Le ministre de l’Économie, Roland Lescure, a précisé que le déploiement de la solution de l’entreprise française ChapsVision pour remplacer Palantir à la DGSI prendra « plusieurs mois », voire « un certain temps ». Selon Le Figaro, cette transition devrait s’étaler sur l’année 2027, bien que de nombreuses « technicalités » restent encore à examiner avant que le basculement ne soit effectif.

Interrogé lors du salon VivaTech, Roland Lescure a indiqué que le calendrier n’était pas encore gravé dans le marbre, soulignant que « ce sera probablement dans le courant de l’année 2027, mais on va voir ». Le ministre n’a pas précisé à quelle date exacte la solution de Palantir, utilisée par la DGSI depuis près d’une décennie, serait définitivement débranchée. La veille de ces déclarations, le Premier ministre Sébastien Lecornu avait officiellement annoncé le choix de ChapsVision pour remplacer l’américain Palantir.

Ce qu’il faut retenir

  • ChapsVision a été sélectionné pour remplacer Palantir à la DGSI, comme l’a annoncé le Premier ministre Sébastien Lecornu la veille des déclarations de Roland Lescure.
  • Le déploiement prendra « plusieurs mois », voire un « certain temps », selon le ministre de l’Économie, Roland Lescure.
  • Le basculement est prévu « probablement dans le courant de l’année 2027 », mais des « technicalités » restent à régler.
  • Palantir est utilisé par la DGSI depuis près de dix ans.

Un contrat historique à remplacer

Depuis une dizaine d’années, la Direction générale de la sécurité intérieure (DGSI) s’appuyait sur les outils de Palantir, une entreprise américaine spécialisée dans l’analyse de données. Ce partenariat, devenu un symbole des liens technologiques entre la France et les États-Unis, touche à sa fin avec le choix porté sur ChapsVision, une start-up française. Selon Le Figaro, cette décision s’inscrit dans une volonté plus large de renforcer l’autonomie stratégique de la France en matière de cybersécurité et de traitement des données sensibles.

Le choix de ChapsVision n’a pas été détaillé publiquement, mais il intervient dans un contexte où les autorités françaises cherchent à réduire leur dépendance vis-à-vis des technologies étrangères, notamment américaines, dans des secteurs considérés comme stratégiques. La DGSI, en tant qu’agence de renseignement intérieure, est particulièrement sensible à cette question.

Un calendrier encore flou

Roland Lescure a pris soin de souligner que le calendrier reste « flexible ». Bien que l’horizon 2027 soit évoqué, le ministre a laissé entendre que des ajustements pourraient être nécessaires en fonction des « technicalités » rencontrées. Ces dernières pourraient inclure des phases de tests, des audits de sécurité ou des adaptations techniques pour garantir une transition fluide entre les deux systèmes.

Cette prudence s’explique aussi par la criticité du rôle joué par les outils de Palantir au sein de la DGSI. Ces logiciels permettent notamment d’analyser des volumes massifs de données pour détecter des menaces terroristes ou des risques d’ingérence étrangère. Leur remplacement doit donc être mené avec une extrême rigueur pour éviter toute faille dans la chaîne de renseignement.

« Ce sera probablement dans le courant de l’année 2027, mais on va voir. Il y a quand même un certain nombre de technicalités à regarder. »
— Roland Lescure, ministre de l’Économie, selon Le Figaro

Et maintenant ?

Si le calendrier 2027 est confirmé, les prochaines étapes consisteront à finaliser le contrat entre la DGSI et ChapsVision, puis à lancer les phases de test et d’intégration progressive. Un calendrier précis devrait être rendu public d’ici la fin de l’année 2026, une fois les derniers arbitrages techniques et budgétaires validés. En attendant, la DGSI continuera d’utiliser les outils de Palantir, sans que la date exacte de leur débranchement n’ait été communiquée.

Cette transition illustre également une tendance plus large en Europe, où plusieurs pays cherchent à diversifier leurs fournisseurs technologiques pour limiter leur exposition aux législations étrangères, comme le Cloud Act américain. Pour ChapsVision, ce contrat représente une opportunité majeure de s’imposer comme un acteur incontournable du secteur de l’intelligence artificielle et de la cybersécurité en France et en Europe.

ChapsVision est une start-up française spécialisée dans l’intelligence artificielle et l’analyse de données. Elle a été sélectionnée pour remplacer Palantir à la DGSI grâce à ses solutions technologiques, bien que les détails de son offre n’aient pas été rendus publics. Selon Le Figaro, son choix s’inscrit dans une stratégie plus large de souveraineté numérique.

La volonté de remplacer Palantir s’inscrit dans une démarche de réduction de la dépendance technologique vis-à-vis des États-Unis. Plusieurs responsables politiques français y voient un risque stratégique, notamment en raison des législations comme le Cloud Act, qui permettent aux autorités américaines d’accéder à des données stockées par des entreprises nationales, même à l’étranger.