Charlie Dalin, figure majeure de la voile française et vainqueur du Vendée Globe 2024-2025, est décédé jeudi 11 juin 2026 des suites d’un cancer gastro-intestinal (GIST), à l’âge de 42 ans, selon Franceinfo - Santé. Son décès a suscité de nombreux hommages, saluant son courage et son palmarès exceptionnel. « Un grand homme », « un marin exceptionnel », « un courage rare » : les réactions ont afflué après l’annonce de sa disparition, soulignant l’impact qu’il avait eu bien au-delà du milieu sportif.

Ce qu'il faut retenir

  • Charlie Dalin a remporté le Vendée Globe 2024-2025 en 64 jours, 19 heures, 22 minutes et 49 secondes, battant l’ancien record de plus de 9 jours et 22 heures.
  • Il a révélé après sa victoire avoir mené cette course en étant atteint d’un cancer gastro-intestinal (GIST) de 15 cm, diagnostiqué en octobre 2023.
  • Il a subi une immunothérapie avant de terminer la course, puis une opération en février 2025, quelques semaines après son retour.
  • Son livre La force du destin, publié en octobre 2025, retrace son combat contre la maladie et son parcours sportif.
  • Il a été élu « marin de l’année 2025 » à l’unanimité par la Fédération française de voile.

Un parcours sportif marqué par la résilience

Né à Harfleur, Charlie Dalin s’est imposé comme l’un des plus grands skippers de sa génération. En janvier 2025, il bouclait le Vendée Globe en un temps record, pulvérisant le précédent record de 74 jours, 3 heures, 35 minutes et 46 secondes établi par Armel Le Cléac’h en 2017. Son temps de 64 jours, 19 heures, 22 minutes et 49 secondes reste à ce jour le plus rapide de l’histoire de l’épreuve. « Quand je gagne, c’est une double victoire, a-t-il expliqué. C’est celle de cette course légendaire, qui est un peu la course ultime quand on navigue au large, en solitaire, et qui me fait rêver depuis que je suis petit. Et c’est aussi une victoire contre la maladie qui s’est déclarée presque un an pile avant le départ. »

Son exploit n’était pas seulement sportif. Diagnostiqué d’une tumeur de 15 centimètres dans les intestins en octobre 2023, il avait dû adapter son parcours pour concilier préparation physique et traitement médical. Les antidouleurs étaient devenus son quotidien, et il avait dû abandonner la Transat Jacques-Vabre 2023 en raison de « problèmes médicaux », comme l’avait indiqué un communiqué à l’époque. « Je ne savais pas s’il existait un traitement, mais j’avais mal jour et nuit, a-t-il confié deux ans plus tard. Il fallait absolument que je trouve une solution pour être éligible au Vendée Globe. »

Un combat médical discret mais déterminé

Quelques semaines après le diagnostic, Charlie Dalin apprend qu’une immunothérapie pourrait réduire sa tumeur avant une opération moins invasive. En janvier 2024, son cancérologue lui confirme que des sportifs de haut niveau suivent le même traitement, lui redonnant espoir. « Mon cancérologue m’a dit que c’était envisageable, a-t-il raconté à France Inter. Si les médecins m’avaient dit que c’était trop risqué, je n’aurais pas pris le départ. » Il prend alors un cachet quotidien et évite certains aliments, mais supporte globalement bien les effets secondaires, limités à une certaine fatigue. « C’est tout, résume-t-il. J’ai eu de la chance de bien réagir au traitement. »

Après sa victoire au Vendée Globe, il subit une opération en février 2025. « Je passe de l’apogée de ma carrière à un moment très difficile sur le plan de la santé, admet-il. C’est une chute vertigineuse. Je n’ai même pas pu assister à la remise des prix. » Pourtant, il garde le silence sur sa maladie, refusant d’en parler publiquement avant d’être guéri. Ce n’est qu’à la demande de son médecin, Laure Jacolot, qu’il accepte finalement de lever le voile. « Elle m’a dit que mon témoignage aiderait les gens à bouger et à faire du sport », précise-t-il dans son livre.

Un héritage sportif et humain

Le 15 décembre 2025, Charlie Dalin est élu « marin de l’année » par la Fédération française de voile, une première dans l’histoire de la distinction créée en 2001. Pour la première fois, le jury, composé de représentants d’institutions, de sportifs et de médias, le désigne à l’unanimité. « C’est quelque chose dont je rêvais depuis des années, c’est une belle émotion, a-t-il réagi. Loin de moi l’envie de jouer les héros, mais il faut toujours croire en ses rêves et ne laisser personne nous dire que c’est impossible. La preuve. »

Dans son ouvrage La force du destin, publié aux éditions Gallimard, il revient sur son parcours et son combat contre la maladie. « Laure Jacolot m’a dit : « C’est super que tu sortes ce livre, parce que ça va vraiment m’aider tous les jours dans mon métier à encourager les gens à bouger, à faire du sport », a-t-il expliqué à franceinfo. Son témoignage a marqué les esprits, montrant qu’une maladie grave ne pouvait arrêter une volonté d’acier.

Et maintenant ?

La disparition de Charlie Dalin laisse un vide dans le monde de la voile, où il incarnait l’excellence et la détermination. Les prochaines éditions du Vendée Globe et des grandes courses océaniques pourraient voir émerger de nouveaux talents, mais peu de profils semblent aussi charismatiques et résilients que le sien. Son livre, devenu un témoignage de référence, pourrait continuer à inspirer des malades et des sportifs confrontés à des défis similaires. La question reste entière sur l’avenir des projets qu’il portait, notamment dans le domaine de l’architecture navale, où il s’était également illustré. Une cérémonie en son honneur est attendue dans les prochaines semaines.

Charlie Dalin laisse derrière lui une femme, deux enfants, et une communauté de fans et de pairs unis par le respect et l’admiration. Son histoire rappelle que le sport de haut niveau peut aussi être une école de vie, où la force mentale compte autant que la condition physique.

Il s’agissait d’un cancer gastro-intestinal (GIST), diagnostiqué en octobre 2023. Ce type de tumeur, rare et souvent de grande taille, se développe dans le système digestif.

Charlie Dalin a bénéficié d’une immunothérapie pour réduire sa tumeur avant de subir une opération en février 2025. Il prenait quotidiennement un cachet et suivait un régime alimentaire adapté pour limiter les effets secondaires.