteurs du rugby
Outre les déclarations de van Graan, d’autres voix se sont élevées pour soutenir la position de France Télévisions. Le système, bien que critiqué, reste encadré par les règles de l’EPCR, qui garantissent une procédure standardisée pour l’examen des images.
Les supporters de Bath, eux, ont largement relayé les captures d’écran incriminant Lucu, tandis que Barbeary a choisi l’autodérision face à cette polémique. Ces réactions illustrent l’émotion suscitée par un match dont l’enjeu était une place en finale de la compétition.
Cette affaire rappelle aussi les défis techniques et humains liés à l’arbitrage vidéo, un outil désormais indispensable dans les compétitions majeures. Entre exigence de justice sportive et complexité des systèmes, le rugby continue d’ajuster ses pratiques pour concilier rigueur et équité.
En Champions Cup, l’arbitrage vidéo (TMO) a accès à l’ensemble des caméras du match. Il peut consulter tous les angles disponibles avant de prendre une décision. France Télévisions, ou toute autre chaîne, ne peut pas imposer ou masquer des images : c’est l’arbitre vidéo qui choisit les séquences à examiner, selon les règles de l’EPCR.
Les sanctions pour un coup à la tête dépendent de la gravité de l’incident, selon le règlement World Rugby. Elles peuvent aller d’un carton jaune (10 minutes de suspension) à un carton rouge (exclusion définitive), assorties d’une suspension supplémentaire en cas de faute grave. L’arbitrage vidéo joue un rôle clé dans l’identification de ces incidents.